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Actualités of Monday, 30 August 2021

Source: LA NOUVELLE

Duel à mort entre Esso et Ngoh Ngoh: Eyebe Ayissi, l’arbitre fatal de Paul Biya ?

Ferdinand Ngoh Ngoh instruit Eyebe Ayissi  de récupérer tout le patrimoine foncier de l’ex-Regifer Ferdinand Ngoh Ngoh instruit Eyebe Ayissi de récupérer tout le patrimoine foncier de l’ex-Regifer

La question mérite d être posée au moment où s est ouvert jeudi dernier à Yaoundé, une session du comité de suivi des travaux de reconstitution des limites des domaines publics portuaire du Cameroun.

“Duel à mort entre Esso et Ngoh Ngoh“. C’est le titre qui barre la Une de l’édition N°605 de votre journal paru la semaine dernière. Le journal La Nouvelle aura certainement vu juste. Car, pour de nombreux observateurs, une chose est désormais claire aujourd’hui : derrière l’affaire Cyrus Ngo’o, se cache en réalité une bataille au sommet entre le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh et le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux, Laurent Esso. Pour être plus précis, ces mêmes observateurs estiment que Laurent Esso instrumentaliserait profusément son protégé Lazare Atou, pour abattre Ferdinand Ngoh Ngoh.

Tandis qu’au même moment, le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, mentor supposé ou réel de Cyrus Ngo’o, voudrait mettre à mal Lazare Atou. On le découvre aisément dans de nombreuses correspondances où Ferdinand Ngoh Ngoh demande au ministre des Finances d’annuler sans autre forme de procès, le mandat qui confère le droit à- Lazare Atou de liquider l’ex-Oncp, l’ex-Re-gifercam et l’ex-Oncpb.

Par ailleurs, comme nous le révélions dans notre dernière édition, le même jour, Ferdinand Ngoh Ngoh instruit le ministre du Domaine, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, de récupérer sans commune mesure tout le patrimoine foncier de l’ex-Regifer-cam, de l’ex-Oncpb et de l’ex-Onpc.

Seulement pour certains observateurs moins discrets, c’est depuis plus d’un mois que le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières est saisi par le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République.

Mais curieusement-l’homme fort de la Lékié n’aura pas bougé d’un pouce. Et pourquoi donc ? Difficile à dire. Mais très récemment, il n’a pas échappé à nos observateurs cette scène inhabituelle où Henri Eyebe Ayissi, très enthousiaste, s’est retrouvé à la tête des militants de la Lékié venus accueillir le couple présidentiel de retour de Genève.

Pas de hasard par rapport à cette sortie remarquable et remarquée du Mindcaf ? La réponse se trouve dans la question. Passons. Toujours est-il que jeudi 26 août dernier, devait s’ouvrir à Yaoundé une session inédite du Comité de suivi des travaux de reconstitution des limites des domaines publics portuaire du Cameroun.

Selon nos sources il était question pour les membres de ce comité d’examiner les modalités de poursuite de recensement des actifs résiduels de l’ancienne Office national des ports du Cameroun (Onpc) afin de les restituer au Pad. Dans la foulée’, le comité présidé par le ministre des Domaines également devait identifier les différents modes de transfert, afin de rétablir l’Etat dans ses droits.

L’occasion faisant le larron, nos observateurs estiment que le Comité de suivi des travaux de reconstitution des limites des domaines publics portuaire du Cameroun aura là une occasion idoine pour débusquer tous ceux qui ont frauduleusement acquis les biens publics dans la liquidation de l’ex-Onpc, de l’ex-Regifercam et de l’ex-Oncpb.

L’arreté N°1008du Mindcaf du 20 août 2021 donne déjà le ton. Il surseoir à «…toute tentative d’aliénation du site de la direction générale d de la société Ail Luxury Suites S.A.) de l’ex-Regifercam à Douala -Bonanjo, objet des titres fociers suscités

(N°35885/W et 35886/W), dans l’attente de la décision finale que le président de la République voudra bien prendre sur ce dossier.» Pour«les experts, les actes de gestion du domaine privé dé l’État se font en la forme administrative sous peine de nullité d’ordre public. ‘ L’aliénation du domaine public de l’État se fait pat voie d’adjudication, par acte administratif signé du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières et sous réserve de l’autorisation expresse du président de la République. Voilà ce que prévoient les textes en matière domaniale au Cameroun. Le Cabinet Lazare Atou ou Lazare Atou sont-ils devenus ministre des Domaines du Cadastre et des Affaires foncières pour prétendre gérer ou aliéner les biens relevant du domaine privé du l’État ?

Sont-ils devenus des démembrements fonctionnels de l’Etat ? Lazare Atou dispose- t-il d’un acte du chef de l’Etat ayant autorisé les diverses ventes des biens immobiliers relevant du domaine privé de l’État ? La vente des biens immobiliers de l’ex-Regifer-cam et de l’ex- Onpc ayant été faite par acte notarié, et non en la forme administrative, par une personne autre que le ministre des Domaines du Cadastre et des Affaires foncières, en l’absence d’une autorisation expresse du chef de l’Etat est-elle valable.

L’administration des Domaines du Cadastre et des Affaires foncières n’a-t-elle pas fait faute en procédant à la mutation des titres fonciers au non des acquéreurs par suite d’une procédure arbitraire, et tout au moins non prévue par la loi ? La sanction d’une telle faute n’est-elle pas le retrait du titre foncier par suite de la reconnaissance de cette faute par l’administration des Domaines du Cadastre et des Affaires foncières ?

Telles sont les préoccupations juridiques qu’il faut explorer profondément dans cette affaire. Du coup, certaines langues se délient et pressentent la fin de course pour le Cabinet Atou. Ainsi que ses clients hauts placés dans les arcanes du pouvoir qui devraient restituer à l’Etat son patrimoine acquis auprès du liquidateur.

Pour la petite histoire, c’est depuis 2014 que le président Paul Biya a ouvert une information sur le déroulement de la liquidation des sociétés publiques Rncf, Onpc et Oncpb. Selon certaines indiscrétions, il n’aurait pas alors manqué de demander au gouvernement de lui apporter toute la lumière sur la situation des patrimoines de ces sociétés.

Et ce, à la suite de lourds soupçons de spoliation, facilitée par des caciques du pouvoir parmi lesquels des membres du gouvernement, des magistrats et certains hauts fonctionnaires de la police. Dans cette scabreuse affaire, les actifs résiduels sont estimés à plus de 100 milliards de Fcfa.

Pour l’ex-Oncpb, il s’agit de multiples magasins, terrains, et immeubles non bâtis dans les régions du Littoral, Centre, Sud, Est, Ouest et Sud-Ouest, et d’autres immeubles comme la tour qui abritait le siège social à Bonanjo, Douala.

Pour ce qui est de la Regifercam (devenue Camrail), indiquent nos sources, ils sont constitués des immeubles non récupérés par Camraii dans les gares de l’ancien tracé du chemin de fer Nkong-samba-Douala-Yaoundé-Ngaoundéré. Soit une centaine d’immeubles bâtis et non bâtis, dont celui de l’ancienne direction générale à Douala.

Dans le cas de l’Onpc devenu Port autonome de Douala, l’on compte des immeubles, plusieurs dizaines d’appartements, des hectares de terrains, et d’autres actifs à Douala, Yaoundé, Garoua etTiko. Réputé pour sa loyauté vis-à-vis du chef de l’Etat, certains analystes pointilleux estiment que le comité d’Henri Eyebe Ayissi va certainement lever de gros lièvres dodus.

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