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Politique of Wednesday, 23 September 2020

Source: Actu Cameroun

Douala était à 90 % une ville-morte - Jean Njeunga

Président national du Front uni du Cameroun (Fuc), il réagit par rapport à ce qu’il a personnellement vécu le mardi 22 septembre 2020 à Douala.
La journée du mardi 22 septembre 2020 a été marquée à 90% par une ville -morte à Douala. J’ai fait le tour de la ville de Douala. J’ai constaté que la ville de Douala était vraiment morte. Le mot d’ordre lancé par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun a réussi. Les habitants de la ville économique du Cameroun ont suivi et adhéré au message de ce parti politique en transformation la journée des marches pacifiques du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) en journée ville morte. Le centre commercial était désert. La quasi-totalité des grandes boutiques au quartier commercial à Akwa étaient fermées. Ainsi que dans d’autres quartiers de la ville de Douala. Le quartier administratif Bonanjo était désert. J’ai trouvé cela encourageant pour le changement au Cameroun. Il ne faut pas que les menteurs aillent raconter autre chose au pouvoir de Yaoundé.

Beaucoup d’abus

Je me suis plié moi-même à ce mot d’ordre en décidant de ne pas travailler mardi. Même les mamans qui vendent les beignets avec le haricot se sont abstenues de sortir. Les gens sont restés chez eux. Nous avons aussi observé que certains membres du ‘ Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), dont nous nous gardons de donner les noms sont d’accord avec les critiques et les revendications de l’opposition en ce qui concerne la mauvaise gouvernance. Nous, on a vu pratiquement à tous les carrefours de la ville de Douala de nombreux policiers et des gendarmes, avec des boucliers, des gourdins, des gaz lacrymogènes et des véhicules antiémeutes dont les camions à eau. Les Camerounais et les Camerounaises sont libres de manifester. C’est un droit fondamental consacré par la Constitution.

Interpellations et arrestations arbitraires

Les citoyens ne sont pas des esclaves. Toutes les personnes interpelées ou arrêtées doivent être libérées sans conditions par ce qu’ils n’ont commis aucun crime ni délit. Ceux qui ont marché n’ont rien cassé. Certaines personnes ont été interpellées alors qu’elles n’avaient même pas marché. Elles ont été arrêtées dans leurs maisons ou dans leurs bureaux, en violation de la loi. Je dénonce également le fait que des personnes aient été interpellées arbitrairement la veille de la marche dans plusieurs localités du pays. J’appelle l’Organisations des Nations Unies (Onu) à se saisir de ce sujet et d’interpeller nos autorités gouvernementales sur ces arrestations. Il y a eu beau coup d’abus que nous condamnons. Les libertés publiques doivent être respectées.

Nous avons également constaté que certaines autorités administratives et de police étaient là pour créer ou encourager le désordre avec la, complicité de certaines responsables de mototaxis au niveau du carrefour Ndokoti où il y a eu des échauffourées entre les forces de maintien de l’ordre et des manifestants.

Les moto-taximen étaient même plus n’ombreux que les manifestants. Ces mototaximen ont finalement marché plus que les manifestants qui exprimaient leurs mécontentements avec le régime de monsieur Biya en chantant et en criant. Ceux qui disent que les pays étrangers ne doivent pas s’ingérer dans les affaires intérieures de notre pays n’ont raison. La communauté internationale doit venir à notre aide lorsque nos droits fondamentaux sont écrasés.

Boycott des élections régionales

Mais aussi et surtout lorsque nos vies sont en danger, lorsque le respect de la dignité humaine a foutu le camp et que notre pays n’a pas la volonté de nous protéger contre les crimes graves, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide. Certains membres gouvernement manquent le sens de l’humain. Les Camerounais souffrent et ne méritent pas d’être systématiquement réprimés quand ils font des revendications justes et légitimes. Lorsqu’ils expriment leurs mécontentements face à des situations graves. Le monsieur qui préside aux destinées du Cameroun n’est pas Dieu. Ce monsieur veut que ce qui s’est passé au Burkina Faso et au Mali arrive au Cameroun. Ce monsieur n’est plus aimé par le peuple camerounais. S’il aimait ses compatriotes, il démissionnerait de ses fonctions. Dieu Tout Puissant ne veut pas notre malheur. Il veut notre bonheur.

Nous ne pouvons pas aller aux élections sans la reforme consensuelle du système électoral – avec entre autres choses l’introduction du bulletin unique- et le règlement pacifique et politique de la crise anglophone qui a déjà fait des milliers de morts depuis quatre ans. J’avais écrit au président de la République pour lui montrer comment des cadres de son parti organisent la fraude électorale à travers le marchandage des voix lors dernières élections législatives et municipales. J’ai démontré les dysfonctionnements du code électoral. Je n’ai pas eu de réponse jusqu’à ce jour, Je conseille le boycott des élections régionales aux partis politiques qui ne se sont pas encore manifestés dans ce sens. Je demande aux conseillers municipaux et aux chefs traditionnels de ne pas participer aux élections régionales le 6 décembre prochain. Je leur demande de rester chez eux.

On ne peut pas organiser les régionales dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest alors que les chefs traditionnels ne vivent pas dans leurs régions à cause de la guerre. Beaucoup d’entre eux ont fui leurs chefferies pour se retrouver comme les autres personnes déplacées à Douala, à Yaoundé; à Mbouda ou à Bafoussam. Comment peuvent-ils jouir de leurs droits d’électeurs et d’éligibles quand leurs communautés ou leurs populations sont totalement déplacées à cause de la guerre. Les Camerounais n’ont pas besoin de ces régionales aujourd’hui. L’urgence c’est le retour de la paix et de la sécurité dans les régions anglophones. Pour y parvenir, il faut négocier le cessez le feu par un vrai dialogue et non pas par un théâtre semblable au Grand dialogue national qui n’a abouti à rien.

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