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General News of Wednesday, 24 June 2020

Source: 237online.com

Dépigmentation: Douala décroche la médaille d’or


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La présidente de la Société camerounaise de dermatologie (Socaderm), Cécile Zoung Kanyi Bisseck, avoue que : 27,8 % de la population de la deuxième v ille du pays est concerné, Suivent dans l’ordre, les villes de Kumba (Sud-ouest) dont 24,1% de la population s’éclaircit la peau, Yaoundé, la capitale, 19,6% d’adeptes du «Ndjansang», Kribi (Sud) 11,1% et Bagangté (Ouest) 10,3%.

La dépigmentation de la peau a tendance à se généraliser au Cameroun où, dans presque toutes les villes du pays ainsi que dans les campagnes, beaucoup de femmes et d’hommes se sont lancés à fond dans la quête du teint clair. Au grand dam des dermatologues qui ont initié une campagne de sensibilisation pour alerter sur cette perte d’identité et ses dangereuses conséquences sanitaires. A en croire le Société camerounaise de dermatologie (Socaderm), c’est à Douala où l’on rencontre le plus de pratiquants de la dépigmentation de la peau, « Ndjansang » en parler local. 27,8 % de la population de la deuxième ville du pays est concerné, selon Socaderm dont l’étude a été faite à partir d’un échantillon de 10.000 hommes et femmes âgés entre 15 et 50 ans. Suivent dans l’ordre, les villes de Kumba (Sud-ouest) dont 24,1% de la population s’éclaircit la peau, Yaoundé, la capitale, 19,6% d’adeptes du «Ndjansang», Kribi (Sud) 11,1% et Bangangté (Ouest) 10,3% de candidats à la dépigmentation de la peau. Plusieurs raisons semblent justifier, selon les enquêtées, le recours aux pratiques de la dépigmentation volontaire de la peau, dont les plus connues sont, entre autres : l’imitation par conformisme ou suivisme.

Pour le sociologue Joseph Biolo, « l’imitation consiste à recourir à cette pratique pour s’apparenter à leurs proches ou autres personnes de leur entourage possédant une peau claire en ce sens que, après avoir vu la couleur claire de certaines, elles veulent leur ressembler », explique-t-il. « On veut imiter les amies qui exhibent leur corps en portant des petites tenues pour faire ressortir leur teint clair dans le but d’être appréciées par les autres », avoue Nathalie Femné. Pour certaines on s’y adonne parce qu’«on veut imiter les blancs ». Par ailleurs, certaines filles se dépigmentent la peau juste parce qu’elles en ont envie. Ainsi, se dépigmenter la peau, « C’est changer volontairement sa peau, nettoyer la peau en la rendant claire par les produits décapants ».

Les pratiques de la dépigmentation volontaire de la peau sont liées, dans certains cas, à ces croyances qui l’entourent. Ainsi, il apparaît qu’elles sont encouragées par l’idée de l’attirance de la femme claire pour les hommes. Comme l’explique une participante que les femmes ont recours à la dépigmentation volontaire de la peau pour « passer sur le marché et séduire les hommes ». Il y a aussi l’influence des considérations qui entourent la peau noire, notamment en contexte des tractations matrimoniales dans certaines régions du Cameroun. Une autre argue que la dot se fait en fonction de la couleur de peau, celle des femmes claires de peau est élevée. Ceci laisse transparaître que les femmes claires de peau pourraient avoir plus de valeur que les femmes qui ont un teint noir. Cette discrimination peut entraîner le recours à la dépigmentation volontaire de la peau par les femmes qui ont un teint noir afin de se valoriser.

Conséquences corporelles sociales

Par ailleurs, une fois mariées, la pression du conjoint pousse les femmes à s’éclaircir la peau. « Certains hommes achètent les produits éclaircissants pour donner à leur femme » ; « les hommes draguent plus les filles brunes parce que c’est le teint de l’heure ». Le « teint de l’heure » fait référence à la peau claire qui semble être la plus convoitée par les hommes. Le recours à la dépigmentation volontaire de la peau ne se limite pas à la séduction de la gente masculine. Dans une certaine mesure, les « médias, internet, la diffusion des séries télévisées des blancs en Afrique et les magazines de mode » influencent les femmes.

La publicité à travers les femmes claires de peau, aguichantes, présente les produits cosmétiques dépigmentants et pousse les femmes à acheter ces produits pour avoir un teint clair et lumineux. Nous avons isolé les conséquences corporelles et les conséquences sociales. Les conséquences corporelles sont entre autres : la fragilisation de la peau, l’apparition des vergetures, le développement du cancer de la peau. « Il y a les brûlures de la peau, qui laissent les cicatrices sur le corps, l’apparition de vergetures sur tout le corps. Les parties de la peau exposées au soleil sont noires ; l’amincissement et la fragilisation de la peau interdisent toute opération chirurgicale.

Certaines femmes vieillissent précocement ; la peau est ridée, on devient comme une grand-mère », explique la dermatologue. Par ailleurs, les femmes qui s’éclaircissent la peau ont une forte odeur corporelle « La peau sent mauvais surtout quand il fait chaud, c’est insupportable comme le poisson pourri ». S’agissant des conséquences sociales, ce sont entre autres les railleries, et les stigmatisations à travers un certain nombre d’étiquettes comme « face Fanta-pied coca », « tôlerie », « panthère », « taxi jaune » qu’on colle aux femmes qui font usage des produits éclaircissants. Lorsqu’elle n’est pas uniforme, le maquillage peut donner à la peau l’aspect d’une « peau de tigre ou de panthère », avec un visage clair et des pieds noirs par exemple qu’on appelle au Cameroun.

Sur le plan de la santé

Sur le plan de la santé, certains chercheurs estiment que la pratique de la dépigmentation volontaire de la peau entraîne des complications dermatolo-
giques. Certains indiquent que 60 % à 70 % des utilisatrices présentent des problèmes de peau. D’autres, par contre, pensent que les dermocorticoïdes peuvent engendrer l’insuffisance surrénalienne aiguë constatée en cas d’arrêt brusque de la pratique et un freinage de la sécrétion endogène du cortisol au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire. Par ailleurs, cette pratique est un facteur de risque de l’hypertension artérielle et du diabète et aussi d’un petit poids des bébés à la naissance. Il est à noter que, la dépigmentation volontaire n’est plus l’affaire exclusive des femmes, car les hommes y ont recours également pour éclaircir leur peau.

On doit éduquer les jeunes à l’école sur les conséquences de l’éclaircissement de la peau par le moyen des enseignements. Au même titre qu’on le fait avec les modes de transmissions du sida et bien d’autres maladies parce que l’éclaircissement de la peau est devenu un fléau social. « Pour éviter les problèmes de peau j’utilise le beurre de karité… je ne voudrais pas qu’un lait de toilette change ma peau parce que, parfois le lait contient l’hydroquinone, mais n’est pas mentionné sur le flacon ». Les médias doivent sensibiliser les femmes à travers les publicités qui montrent les conséquences du décapage. Les tables rondes télévisées pour discuter et informer la population… Le ministre de la Communication doit interdire les publicités des produits éclaircissants… en autorisant uniquement la diffusion des produits cosmétiques sains ou naturels.

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