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General News of Friday, 5 June 2020

Source: 237online.com

Danse macabre autour de la dépouille de Victor Fotso


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Filles et veuves, Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et gouvernement troublent le repos éternel du défunt homme d’affaires et maire de Pete-Bandjoun.

Mourir n’est pas toujours synonyme de repos. L’on pourrait dire que le défunt homme d’affaire de renom, Fotso Victor en fait l’expérience. Près de trois mois après son décès en France, la dépouille du défunt maire de Bandjoun attend une sépulture. Un ultime hommage dérangé par les polémiques que suscite visiblement la carrure de celui qui a été l’un des opérateurs économiques les plus en vue au Cameroun au cours des cinquante dernières années. Autant qu’il a été le maillon fort du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans la localité de Bandjoun et la région de l’Ouest.Les obsèques du «patriarche de Bandjoun» pourraient ne pas se tenir le 20 juin, comme annoncées par une partie de sa famille. L’annonce faite par le clan conduit par Nicky Love Maptue Fotso rencontre l’opposition du collectif concentrant le plus grand nombre d’enfants et de veuves du disparu. Loin d’être une polémique sourde, cette opposition est désormais traduite par des échanges épistolaires et des confrontations verbales publiques.

Dans une correspondance datant du 28 mai 2020, des épouses du défunt notable de la chefferie supérieure Bandjoun indique leurs désapprobations. La correspondance adressée au gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Foncka Augustine souligne que «Les enfants d’une ou deux épouses fussent-ils les plus riches et puissants ne peuvent non plus imposer ce qu’il faut faire.» Sans ambages, le collectif des épouses du défunt milliardaire de Bandjoun soutiennent que «Personne sans avoir l’aval de la famille ne peut prétendre organiser les obsèques.» Un pied de nez à la fratrie que semble diriger l’actuelle édile de la commune de PeteBandjoun, Nicky Love Maptue Fotso. La correspondance adressée au gouverneur de la région de l’Ouest se veut aussi une dénonciation de l’implication «contestée» de certaines autorités administratives et sécuritaires de Bandjoun. Pour illustration, le collectif des épouses signataire pointe du doigt le préfet du Koung-Khi, le maire, le commissaire et le commandant de la ville de Bandjoun. Des personnes auxquelles le collectif des épouses du défunt Fotso Victor dénient la qualité d’organiser les obsèques du disparu. Des raisons pour les épouses de feu Fotso Victor de marteler que «Nous épouses Fotso tenons à réaffirmer que la date du 20 juin 2020 n’a pas été retenue de manière consensuelle par la famille.»
Le Rdpc pris à partie
«Les morts ne réclament ni fleurs ni regrets, mais une part de la vie qu’ils ont donné, une part dans la vie qu’ils ont vécus.» «Quand l’argent empoisonne la mort, il ne sort que de la colère. On se bat sur le cercueil.» «C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal.» C’est par ces citations inspirées de Virginia Wolf, Emile Zola et Hannah Arendt que l’une des filles du défunt maire de Bandjoun illustre la danse macabre qui s’exécute autour de la dépouille de feu Fotso Victor. La lettre ouverte adressée au chef de la délégation du comité central du Rdpc lors de l’élection du maire de Bandjoun porte en intitulé : «La profanation de Hiala : la deuxième mort du dernier Bamiléké». Selon la rédactrice, Christelle Nadia Fotso, la lettre ouverte à l’ancien ministre Edouard Akame Mfoumou (voir citoyenneté) est une émanation des veuves et enfants Fotso Victor.

En des termes dénués de tout voile, la correspondance souligne à priori que «vous interpeller publiquement parce que je crois que comme beaucoup, vous ne soupçonnez pas que mon père avait dans sa grande famille, des personnes dont le sens de l’honneur et de l’histoire n’ont pas été corrompus par l’appât du gain et du pouvoir. L’amour sincère que nous éprouvions pour mon père et surtout la fierté pour la vie qu’il a menée nous confèrent une immense responsabilité : respecter ce qu’il a été et ses dernières volontés.» A propos de la dernière volonté, la correspondance signée le 3 juin 2020 souligne que «Une fois disparu, le Patriarche Fotso voulait enfin être sorti du jeu politique afin que son patriotisme et son panafricanisme soient reconnus sans querelle et expropriation familiales ou partisanes.»

Une révélation en contradiction avec le souci de reconnaissance du président national du Rdpc, Paul Biya dont le chargé de mission du comité central a indiqué, lors de l’élection-désignation du nouveau maire de Bandjoun, Nicky Love Maptue Fotso «le président national a estimé qu’il avait un devoir de mémoire et de reconnaissance envers Fotso Victor.» De même que Edouard Akame Mfoumou, représentant du Rdpc à l’élection du 11 mai dernier à Bandjoun soulignait pour justifier le choix de la fille Fotso que «Il était important que son mandat soit poursuivi par sa famille. Il a dépensé sans compter pour le parti.» Une posture que la correspondance qualifie «d’ignominie».

Récompense
Une divergence d’appréciation que ne semblait pas partager le défunt maire de Bandjoun. A en croire Christelle Nadia Fotso qui indique décliné les dernières volontés de leur père «Tel tout grand serviteur de l’état, mon père souhaitait lorsque Dieu le rappellerait à lui ne plus appartenir uniquement qu’à un parti et retrouver une place amplement méritée : celle d’un digne fils du Cameroun et de l’Afrique qui n’a fait de la politique que pour contribuer au développement de son village, de sa région, de son pays et de son continent après avoir été l’un des premiers capitaines panafricains d’industrie.» Le collectif regroupant le plus grand nombre de veuves et enfants du défunt Fotso Victor soutient que le Rdpc a été trompé dans sa démarche. La correspondance adressée au mandataire du Rdpc lors de l’élection du nouveau maire de Pete-Bandjoun souligne à ce sujet que «Monsieur le Ministre, de croire que vous avez été trompé et que le besoin de récompenser enfin mon père pour ce qu’il a fait pour sa commune, sa région et son pays vous a aveuglé. Voulant certainement atténuer et partager notre douleur, vous n’avez pas réalisé que le Patriarche Fotso aurait trouvé humiliant qu’on bâcle sa succession politique en biaisant sa succession familiale au détriment de la majorité de ses veuves et de ses enfants.»

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