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Actualités Régionales of Thursday, 10 December 2020

Source: Actu Cameroun

Dizanguè: manipulation dans la succession d’un chef

La chefferie du 3è degré, du village Dikola dans le canton Ndonga est le théâtre d’une grosse manoeuvre d’usurpation entretenue et approuvée par la chefferie supérieure de tout le canton situé dans l’arrondissement de Dizanguè, département de là Sanaga maritime.

En effet, et selon les sources confirmées par la grande chefferie, «Jacques Bakamba sera intronisé le samedi 12 décembre 2020 comme chef de 3è degré en lieu et place de François Ebwea qui depuis 2013, a été désigné par les notables du village Dikola-Ndonga comme le chef légitime selon la coutume et les usages traditionnels», nous informe-t-on. Des propos confirmés à mots voilés par sa majesté François Diwouta que nous avons joint au téléphone ce mardi 8 décembre 2020, pour mieux comprendre ce qui se passe.

A peine a-t-il commencé à répondre à nos préoccupations, qu’il a retourné sa veste: «que voulez-vous que je vous dise; je ne sais pas avec qui je parle ad téléphone. Et puis je ne sais quoi vous dire, le chef va être installé samedi appelez-moi après mon retour du village. Que ceux qui vous ont donné ce dossier vous explique ce qui est…». Fin brusque d’une conversation avec une manière moins élégante de la part d’une autorité traditionnelle.


Pour revenir donc sur les faits

Suivant divers , témoignages, «tout commence après les décès en mars 1989 de Pierre Ndoutounga alors chef du 3è degré qui a laissé les enfants mineurs. Et profitant de cela, son demi-frère André Ebwea qui n’a cessé de proférer les menaces de mort à son frère, arrache le trône. Dans des pratiques . mystiques sans complaisance, il prend le village en otage en confisquant tout et- même l’espace de vie des populations», nous relate une sexagénaire. Dans le récit des faits, un autre fils du, village nous fait comprendre que «la chefferie est restée vacante malgré les gesticulations de monsieur André Ebwea, très redouté par ses pratiques mystiques avec la menace de tuer tous ceux qui se mettraient sur son chemin pour l’empêcher d’être le chef du village.

Donc aucun notable n’a marché avec lui jusqu’à sa mort», nous relate-t-on avec cette autre révélation «son fils, un ancien militaire révoqué dans l’armée pour avoir tapé sauvagement sur son défunt père et qui à sa sortie de prison militaire, est revenu au village et en complicité avec les autorités administratives du département de la Sanaga Maritime a poursuivi l’œuvre de son père avec une brutalité et des menaces graves à l’encontre des ayants droits que sont les fils de feu Pierre Ndoutounga comme l’exige la tradition ici chez nous. Ici dans le canton Ndonga, on hérite la chefferie, je veux dire que c’est de père en fils et non ce que nous voyons aujourd’hui», déclare encore sous cape ce digne fils de Dikola.

Approchés, les services de la sous-préfecture de Dizanguè confirment tout ce qui est dit par les Uns et les autres. Une source à l’interne nous fait lire la copie d’une correspondance du 12 décembre 2014, adressée au préfet de la Sanaga maritime avec pour objet, «Usurpation de titre». Et la lettre nous fait comprendre que .«Monsieur Bakamba Jacques s’est autoproclamé chef de village instaurant le désordre et intervenant à tout événement heureux ou malheureux ceci au mépris de la population et de la famille du défunt»


Le mauvais jeu de la préfecture

Dans une situation aussi conflictuelle, les populations découvrent que le préfet de la Sanaga maritime de l’époque a désigné son chef de village par l’arrêté N° 748/AP/C18/SP du 02 juin 2014 portant homologation de la désignation de Monsieur .Bakarnba Jacques en qualité de chef de 3è degré de Dikola qui d’après la note préfectorale a été désigné le 22 avril 1995. Un morceau difficile à avaler par les chefs de famille du village Dikola-Ndonga qui en date du 20 août 2014, on sait le ministre de l’administration territoriale «aux fins de retrait de l’arrêté préfectoral n° 748/AP/C18/SP du 02 juin 2014».

Ce qui a été fait. Selon certaines informations, «le ministre a annulé et arrêté, ce qui. n’a pas empêché à monsieur Bakarnba André de continuer ses activités de chef usurpé jusqu’à cette année 2020 où dans les commentaires de couloirs, l’on nous apprend qu’il sera intronisé ce samedi 12 décembre 2020 par le préfet bans qu’aucun notable ne soit informé encore moins les chefs de famille.

Il n y a que le chef supérieur seul qui est informé et qui a validé la tenue de cette cérémonie. Lui, le garant de la tradition, a botté en touche toutes les règles d’usage en avec sa complicité, on veut imposer un chef, qui ne mérite pas cette place », nous soufflent quelques jeunes du village rencontrés sur place à Douala.

A la préfecture de la Sanaga maritime, les recours introduits par les chefs de familles Ndog Banoika, Log Ndog, Ndog Ndigui et les ayants droits du défunt chef du village Ndoutounga Pierre, Ndonga Dikola sont restés sans suite. Dans une récente correspondance envoyée le 25 novembre 2020 au préfet et dont nous avons obtenu copie,- on parle de l’opposition de l’intronisation du 12/12/2020.

Les raisons évoquées sont entre autres «du manque de procès-verbaux de désignation de ce dernier, de plusieurs requêtes du village Dikola restées sans suite ». Des informations confirmées par une source interne qui nous font visiter la chemise des plaintes contre André Bakamba par les villageois.

Au ministère de administration territoriale, l’on nous informe de la . convocation du chef légitime «François Ebwea, qui est attendu ce mercredi 9 décembre par Paul Atanga Nji qui ne veut comprendre pourquoi ce dernier n’est toujours pas remis dans son droit successoral malgré les instructions données depuis des années et qui semblent ne pas mouvoir les préfets».

L’information n’a pas été confirmée par les ayants-droits qui ont souhaité ne pas commenter cette affaire qui, selon eux, est entre les mains des plus hautes autorités du pays. Pour l’autre partie mise en cause, aucune information ne filtre.

Reste maintenant à attendre ce qui va se passer ce week-end et l’on croise les doigts pour « éviter le pire tel qu’il est pressenti de ce côté au cas où la manifestation d’intronisation ne serait pas .arrêtée. La préfecture est avisée dans tous les cas », murmure-t-on dans les plantations à Dizanguè.

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