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General News of Friday, 11 September 2020

Source: Actu Cameroun

Dr Sosthène Efoula : 'l’élection garde son lot de surprises'

Enseignant de Science politique à l’université de Yaoundé, il analyse la convocation du corps électoral en vue des premières élections régionales, prévue le 06 décembre 2020.

Le corps électoral en vue des élections régionales vient d’être convoqué dans un contexte sécuritaire tendu. Quel commentaire faites-vous de cette actualité ?

La convocation du corps électoral correspond à un processus normal gui est en accord avec le processus électoral au Cameroun depuis les élections municipales et législatives. C’est le couronnement d’un long processus électoral qui tire à sa fin. Maintenant la crise sécuritaire est un point noir ou une zone d’ombre dans le déroulement de l’élection mais cette situation sécuritaire difficile ne peut pas remettre totalement en cause le processus électoral car il existe un minimum sécuritaire et un espace vital où les populations, y vivent. Renoncer à la tenue de l’élection c’est donner raison la sécession ou à l’anarchie politique.

Cette élection est convoquée alors que l’élection de certains conseillers municipaux est encore contestée devant la chambre administrative de la Cour suprême. Est-ce qu’il n’y a pas un problème de légitimité qui se pose comme l’insinuent certains partis politiques ?
Si le contentieux post électoral des conseillers municipaux n’est pas totalement vidé par la chambre administrative de la cour suprême, il faudrait faire vite pour l’évacuer et permettre à ces conseillers municipaux de participer sereinement à l’élection. Vous savez que les maux qui minent l’administration camerounaise sont de manière ramassée : les lenteurs, les retards, l’inertie…

Certains partis politiques notamment le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ont annoncé une campagne dont l’objectif est de faire partir le président de la République. Jusqu’où peuvent-ils aller ? Pensez-vous qu’un tel mouvement peut trouver l’adhésion d’une partie de la population ?
C’est une démarche particulière, curieuse qui ne cadre pas avec l’esprit ou l’éthique républicaine. Les jeunes camerounais ont besoin d’autres choses plus intéressantes : la tranquillité, la paix, les emplois et des formations diverses pour leur permettre d’avoir une vie normale, meilleure, agréable et non des chemins sans issue. Le promoteur de cette démarche obscure voire ambiguë a bien fréquenté, est devenu Professeur agrégé, Doyen de faculté, ministre de la République…

Je pense que c’est cette trajectoire académique et professionnelle que les jeunes doivent suivre et non l’autre trajectoire qui souhaite le boycott de l’élection. Cela me semble irresponsable politiquement d’une part et une sorte de trahison pour les militants de ce mouvement d’autre part qui ont cru à un vrai projet politique. Aujourd’hui la désillusion est grande pour certains qui n’ont plus d’avenir professionnel car ils sont en prison ne peuvent pas voir leur progéniture. D’autres n’ont pas d’avenir politique parce que le parti a été sacrifie pour sanctifier l'égo surdimensionné du leader et de a minorité du directoire qui l’accompagne.

14/ le nombre de Conseillers municipaux que compte le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, quelles sont les chances de l’opposition lors de cette élection ?
Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais au regard de son nombre de conseillers municipaux à un gros avantage par rapport aux autres partis politiques mais l’élection reste toujours une énigme qui garde son lot de surprises L’élection est un moment d’apprentissage pour les citoyens c’est à travers les différents scrutins que les citoyens s’imprègnent de la technologie électorale, de leur droit, de leur revendication.

Le statut spécial accordé aux deux régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest sera opérationnel à partir de ta proclamation du résultat des élections régionales, pensez-vous que cela pourra participer à apaiser les tensions dans ses deux zones ?

Le statut spécial accordé aux deux régions anglophones peut dans une certaine mesure participer à la pacification de cet espace géopolitique. Mais plusieurs problèmes demeurent car la guerre n’est pas totalement terminée, la mise exécution du statut spécial n’est pas aisée, la menace du Social Democratic Front F de se retirer n’arrange pas aussi les choses, l’absence d’un grand parti politique anglophone n’est sans intérêt, la peur des représailles par les populations pour se rendre dans les lieux de vote…

La solution définitive pour résoudre la crise anglophone réside dans la volonté de chaque camerounais d’aller vers la paix : D’abord les médias ne doivent plus justifiés la crise en condamnant le gouvernement ou l’Etat mais faire plutôt la promotion de la paix, les différents intervenants doivent condamner en permanence la sécession.

Ensuite les acteurs au conflit doivent assouplir leur position, afin d’éviter d’être dans un radicalisme infécond comme le font certains séparatistes…

Enfin la sincérité et la participation des populations de cette zone dans le processus de paix est un impératif car le double jeu de certaines d’entre elles ne rend pas service à la paix…

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