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General News of Tuesday, 30 June 2020

Source: Kalara N°345

Deux policiers tentent d’extorquer 800 mille à une journaliste de la CRTV

La  journaliste accuse les deux policiers des infractions d’abus d’autorité, d'intimidation La journaliste accuse les deux policiers des infractions d’abus d’autorité, d'intimidation


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Se présentant comme étant en service dans le cabinet du Délégué général à la Sûreté nationale, un officier de police et un gardien de la paix ont confisqué le véhicule d’une dame pour lui extorquer de l’argent en la menaçant de prison. Informé, le procureur de la République a ordonné une enquête.
L’officier de police Olinga Olinga Daniel et son collègue, le gardien de la paix (GPX) Mbila, ne savent pas à quelle sauce ils seront mangés depuis que Mme Rjvadjo Minette, une journaliste en service à la Crtv, a décidé de les traduire en justice. Ils sont en effet accusés d’avoir arraché la voiture appartenant à la dame après l’avoir quasiment enlevée, puis séquestrée dans les bureaux de la Délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn), avant de lui extorquer la somme de 180 mille francs. Tous ces faits, qui se sont déroulés pour la plupart dans les beaux de la Police, sont au centre d’une enquête que conduit depuis quelques semaines la direction de la police judiciaire (DPJ) à Yaoundé. Les deux hommes ne sont pas loin de passer aux aveux complets.

C’est le 12 mai 2020 que les deux policiers sont accusés d’avoir posé les premiers actes qui risquent de ruiner leurs carrières respectives. Mme Kwadjo, qui fait ce jour-là des courses pour l’un de ses enfants malade, est interceptée au niveau du marché d’Essos, quartier de Yaoundé, par le gardien de la paix Mbida. Elle est arrêtée et forcée de prendre place dans un véhicule qui va la conduire aussitôt, à l’immeuble siège de la direction générale de l’institution policière. Elle est alors amenée à la Porte 310 du bâtiment où elle est présentée à l’officier de police Olinga Olinga Daniel Elle y restera de 13h à 18h, ses ravisseurs l’obligeant à leur remettre un véhicule de marque Toyota Rav 4 qu’elle conduit depuis quelques jours.

Paiement supplémentaire
Le véhicule en question a été acquis auprès d’un, certain Mbonyi Marcel alias Balimar, commerçant de nationalité nigériane, qui fait dans la vente des voitures d’occasion et des pièces détachées au quartier Mvog-Ada à Yaoundé. La transaction s’est déroulée presque quatre mois plus tôt, le 22 janvier 2020, au prix de 1,1 millions de francs. La voiture a aussitôt connu de nombreux travaux mécaniques, de carrosserie et de peinture, qui situent sa valeur d’achat à un peu plus de 1,8 million de francs, selon Mme Kwadjo. Pour parfaire la vente, le vendeur et l’acquéreur ont bénéficié des services du commissaire de police Ngongang Klébert, adjoint au commissariat du 16 ème arrondissement de Yaoundé. C’est ce M. Ngongang qui a signé le certificat de vente ouvrant la voie à la mutation de la carte grise du véhicule au nom de son nouveau propriétaire.

Après quelques péripéties, Mme Kwadjo va obtenir tous les papiers de son véhicule qu’elle dit avoir remis à neuf. Dès la sortie de la voiture du garage dans un état flamboyant, le vendeur . décide de reconquérir son ancien bien ou alors de tout faire pour obtenir un paiement supplémentaire substantiel. C’est en tout cas ce que croit Mme Kwadjo lorsqu’elle se trouve harcelée par les deux policiers qui lui demandent une somme de 800 mille francs revendiquée par M. Balimar pour le véhicule. C’est la condition, disent l’officier de police Olinga Olinga etle GPX Mbila pour que la jourrialiste recouvre la liberté. Il lui est promis rien moins qu’un emprisonnement si elle ne restitue pas le véhicule à défaut de verser l’argent qui lui est demandé.


Conversations enregistrées Sous la pression des policiers qui disent en plus être en service dans le cabinet du Délégué général à la Sûreté nationale, la dame va faire conduire son véhicule dans l’enceinte de la Dgsn. Elle prend l’engagement de payer la somme qui lui est demandée en plus d’une autre somme de 200 mille francs représentant les frais de garage du véhicule au siège de la Dgsn. Sauf qu’une fois sortie des griffes des deux policiers le 12 mai 2018, la journaliste ne va s’exécuter que partiellement. Elle versera la somme de 180 mille francs entre les mains du GPX Mbila comme paiement partiel des frais de gardiennage de la voiture en attendant de se procurer les 20 mille francs restants.

Lorsque ce premier versement est fait, l’officier de police Olinga Olinga va se montrer plus pressant pour obtenir les 800 mille francs que Mme Minette Kwadjo s’est engagée à verser à Balimar. Mais la journaliste n’est pas d’humeur à s’exécuter, expliquant qu’elle ne doit plus rien à M. Balimar. Elle explique à l’officier de police qu’elle n’a pris l’engagement de verser cet argent que sur la contrainte, par peur de se retrouver devant le procureur de la République. Sur le conseil de certains de ses proches, la journaliste a.pris le soin d’enregistrer certains de ses échanges avec les policiers. C’est une précaution qui lui permet de soutenir la plainte qu’elle dépose sur la table du procureur de la République près le Tribunal de première instance (TPI) de Yaoundé centre administratif (CA) le 28 mai 2020.


Dans sa plainte, la journaliste accuse les deux policiers des infractions «d’abus d’autorité», de «séquestration», «d’intimidation» et de «rétention sans droit de la chose à autrui». Le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête policière qui a été confiée à la direction de la policé.) udiciaire. Si les mis en cause qSsaient de nier les faits, ils sont confondus par les enregistrements de leurs conversations au téléphone avec la plaignante. Dés documents sonores mis à la disposition des enquêteurs dans lesquels l’un des policiers déclare être en service dans le cabinet du Dgsn et menace de présenter la dame chez le procureur de la République si elle ne paie pas les 800 mille francs qui lui sont réclamés.

D’après les sources proches de l’enquête, le GPX Mbila, coincé, a déjà restitué les 180 mille francs qu’il avait reçus de la plaignante après confrontation avec tes enquêteurs. Quant à l’officier de police Olinga Olinga, il traînerait encore les pied à restituer le véhicule, toujours garé à la Dgsn, et la carte nationale d’identité de sa victime, en expliquant, d’après Mme Kwadjo, que c’est le chef du corps qui a ordonné la confiscation du véhicule. Une chose est sûre ; avec l’enquête menée par la police judiciaire, le manège pourrait ne pas se poursuivre longtemps. Ces policiers s’exposent en même temps à des sanctions pénales et à des sanctions disciplinaires.

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