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General News of Monday, 27 January 2020

Source: Actu Cameroun

DGI: Mopa Fatoing victime d’un 'procès en sorcellerie'

À travers une lettre incendiaire au chef de l’État le président du Gicam, Célestin Tawamba, étale sa bassesse contre un technocrate dont les performances parlent d’elles-mêmes.
Le président du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), Célestin Tawamba, est l’auteur d’une lettre au vitriol, adressée au président Paul Biya contre le directeur général des Impôts (Dgi), Modeste Mopa Fatoing. Dans ce brûlot de deux pleines pages, qui circule abondamment sur les réseaux sociaux depuis le début de la semaine, le «patron des patrons» camerounais couvre sa cible de tous les noms d’oiseaux.

L’accusant des pires dérives ainsi que d’un «comportement anti-entreprise», il’ pointe aussi l’«hostilité» affichée de son nouveau mouton noir envers le monde des affaires. Tout y passe, en des termes d’une vulgarité affligeante. Depuis Joannès Desportes, son premier président de 1957 à 1968, jamais de mémoire d’homme le Gicam n’était descendu aussi bas dans le discours haineux. De feu André Fotso à Claude Millet en passant par Claude Maitre henry, Samuel Kondo, Claude Millet ou encore André Siaka, jamais le patronat ne s’était publiquement montré à ce point frileux, voire injurieux à l’endroit d’un haut dirigeant du pays. Les relations public-privé ont certes connu quelques remous, mais entre gentlemen chaque partie s’est, au moins, attachée à sauver l’essentiel.

Mais, pour Célestin Tawamba, la rupture est consommée dans les relations entre le Dgi et les entreprises, qui ont «perdu toute confiance» en lui. Raison, pour l’auteur de la perfide correspondance, de s’en remettre à la sagesse de Paul Biya «pour un retour rapide à la confiance et des relations administration fiscale-secteur privé apaisées, productives et bénéfiques pour l’équilibre économique et social de la nation». Une fatwa en règle. En français facile, M. Tawamba exige le limogeage de Modeste Mopa Fatoing sous peine de casus belli entre le Gicam et les autorités.



Sauf qu’en dehors de son caractère inutilement violent, infantile et contreproductif, l’acte épistolaire de délation du non moins président-directeur général de Cadyst Invest manque également d’élégance. Pire : il pêche par de nombreuses lacunes de forme et de fond.


La forme, d’abord. Il est étonnant, voire affligeant, de constater qu’une missive, adressée au sommet de l’État par un dirigeant de la stature de Célestin Tawamba, se retrouve aussitôt sur la place publique. Une fuite visiblement orchestrée par l’expéditeur. Il s’agit d’une démarche puérile et – pire – de nature à raidir son vénérable destinataire. Ce d’autant que, ces dernières semaines, le même a’ multiplié les actes de provocation et de défiance à l’endroit du président de la République en personne.

Ainsi, récemment interrogé par Jeune Afrique, le président du Gicam a estimé que le recul du Cameroun, ces trois dernières au classement «Doing Business» de la Banque mondiale sur le climat des affaires, était dû au fait que le dialogue public-privé «n’est pas impulsé et incarné par le chef de l’État». Pour lui, le Cameroon Business Forum (Çbf) «doit être présidé par le chef de l’État, comme en Côte d’ivoire ou au Sénégal».

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Affirmant que le monde des affaires souffre de ne pas rencontrer Paul Biya, il se prend les pieds dans le tapis quelques lignes plus bas, reconnaissant que des créateurs de richesse faisaient partie de la suite officielle du président de la République, lors de sa visite en Chine en mars 2018. Pendant tout l’entretien, nulle part Célestin Tawamba ne fait état d’une demande d’audience des patrons auprès du chef de l’État, ayant rencontré une fin de non-recevoir. Dans le fond, la démarche du président du Gicam souffre également d’un sérieux problème de légitimité.

Tout se passe en effet comme si l’auteur de la correspondance vénéneuse à Paul Biya tentait de profiter de sa position à la tête de l’organe pour régler des comptes personnels. Autrement, il est difficile d’expliquer, sauf par la peur d’être mis en minorité, qu’il ait choisi d’agir seul, au nom d’une institution revendiquant plus de 1000 adhérents à ce jour. Une entourloupe qui ne passe visiblement pas, auprès de certains membres de la corporation qui ne se reconnaissent pas dans la fourberie orchestrée pour demander la tête du Dgi.

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