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General News of Thursday, 8 October 2020

Source: Repères n°905

Désillusin politique: Douala lâche Maurice Kamto

Les populations de la capitale économique ont, dans la sérénité totale, vaqué à leurs diverses occupations ce 6 octobre 2020. Pas l’ombre d’une mobilisation population à caractère insurrectionnel dans les rues de la ville.

La « révolution des abeilles », phase 2 annoncée par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) s’est soldée une fois de plus par un retentissant échec ce 6 octobre 2020. La ville de Douala a en effet affiché un calme des grands jours. Plutôt une ambiance ordinaire: embouteillages, bruits de klaxons, va-et-vient des populations, commerces ouverts, taxis à l’ouvrage, établissements scolaires fonctionnels, Etc. L’absence des militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun crève l’œil.

A Ndokoti, carrefour stratégique entre les arrondissements de Douala 3ème et 5ème, épicentre de la tentative de marche du 22 septembre 2020, vite maîtrisée par les forces régaliennes, c’est le branle-bas habituel. Entre occupations anarchiques des trottoirs et de la chaussée par les commerçants, vente à la sauvette, circulation à l’emporte-pièce des véhicules de divers calibres, des parents d’élèves s’activent encore. Ils effectuent encore les achats de fournitures et manuels scolaires.

A Akwa, le mythique boulevard Ahmadou Ahidjo, du nom de l’ancien président du Cameroun, site abusivement baptisé «Avenue chinoise» grouille de monde. Comme d’habitude, le poste de police et de sécurité publique est débordé par le grand désordre régnant en ces lieux. Au rond-point Dakar, lieu de départ des «émeutes de la faim» de février 2008, la mobilisation annoncée dans les réseaux sociaux n’était en réalité qu’une diversion orchestrée par des activistes de ce parti. Le marché Madagascar proche de ce grand carrefour connaît ses mouvements quotidiens.

Les quartiers Bonaberi dans l’arrondissement de Douala 4, Bonanjo à Douala 1er, ou Bona-moussadi à Douala 5ème affichent également leur visage habituel. La déferlante projetée n’aura finalement eu d’effets que dans les réseaux sociaux affidés. Une tempête dans un verre d’eau finalement. La toile a en effet été inondée d’appels à la mobilisation de militants ou sympathisants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Appel visiblement ignoré. «Nous sommes occupés par la rentrée scolaire, la vie de tous les jours et les problèmes de la vie», confie nerveusement un commençant ambulant de vêtements de seconde main.

<>Réseaux sociaux

Toujours dans les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrant des militants déchaînés du MRC se sont révélées être des «Fakes News» grossièrement orchestrées par des ingénieurs . artisanaux de cette formation politique. Au siège du Cameroun people’s party, faction Kah Walla, pas l’ombre d’un militant protestataire. Les alliés du MRC, autrefois très actifs, sont restés étrangement muets et terrés.

Toutefois, on note la présence de quelques forces de l’ordre positionnées dans des points stratégiques de la capitale économique: Bonassama, Ndokoti, Dakar, New-Bell, Etc. Des éléments de la gendarmerie nationale et du groupement mobile d’intervention n°2 (GMI) ont été positionnées à dessein. Une mobilisation néanmoins moins importante que celle du 22 septembre 2020.

A la suite des opérations de maintien de l’ordre lancées pour barrer la route à ce projet insurrectionnel, un certain nombre d’arrestations ont été effectuées. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, lors de son point de presse du 25 septembre à Yaoundé, annonçait que des personnes arrêtées dont l’implication dans le projet insurrectionnel a été jugé dérisoire avaient été relâchées. D’autres le seront le cas échéant, au fur et à mesure de l’évolution de l’enquête judiciaire. Plusieurs meneurs et organisateurs de cette aventure insurrectionnelle ont également été arrêtés et répondront de leurs actes devant la justice. D’autres sont activement recherchés par les services de sécurité aux mêmes fins.

Arrestations

Les sanctions prévues par la législation ont été rappelées par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, lors d’un point de presse le 7 septembre 2020.’ Notamment la loi du 12 juillet 2016, portant code pénal qui traite spécifiquement le sujet de sécession et ainsi que celui de la révolution. L’article 111 stipule qu’«est puni d’emprisonnement à vie celui qui, en temps de paix, entreprend par quelque moyen que ce soit de porter atteinte à l’intégrité du territoire» et l’article 114 rappelle que «Est puni de l’emprisonnement à vie celui qui tente par la violence soit de modifier les lois constitutionnelles, soit de renverser les autorités politiques instituées par lesdites lois ou de les mettre dans l’impossibilité d’exercer leurs pouvoirs».

Le 24 août dernier, Maurice Kamto appelait les Camerounais à descendre dans les rues au cas où les préalables qu’il posait venaient à ne pas être remplis. «J’annonce que toute convocation du corps électoral par le gouvernement illégal et illégitime de Yaoundé, avant la prise en compte et une mise en application effective des deux exigences rappelées ci-dessus (Résolution de la crise anglophone et révision du code électoral), emportera automatiquement lancement d’une gigantesque campagne nationale d’appel au départ pur et simple de M. Paul Biya du pouvoir, sans qu’il y ait besoin d’attendre une nouvelle communication à cet égard », déclare le candidat classé deuxième à la présidentielle du 7 octobre 2018. Malheureusement pour lui, «Le mouvement insurrectionnel lancé par son petit parti politique, le MRC, le 22 septembre 2020, dans le but affirmé de renverser les institutions de la République, s’était soldé par un échec cuisant.

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