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General News of Friday, 30 October 2020

Source: datacameroon.com

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Au Cameroun la vaccination des enfants n’est pas obligatoire. Si oui, seulement dans des cas de circonstances graves, ce qui n’est cependant pas le cas du Programme élargi de vaccination.

« J’ai dit que les enfants qui seront dans cette école seront vaccinés. Si votre enfant reste en classe, il sera vacciné. Si tu ne veux pas qu’on vaccine ton enfant, qu’il rentre à la maison », écoute-t-on dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux depuis le début du mois d’octobre 2020. Dans cette vidéo, un médecin en campagne de vaccination dans une école publique à Douala, contraint une maman à laisser son fils prendre le vaccin contre la poliomyélite. La discussion est plutôt bruyante entre les deux parties. Et la maman est sommée de quitter l’établissement avec son enfant.

Pourtant, explique l’avocat Théophile Hiom II, la loi n°96/03 du 4 janvier 1996 portant sur la loi cadre dans le domaine de la santé, ou encore la décision N°0333/MSP/CAB du 29 juillet 2002 portant réorganisation du programme élargi de vaccination (PEV) au Cameroun, ne mentionne nulle part que l’administration des vaccins est une obligation au Cameroun. Mais, le médecin en question, soutient le contraire. « Mais est ce que la vaccination est obligatoire ? À l’école, oui », ressort-il de l’échange entre le parent et le médecin.

A en croire Théophile Hiom II, la vaccination n’est obligatoire que dans le cas de circonstances graves. « L’Etat peut prendre des mesures exceptionnelles, comme la vaccination obligatoire d’une certaine couche de la population, ce qui n’est pas le cas du PEV », souligne-t-il. La vaccination n’étant pas obligatoire, les enfants ne peuvent, relève l’avocat, être obligatoirement vaccinés, surtout sans le consentement de ceux qui répondent d’eux, notamment les parents. « L’article 372 du code civil applicable au Cameroun dispose que l’enfant demeure sous l’autorité de ses parents jusqu’à sa majorité. Autrement dit, pour tout ce qui concerne la vie d’un enfant mineur au sens de l’article 388 du même code, le consentement des parents est obligatoire », déclare l’avocat. Outre cette disposition, l’article 20 de la charte africaine des droits de l’enfant précise à son tour que les parents sont responsables au premier chef de l’éducation et de l’épanouissement de l’enfant. « Les parents sont donc incontournables dans le processus de vaccination », explique Théophile Hiom II.

Selon Dr Lydia Djia, pédiatre, la vidéo controversée et la rumeur sur le vaccin contre la Covid-19 au Cameroun ont été la principale raison de la désinvolture des parents lors de la deuxième phase de vaccination des enfants de 0 à 5 ans. Cette étape s’est tenue du 09 au 11 octobre 2020 dans le Littoral et dans 5 autres régions du pays, malgré les difficultés rencontrées dans les ménages et les écoles.

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Pour l’avocat, le lieu principal de vaccination est la formation sanitaire, précisément des structures sanitaires décentralisées. Cependant, souligne-t-il, pour des raisons d’efficacité et éventuellement de proximité, « la vaccination peut se faire dans tous les espaces publics et accessibles au public, et même dans des domaines privés, sous réserve du consentement des propriétaires dans cette dernière hypothèse. » Au-delà du lieu de vaccination, Théophile Hiom II indique qu’il faut au préalable, recueillir le consentement des parents avant l’administration du vaccin.

Comme le rappelle Dr. Lydia Djia, les personnes chargées de faire la porte à porte passe par une formation avant les descentes sur le terrain. « On leur explique comment se comporter, comment parler aux parents. Ils doivent être ouverts aux questions », explique la pédiatre. Ces agents doivent en outre, ajoute-t-elle, présenter l’ordre de mission aux parents qui peuvent le lire ou le photocopier, afin d’être fixé sur qui contacter en cas de problèmes. « N’oublions pas que lorsqu’on vaccine un enfant, il y a des questions préalables qu’il faut poser : Est-ce que l’enfant va bien ? Est ce qu’il a un problème de santé ? Parce que quel que soit le cas, beaucoup de vaccins sont activités ou inactivés, donc il faudra qu’on sache si l’enfant est d’abord bien portant ou pas », conseille Dr. Lydia Djia.

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