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General News of Wednesday, 4 November 2020

Source: cameroun24.net

Drame: elle perd ses enfants dans la forêt en fuyant la guerre au NOSO (TEMOIGNAGE)

Maman Stéphanie était l'une des invités de l'émission Paroles de Femmes sur Equinoxe TV. Son témoignage devrait faire prendre conscience aux entrepreneurs de guerre de mettre fin à ce conflit fratricide.

«J'étais marié, mère de 07 enfants, mon mari et moi on s'est séparé, je suis resté avec les 07 enfants, ne pouvant plus m'en sortir à Douala je suis allé à kumba, là-bas j'étais en location. La guerre nous a trouvé là-bas, les 05 autres étant sur Douala pour les vacances, je suis resté avec les 02 dernières (des jumelles).

Chaque jour, il y'avait les attaques dans les quartiers voisins, on se disait toujours ah ce n’est pas encore chez nous, ça ne risque pas y arriver, jusqu'au jour où nous avons eu les premiers signaux, les attaques ont commencés. Sous la pression, il fallait prendre ce qu'on pouvait, nous sommes entrés en forêt sans savoir où on partait et le matériel qu'on avait emporté, on était obligé de l'abandonner car fallait pas s'encombrer.

Une fois en forêt, c'était un parcours de combattants, on traversait sur les corps, civils comme militaires. On se nourrissait le plus souvent avec du gâteau Kumba et on buvait des eaux dont on ne savait pas la provenance.

Ayant mes deux enfants, l'une sur le dos et l'autre sur ma poitrine, lors de cette fugue la première a rendu à l'âme, je l'ai abandonné en la recouvrant avec des feuilles mortes, 03 jours plus tard sa sœur aussi a rendu l’âme, toujours en forêts. Abandonné à moi-même, fallait me battre pour au moins retrouver les 05 autres. Il faut rappeler qu'en forêt, les marches se faisaient dans la nuit et le jour on se cachait dans les arbres, herbes etc....

Après plusieurs semaines de marche nous nous sommes retrouvés dans le Moungo, pour ceux qui avaient survécu. Une fois là-bas, nous avons été accueillis par les populations, qui nous ont donné à manger et avions reçu les premiers soins.

Après fallait se battre pour s'en sortir, je suis revenu sur Douala, au moment où je vous parle je n’ai même pas de CNI, je suis sans documents officiels, mes 05 autres enfants aussi car tout a été laissé en fuyant la guerre ....

Ce que nous avons vécu était un calvaire, que cette guerre s'arrête...», témoigne maman stéphanie.


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