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General News of Monday, 3 August 2020

Source: www.camerounweb.com

DG Finexs voyages : ce qu'il faut savoir sur ce patron qui refusa l’armée

Le malheureux incident survenu au sein de son entreprise à Douala donne l’occasion de découvrir ce créateur de richesse, champion dans le transport inter urbain.

Son nom demeurait jusque-là inconnu de plusieurs. Tout comme ses caractéristiques personnelles, son parcours, l’origine de Finexs Voyages, entre autres. Voilà que, le 22 juillet 2020, un malheureux incident survient dans son entreprise à Douala. Un coup de latte assommé sur un gendarme. La suite, on la connaît.

Pourtant Finex’s Voyages n’a jamais baigné dans la gadoue. En dehors de quelques points reprochables à quelques employés de la maison –un fait inhérent à la nature humaine- Finexs voyages a une origine bien particulière, qui l’emmène à se distinguer, au point d’être pratiquement ce qu’on pourrait appeler ‘’ Road Force One’’, lorsqu’il s’agit d’aller de Douala à Yaoundé, ou inversement. Ce qui s’explique.

Sa flotte totalise 70 autobus, qui se garent dans ses agences de Douala et Yaoundé, des espaces que les clients jugent spacieux, tous construits par Edmond Felix Etoundi, le promoteur de cette entreprise vieille de 17 ans.

Né à Metet, Région du Centre, en 1967, Edmond Felix Etoundi est un style de patron entêté et déterminant, qui sait rester focus sur un objectif à atteindre. Car sorti de l’université en 1990 nanti d’un BTS en gestion d’entreprises, le jeune diplômé caresse l’espoir de créer son entreprise. Malgré les concours administratifs présentés parallèlement, il se lance d’abord dans la petite entreprise. Ce qui se matérialise par le transport clandestin – le célèbre clando- qui du fait des villes mortes d’alors, emmenait les coûts de transport à être exorbitants : Douala-Edea, qui coûte actuellement 1000 FCFA, se payait alors à 4000 francs. Tandis que, au sein de la capitale économique, partir de Bonamoussadi pour Bonanjo, nécessitait 1000 francs, un trajet qui se paie à 500 francs actuellement.

Le président directeur général de Finex’s vit donc ces réalités et constate que le transport clandestin est une mine de potentialités. Mais reste sous exploité, alors que la demande est forte, au fil de l’augmentation de la population et de l’accroissement des mouvements humains. 1996 s’avère être « une année bénie ». Edmond Félix Etoundi est admis au concours d’entrée à l’Ecole militaire interarmes (EMIA). Une école hautement sélective au regard de l’avenir en or de ses promus.

Seulement, la même année, ce père de 05 enfants est prié de rejoindre les rangs de la Société pétrolière Mobil oil, où le poste de comptable l’attend. Le choix est vite fait. Le dos est tourné à la tenue militaire, qui ne lui aurait pas permis de penser à l’entrepreneuriat. Ainsi, pendant qu’il travaille comme comptable, ce Chevalier de l’ordre de la valeur fait fonctionner deux véhicules sur l’axe Douala-Edéa. Arrive 1998. Année au cours de laquelle Mobil oil l’affecte à Garoua, dans la Région du Nord, pendant que sur la route, le comptable compte déjà trois petites voitures dédiées au transport entre Douala et Edéa.

La distance crée des écarts dans la gestion quotidienne, alors que Edmond Felix Etoundi rêve encore plus grand, ayant sous les yeux les retombées du transport clandestin. Il établit donc un pont avec BucaVoyages, convaincu « qu’on est quelqu’un derrière quelqu’un ». Bucavoyages est alors le leader incontesté du transport entre Yaoundé et Mbalmayo, Douala-Yaoundé. Le PDG de Bucavoyages accepte de le prendre sous son escarcelle, jugeant le dynamisme du jeune appréciable. C’est Bucavoyages qui servira une caution de 10 millions de FCFA à Cami Toyota, le jeune Etoundi veut acquérir un autobus et prend l’engagement d’éponger le reste- 28 millions de francs- par diverses échéances. Ce véhicule intègre la flotte de Bucavoyages. Neuf mois durant, toutes les recettes de cet autobus seront reversées à Cami Toyota. La dette est épongée. Ce qui donne encore plus de courage Edmond Félix Etoundi. Qui acquiert un second autobus, par le même mécanisme en 1999. Cette fois, dix mois suffisent pour régler la dette.

En 2002, affecté à Yaoundé en qualité de Délégué régional pour le Centre et le Sud pour son employeur, Félix Edmond Etoundi est désormais à côté de ses deux autobus. C’est le temps d’Œdipe. Mais ici, avec l’accord du « père », qui accepte que le fils s’émancipe. Les deux autobus sont donc retirés de la flotte de Bucavoyages. La Société Finex’s voyages est créée.

En 2006, la boite commence véritablement à évoluer. L’on dénombre quatre autobus. Edmond Félix Etoundi démissionne de Mobil oil et se consacre entièrement à sa société de transport inter urbain. Parallèlement, il acquiert à la Magzi un bail emphytéotique sur un espace d’un hectare à Mvan à Yaoundé où est construite une agence moderne. C’est le siège même de Finex’s. à Douala, un lourd investissement est fait au lieudit 'Douche municipale', où une surface de 2000 m² permet à ses clients de s’acquitter des modalités de voyage, dans des conditions plus modernes.

Les visiteurs du soir de ce patron peu bavard, qu’on décrit comme un homme généreux relèvent un prêt bancaire de 4 milliards de FCFA, des fonds qui lui permettent de donner plus d’élan à sa boite, et de toujours rester comme le premier repère, lorsqu’un voyageur veut partir de Douala pour Yaoundé, ou dans le sens contraire. En interne, l’on pointe la mise en place d’un système de contrôle à distance des bus par GPS, le renouvellement de la flotte, la mise en place du tracking pour lutter contre les surcharges. Après les tristes évènements du 22 juillet 2020, le PDG de Finex’s a pris un temps sabbatique de huit jours, l’entreprise. Edmond Felix Etoundi a repris du service le 2 août 2020 avec comme objectif, « rester leader ».

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