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General News of Tuesday, 26 May 2020

Source: www.camerounweb.com

Don à SCSI : l'intégralité du discours de Maurice Kamto

Pour la deuxième fois consécutive, le président du MRC, Maurice Kamto fait un important don à Survie Cameroon Survival Initiative. La cérémonie de remise du présent s’est tenue ce matin en présence du Christian Penda Ekoka le président du comité de gestion de Survie Cameroon.


Au total 3200 masques KN95 ; et 1000 tests de dépistage de COVID-19 ont été offerts à la plateforme mise en place pour venir en aide aux Camerounais durant la pandémie du nouveau coronavirus.


ALLOCUTION A L’OCCASION DE LA DEUXIEME CEREMONIE DE REMISE DE DON A SURVIE-CAMEROON–SURVIAVAL INITIATIVE, SCSI DU MARDI 26 MAI 2020

Monsieur le Président du Comité de Gestion de SURVIE-CAMEROONSURVIAVAL INITIATIVE (SCSI), Mon cher Christian, Le 30 avril 2020 déjà, nous étions réunis ici pour une première cérémonie de remise d’un don composé de
: 1- 10.000 masques –barrières ;
2- 6.800 masques chirurgicaux ;
3- 950 tests de dépistage de COVID-19.
Suite à l’exceptionnel accueil réservé à ces dons par les structures et organisations sanitaires que SCSI a contactées, j’ai décidé d’apporter un concours supplémentaire à l’initiative citoyenne et humanitaire dont tu présides aux destinées. Ainsi, afin d’accompagner l’important travail humanitaire de SCSI, dont le caractère salutaire ressort des nombreux témoignages des populations des différentes régions du pays déjà bénéficiaire de cette action, et de répondre modestement aux interpellations du personnel de santé, je mets à la disposition de SCSI :


1- 3200 masques KN95 ; et
2- 2- 1000 tests COVID-19.


On peut se moquer de la modestie de ce don. Mais chacun ne donne que ce qu’il a. Je ne suis en compétition avec personne. J’apporte le peu que j’ai. Si cela peut contribuer de quelque manière à sauver la vie, ne serait-ce que d’un seul Camerounais, j’en serai heureux. Je vous fais confiance pour l’offrir aux structures sanitaires qui en ont le plus besoin. Cette cérémonie intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. A l’évidence, l’approche gouvernementale de la riposte à la pandémie n’est pas la bonne. Le dire c’est faire un constat, pas une polémique. C’est appeler ceux qui sont en charge de cette riposte à rectifier le tir. La décision du Premier Ministre du 30 avril dernier, fut-ce sur « Très Hautes instructions » de je ne sais qui, n’était pas bien inspirée. 2 Une dame médecin à l’hôpital Laquintinie à Douala, par ailleurs députée de la Nation, qu’on ne peut soupçonner d’être contre le pouvoir, a poussé un cri d’alarme, le 19 mai. Elle a déclaré que les Camerounais « sont inconscients » en ce qu’ils « ne respectent plus les mesures barrières » ; que « l’hôpital est débordé, entre 50 et 100 patients y sont désormais reçus par jour depuis les mesures d’assouplissement » ; que « la publication des statistiques est désormais encadrée. »

Selon les données statistiques datées du 23 mai, avec un taux de croissance moyen de 10% par semaine, la progression de l’infection au Covid-19 est exponentielle au Cameroun, en tout cas la plus rapide au monde, en ce qu’elle est supérieure à celle de tous les autres pays où la contamination est en progression.

Ainsi, moins d’un mois après la réouverture des débits de boissons, des restaurants et des lieux de loisir au-delà de 18 heures, la levée des mesures de restrictions dans les transports en commun et à la veille de la rentrée scolaire prévue pour le 1er juin 2020, le Cameroun détient le record mondial dans la dynamique de l’évolution de la pandémie du coronavirus. En trois semaines, du 1er au 21 mai 2020, le nombre de contaminés a plus que doublé, passant de moins de 2000 à 4272 ; le croît journalier de cas positifs était respectivement de 528 et 700. Au 23 mai 2020, selon les statistiques officielles, le pays dénombrait un total 4597 cas de contamination confirmés ; 1822 guérisons et 159 décès.

