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xxxxxxxxxxx of Wednesday, 3 February 2021

Source: actucameroun.com

Désarmement et démobilisation: la réintégration à rude épreuve

Le mouvement d’humeur que les ex-combattants sécessionnistes ont manifesté à Buea avant-hier est une manipulation selon la version officielle, mais la grogne est une indication que le succès de cette opération est très problématique.

La raison sociale des centres de désarmement, de démobilisation et de réinsertion que le président Biya crée le 30 novembre 2018 est d’offrir aux ex-combattants repentis de la crise anglophone et de la secte islamiste Boko Haram une issue de sortie et un retour à la vie civile normale. Pour y parvenir, ces jeunes doivent bénéficier dans ces centres où ils sont accueillis des formations qui leur permettent désormais de s’adonner aux petits métiers en se prenant individuellement en charge ou en s’insérant dans le tissus social comme ouvrier qualifié qu’il est devenu au terme de sa formation.

Il leur avait été promis notamment des appuis financiers pour se réinsérer. Ils sont quelques six cent jeunes répartis dans les centres spécialisés de Buea (Sud-ouest), Bamenda (Nord-ouest) et Mora(Extrême-Nord), selon les chiffres rendus publics en janvier dernier par le Coordonnateur du Comité national de Désarmement, de démobilisation et de réinsertion (Cnddr), Francis Faï Yengo. Au menu de leur formation dans les centres, on peut compter les métiers agropastoraux, la couture le commerce, l’informatique, la menuiserie…

Plus de deux ans après le début de l’opération, les choses se déroulent passablement dans l’Extrême nord. Des dizaines de jeunes pensionnaires ont déjà retrouvé la vie normale dans leurs familles ou simplement en société où ils mènent des activités génératrices de revenu. Des sources sur place dans des villages de l’Extrême nord, reconnaissent avoir déjà rencontré des pensionnaires des Cnddr en actions. Parce que tout cela se passe dans un environnement où les repentis peuvent sereinement se livrer à leurs activités, sans gravement s’exposer aux terroristes de Boko Haram dont la présence dans la région se résume de plus en plus à quelques incursions nocturnes.

Mais dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, la réinsertion ne se fait pas dans les mêmes conditions. Les grévistes de Buea se plaignaient des conditions de formations et de vie, de l’incertitude quant à leur avenir et celle de leurs familles. Joint par un confrère, le chef du centre de Buea, Bernard Ndode Mesape, a reconnu qu’il y a problème, en indiquant que des mesures sont en train d’être prises «pour permettre aux

pensionnaires du Centre d’avoir la même prise en charge que ceux des deux autres centres installés respectivement à Bamenda dans le Nord-ouest et à Mora dans l’Extrême-nord». Dans la réalité, les pensionnaires des centres de DDR dans les Nord-ouest et le Sud-ouest redoutent de rentrer dans les localités où ils vivaient afin de reprendre une vie normale avec les leurs. D’abord parce que l’insécurité ambiante ne leur permet pas de s’adonner sereinement à une activité.

Ensuite parce qu’ils demeurent dans le collimateur des séparatistes omniprésents qui les considèrent toujours comme des traîtres dont le seul sort est la mort. Et pour ceux qui sont encore dans le maquis, du traitement des premiers repentis dépendra la décision des prochains «clients» de déposer les armes.

Une source proche du CNDDR continue de soutenir malgré tout que le mouvement d’humeur de Buea manipulation.

« Pourquoi il n’y a que ceux du DDR de Buea qui se plaignent alors qu’il y a deux autres centres à Bamenda au Nord-ouest , et à Meri à l’extrême-nord ? Il est question de faire d’abord des investissements dans les trois centres de Buea, Bamenda et Meri pour des formations en vue de préparer par la suite leur autonomisation dans divers segments de la vie active. Contrairement à ce que certains, d’entre eux ont déclaré, le centre DDR de Buea a trois repas par jour. Donc, il y a une manipulation manifeste de ceux qui se sont exprimés. . , Ceux-ci sont instrumentalisés par des roseaux tapis dans l’ombre».

Et la source de poursuivre : Il ne faudrait pas perdre de vue que le remaniement ministériel est annoncé après le CHAN, qu’il y en a qui ne veulent pas que la guerre cesse puisqu’ils tirent profit de i’écorion.ie de guerre et le programme DDR va certainement contrarier leur business permanent. Ceux de Buea veulent être recrutés dans les grandes entreprises comme la Sonara et la CDC, alors qu’ils ont un niveau du primaire. Il est question de les former dans des métiers qui passent par un apprentissage puis les réintégrer».

Il demeure qu’en appliquant la même formule de DDR dans les régions anglophones (Nord-ouest et Sud-ouest) et de l’Extrême nord, le régime de Yaoundé veut volontairement confondre la guerre dans les deux régions du pays. Une politique de l’autruche.

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