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General News of Thursday, 9 April 2020

Source: 237online.com

Défaillance de Biya : les ministres Manaouda et Tchuinte s'embrouillent [COVID-19]

Au moment où le Cameroun vient de prendre officiellement position pour le traitement des patients positifs du Covid-19 avec la chloroquine, le ministre de la Santé publique, préfère refiler le « beau bébé » au ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation, dépourvu à son tour, des moyens financiers pour acheter les intrants.

Crise sanitaire du Covid-19. De qui se moque-t-on? Après de nombreuses hésitations et errements, alors que les chiffres des patients positifs du Covid-19 ne font que grimper, le Cameroun, qui craint de ramasser les morts à la pelle, vient enfin de décider d’officialiser le traitement du coronavirus avec la chloroquine. Cette information transparaît dans une correspondance du ministère de la santé publique, signée le 06 avril 2020 de Manaouda Malachie, et adressée à sa collègue, membre du gouvernement, Madeleine Tchuinte, ministre de la recherche scientifique et de l’innovation.

Fait curieux, moins de 24 heures après, cette correspondance a, hier 07 avril, inondé la toile les chaumières et les points chauds hier. Manaouda Malachie qui parle de la production de la chloroquine par les services compétents du Minresi, fait savoir que les médecins se sont décidés d’associer la chloroquine dans le traitement du Covid-19. Il écrit. « Dans le cadre de l’implémentation du plan de riposte de notre pays contre le coronavirus (Covid-19) et conformément aux termes de votre exposé au cours du conseil de cabinet du mois dernier, relativement à la possibilité de production de la chloroquine par vos services techniques compétents. J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’en ce moment, le protocole de soin mis en place par les cliniciens dans le cadre du traitement des patients positifs du Covid-19 est construit autour de la chloroquine ».

Absence de coordination stratégique du gouvernement
Poursuivant dans la même veine, le Minsante avoue que, le « produit ayant été retiré de notre marché depuis quelques années, les unités de prise en charge des malades Covid-19 se trouvent actuellement en rupture dudit produit ». Difficile de comprendre comment pour un sujet aussi grave, pour une crise sanitaire du Covid-19 qui frappe de plein fouet le monde entier, affaibli, affecte et foudroie la santé publique et les vies des camerounais, que le Ministre choisisse la démarche très peu offensive et moins efficace d’une correspondance qui s’est rapidement retrouvée en circulation sur la toile. «Aussi voudrais-je, au cas où vous aurez des intrants nécessaires disponibles, vous demander de bien vouloir lancer dès ce jour, sous la surveillance qualité des laboratoires agréés, la production dudit médicament », souligne la correspondance de Manaouda Malachie. C’est à ce niveau que l’on note le manque de cohérence, de cohésion et l’absence de coordination stratégique du gouvernement de Joseph Dion Ngute dans la bataille contre le Covid-19. Qu’est ce qui peut expliquer le choix d’une simple correspondance d’un ministre à un autre? L’exposé de Madeleine Tchuinte sur la capacité de son département ministériel à fabriquer la chloroquine ayant été fait à la faveur d’un conseil de cabinet, n’était-il pas stratégique et opérant que ce soit le Premier ministre qui monte au créneau? Joseph Dion Ngute est celui qui au nom du président de la République Paul Biya, coordonne l’action de lutte contre la pandémie du Covid-19 au Cameroun. Pourquoi, pour une crise sanitaire aussi grave, n’a-t-il pas pris sur lui de réunir les deux ministres à l’effet d’envisager l’option de fabrication et de ravitaillement rapide des unités de prise en charge des malades Covid-19, si tant est que, comme l’affirme le Minsanté, la pénurie se fait ressentir?

Controverse autour des financements
Au ministère de la Recherche scienti-
fique et de l’innovation, si la correspondance est arrivée selon des sources internes, il se pose un problème des moyens financiers pour acheter les
intrants. Le ministre Manaouda Malachie qui a balancé la lettre au Minresi, ne donne pas les moyens conséquents alors que c’est lui qui gère le fonds de solidarité crée par le président de la République Paul Biya. Mais il signale lui-même la rupture de stock de chloroquine. En fin de semaine dernière, alors que le Minresi faisait le tour de ses installations techniques, on a bien suivi qu’il y avait une absence des moyens matériels et financiers. Le ministre Manaouda Malachie demande-t-il de fabriquer la chloroquine sans intrants, ni argent? Le Minresi a présenté deux « Robots » en capacité de faire l’affaire. Pourquoi le gouvernement traîne-t-il à prendre les bonnes décisions et en urgence alors que le Covid-19 fait des enjambées démoniaques et macabres? Dans des pays comme le Burkina Faso, des fonds sont débloqués en urgences et les commandes des intrants passées en Chine. Le Cameroun attend.

« Mes services techniques compétents, notamment la direction de la pharmacie, du laboratoire et des médicaments se tiennent à votre disposition pour tout accompagnement ». De quel accompagnement parle Manaouda Malachie si des dispositions ne sont pas engagées pour le déblocage de l’argent nécessaire? Si demain se ressent la pression du manque de la chloroquine, qui payera la note? Au lieu de laisser se dessiner la tragédie du soupçon et du bouc émissaire, le chef du gouvernement doit prendre ses responsabilités. Sauf à penser que Joseph Dion Ngute veut laisser le Ministre de la santé publique et sa collègue de la recherche scientifique et de l’innovation, se confiner dans une espèce de ping-pong ou à un échange épistolaire des correspondances. Tout ça pour une simple opération du financement des intrants nécessaires dans la fabrication de la chloroquine. Hélas.

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