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General News of Thursday, 25 February 2021

Source: camer

Drame: retour sur les barbaries des policiers le 25 février 2008 à Douala

Junior Mbeng était l'aîné de sa famille. Il vivait à Douala avec son papa et ses deux petis frères. Il avait 19 ans quand il avait été fusillé à Douala. C'était peu avant 7 heures du matin, le 25 février 2008.

Elève au collège De la Salle, à Douala, Junior Mbeng, était visiblement tout sauf un brigand. Selon Jacky Essomé sa génitrice, son fils était adorable, très apprécié au collège, dans le quartier et par la famille. Il était respectueux, avait de bonnes fréquentations.



Ce 25 février, Junior Mbeng était en train d'enlever les mauvaises herbes sur les alentours de leur concession familiale quand il entendit un coup de feu à quelques 100 mètres de lui. Comme tout enfant curieux, il a abandonné, machette, balai pour aller s'informer de ce qui venait de se passer. A peine arrivé sur le lieu, un petit carrefour de Bonaberi, il a reçu plusieurs balles au niveau de sa tempe.

Gisant dans le sang, il restera pendant plus de deux heures couché à même le sol, tordant de douleur. Les forces de l'ordre dégainaient sur tout ce qui bougeait.



"On m’a dit que le corps de mon fils est abandonné au soleil, qu’il bouge encore, mais que les forces de l’ordre refusent qu’on le transporte à l’hôpital" nous avait confié sa génitrice le 25 février 2008.

Quand les forces de l'ordre demandent à ce que sa famille l'évacue vers un hôpital non loin du lieu du drame, Junior Mbeng ne respire plus. Il a déjà rendu l'âme.



Quelques semaines après le drame, le papa de Junior perd son travail. Il tombera par la suite malade, puis, va lui aussi rendre l'âme quelques mois plustard.

Emeutes de février 2008: Junior Mbeng victime de la barbarie humaine et de la violence gratuite - Bienvenue sur le blog du Mouvement de Février 2008 au Cameroun (canalblog.com)

AUTRE CAS

Nouka Jean Paulin décède à l'âge de 25 ans le dimanche 15 Juin 2008 des suites de ses blessures, à l'hôpital Laquintinie de Douala où il était hospitalisé depuis les émeutes de la fin février au Cameroun.

Nouka Jean Paulin était un jeune piroguier camerounais de 25 ans qui résidait avec sa mère et sa petite sœur, au quartier Ndog-Passi III, un bidonville de Douala. Dans la matinée Le 27 février 2008, après une partie de pêche, le jeune Nouka, range sa pirogue et décide de prendre son bain au bord du fleuve Dibamba, avant d' aller se reposer à la maison. Soudain, Nouka entend des coups de feu nourris. Il n'a pas le temps de comprendre ce qui se passe qu'il est mitraillé de balles qui transpercent sa cavité abdominale de gauche à droite: les intestins de Nouka Paulin s'épanchent à l'extérieur et l'infortuné perd abondamment du sang !





Nouka Paulin est secouru par des volontaires qui, sur des embarcations de fortune, le transportent dans plusieurs centres de santé qui refusent de l'admettre, au vu de l'extrême gravité de son état. Nouka est conduit à l'hôpital Laquintinie, où il est admis aux soins intensifs. Signalons que ce 27 février, jour de la fusillade, Douala est une ville morte, dans laquelle rien ne circule. Les secouristes parcourent donc avec Nouka, plus de 10 km à pied avant de rallier l'hôpital Laquintinie où il est très rapidement admis au bloc opératoire pour une intervention chirurgicale d'urgence, grâce à la modeste somme d'argent dont sa famille était en possession.

Totalement démuni, abandonné à lui-même et sans aucune couverture maladie, L'ACAT Littoral à Douala s'était saisi du cas de cet infortuné et a avait contacté plusieurs organisations de la société civile camerounaise pour solliciter une aide d'urgence.





Malgré le soutien des uns et des autres, malgré la bonne volonté des medecins de l'hôpital Laquintinie de le maintenir en vie à travers des soins appropriés, le pire arriva.

Ainsi donc Nouka n'aura pas survécu à la violence des balles assassines dont il avait été criblé par la soldatesque criminelle de Paul Biya. Nouka Jean Paulin venait ainsi d'allonger la liste de centaines de jeunes camerounais tués par le régime de Paul Biya, lors de la révolte populaire de février 2008 au Cameroun

En 2020, des dizaines d'autres Camerounais, gravement mutilés lors des massacres de février, sont à la maison, abandonnés à eux mêmes, ne recevant aucune aide médicale de l'Etat et ne pouvant donc pas se soigner. Des cas de gangrènes et d'amputations ont même déjà été enregistrés chez quelques blessés de février 2008…



Cellule de communication
Mouvement de Février 2008
http://fev2008cameroun.canalblog.com

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