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General News of Monday, 11 November 2019

Source: www.camerounweb.com

'Des milliers de vies anglophones ont été sacrifiés pour le maintien d’un roi au pouvoir'

« Ce drame de Bonheur Mateyan montre jusqu’à quel point l’entourage de certains hommes politiques croit qu’ils ont droit de vie ou de mort sur les citoyens », tels ont été les propos du père Lado dans sa chronique dominicale.

Dans sa chronique dominicale, le père Jésuite Ludovic compare les chefs d'Etats africains au Roi Antiocos de la première lecture tirée du second livre des Martyrs d’Israël. Ce dernier n'a pas hésité à tirer à boulets rouges sur ceux qu'il qualifie de « pervers et mauvais ».

Découvrez avec nous l'intégralité de sa chronique ...


MA CHRONIQUE DOMINICALE-10-11-2019

LES ROIS ANTIOCOS DU GONDWANA

Il s’appelait Bonheur Mateyan. Mais il a eu le malheur le 04 novembre dernier de croiser le cortège du Président de l’Assemblée Nationale (PAN) du Tchad sur son chemin à Ndjamena, lequel lui a tiré dessus en frayant le chemin pour leur boss. Il en est mort quelques heures après à l’hôpital. Master 1 en droit et Motoman, il se débrouillait comme beaucoup de jeunes étudiants du Gondwana, jusqu’à ce que le zèle mal éclairé de la garde rapprochée du PAN du Tchad lui tire une balle dans le ventre. Quelques jours après, les services du PAN adressaient ses condoléances à la famille du disparu. Peut-être se reverront-ils à la résurrection des morts dont il est largement question dans la parole de Dieu de ce dimanche, et là il lui présentera ses excuses viva voce. Normalement, un PAN ou un élu tout court, s’il a vraiment été élu, ne devrait pas avoir besoin de gardes de corps, de surcroit armés. Un élu du peuple ne saurait avoir peur du peuple.

Ce drame de Bonheur Mateyan montre jusqu’à quel point l’entourage de certains hommes politiques croit qu’ils ont droit de vie ou de mort sur les citoyens. Dans la première lecture il est justement question du Roi Antiocos qui voulut contraindre sept frères à manger le porc, ce qui allait contre leurs convictions religieuses. Mais les sept frères préférèrent mourir des tortures atroces que d’obéir à ce roi méchant. Ils méprisèrent la mort à la surprise du roi pour rester fidèles à leurs convictions religieuses. Je comprends alors la requête de Saint Paul dans la seconde lecture de ce dimanche : « Priez pour que nous échappions aux gens pervers et mauvais, car tout le monde n’a pas la foi. » Car, de gens « pervers et mauvais », il y en aura toujours. Oui, parfois, on se demande si ceux qui nous gouvernent ont la foi, c’est-à-dire la crainte de Dieu. En Guinée, les gens meurent parce qu’un Roi Antiocos tient à modifier la Constitution pour rester au pouvoir. Au Cameroun, des milliers de vies anglophones ont été sacrifiés pour le maintien d’un roi Antiocos au pouvoir. Au Bénin, un roi Antiocos tripatouille la Constitution avec la complicité d’un parlement monocolore, la liste est longue ! Que de vies sont sacrifiées au quotidien par les grandes puissances sur l’autel des intérêts politiques et économiques, avec la bénédiction des rois Antiocos. Et les pauvres n’ont souvent pour seul secours que la prière du psalmiste de ce dimanche : « Seigneur, écoute la justice ! Entends ma plainte, accueille ma prière. »

Heureusement que, d’après l’intervention de Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui, le ciel ne sera pas une simple répétition de la terre : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. » (évangile) Oui, heureusement, au ciel, Paul Biya ne sera plus mon président ! Nous serons tous comme des anges.

En effet, il ne suffit pas d’être « enfants de ce monde », il faut encore devenir « enfants de Dieu et de la résurrection ». Mais pour prétendre à la vie éternelle, il faut avoir servi la vie ici sur terre. Ceux qui ont servi la mort ne méritent pas la vie éternelle. Car il «Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Oui, la gâchette facile, ce n’est pas pour les enfants de Dieu. Payés pour protéger, ils tirent pour tuer les innocents. S’attaquer à la vie, c’est s’attaquer à Dieu. La vie est d’essence divine, d’où son caractère sacrée. Si tu veux « connaître la résurrection pour la vie », ne sème pas la mort comme le Roi Antiocos, mais sers la vie pendant ta vie sur terre et tu connaîtras l’étreinte du Grand Vivant ! Bon dimanche et à dimanche prochain !

Ludovic Lado, Jésuite !

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