Or ces chiffres officiels sont très loin de refléter la réalité : premièrement, parce que le régime a, nous le savons tous, un rapport compliqué à la statistique ; deuxièmement, parce que le Cameroun n’a pratiqué que le quart des tests qu’il aurait dû avoir fait, à savoir environ 15.000 sur les 30.000 minimum à 400.000 selon l’OMS au regard de sa population : troisièmement, puisqu’on est entré dans la phase communautaire de contamination et que l’on ne possède pas d’information sur ce qui se passe dans les familles auxquelles on remet désormais les corps des personnes décédées. Le Gouvernement n’a jamais prêté la moindre attention à nos propositions pour circonscrire la pandémie dans les premiers foyers de contaminations et contrôler rigoureusement toutes les personnes se déplaçant d’une région déjà touchée à une autre région et d’une ville à l’autre.

Elle ne réagit à la moindre initiative que nous prenons pour aider les populations que pour l’entraver ou l’anéantir. Face à la situation sanitaire explosive que connaît le pays, on doit questionner les précautions prises par le Gouvernement pour la rentrée scolaire annoncée pour le premier juin prochain. Les mesures prises à cette fin ne l’ont manifestement pas été en concertation avec les syndicats des enseignants. Ont-elles reçu les avis éclairés des experts médicaux ? La situation devient très grave. Nos populations courent un réel danger de mort. J’invite les Camerounais à éviter de se ruer dans les débits de boissons et les lieux 3 de loisir.

Ils peuvent acheter leurs boissons et aller les consommer chez eux. Je les exhorte : à se laver régulièrement les mains ou à les désinfecter avec du gel hydroalcoolique ; à porter leurs masques en toute circonstance quand ils sont hors de chez eux ; à ne pas aller dans les réunions ; à ne pas prendre un taxi ou une mototaxi dont le conducteur ne porte pas de masques. Dans ce contexte où la vie de nos compatriotes est gravement menacée par la pandémie du COVID-19, paradoxalement, après le refus par monsieur le ministre de la santé publique du don que votre initiative a bien voulu faire au Gouvernement, et nonobstant le discours officiel sur l’unité dans la lutte contre la pandémie, l’heure est aux arrestations arbitraires et à la détention de bénévoles humanitaires de SCSI dont le seul crime est d’avoir porté secours à leurs compatriotes en leur distribuant gratuitement et pacifiquement des masques barrières et les solutions hydroalcooliques. Je saisis cette occasion pour réitérer ma demande de voir le Gouvernement engager une réelle décongestion de nos prisons qui sont, en raison de leur très grande promiscuité, de hauts lieux de potentielle transmission du COVID-19.

A la suite de l’appel du Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme du 25 mars 2020, de nombreux pays et notamment africains ont procédé à la libération des milliers de prisonniers dont de nombreux prisonniers politiques. Sauf à vouloir assumer la responsabilité d’avoir laissé les prisonniers se contaminer ou mourir, le Gouvernement doit, en plus de la mesure déjà prise le 16 avril 2020, aller plus loin en libérant encore plus de prisonniers, à commencer par les prisonniers politiques. Le contexte actuel de crise sécuritaire, sociale, politique et économique, aggravée par la crise sanitaire mondiale en cours exige plus que jamais une implication personnelle de celui qui assume les fonctions de Chef de l’Etat.

Sa nonimplication directe fait courir au pays un risque de déroute, dont on perçoit les signes avant-coureurs. Le Cameroun ne peut continuer d’être piloté à vue. Si je pouvais oser une métaphore, je rappellerais qu’un berger a pour mission de veiller sur chaque brebis de son troupeau. Il rassure par sa présence et sa voix. Il est temps de mettre bon ordre dans la direction du pays ; et ceux qui savent la vérité ont un devoir de vérité vis-à-vis du peuple camerounais. On ne peut reprocher à un être humain, fût-il Chef d’un Etat, d’être malade ou indisponible. En revanche, le peuple a le droit de savoir. Car rien de ce qui le concerne n’est indifférent à la Nation.

Yaoundé, le 26 mai 2020

Maurice KAMTO.

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