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General News of Wednesday, 12 August 2020

Source: 24cameroun.com

Décapitation d'une femme à Mayuka: Me Christian Bomo lance un appel aux Camerounais

L’avocat au barreau du Cameroun et acteur majeur de la société civile critique, estime que le meurtre d’une jeune dame ce mardi 11 août 2020 est un acte de trop. Pour cette raison, il appelle à une indignation générale, le 20 août 2020. Ici son texte :

Il y a quelques semaines, les États-Unis ont se sont arrêtés, le peuple s’est LEVÉ comme jamais auparavant : un acte d’horreur d’une indescriptible cruauté a été COMMIS sur leur territoire.

Un policier venait d’étouffer à mort un citoyen américain à l’aide de son genou, posé huit minutes sur son cou. C’est l’affaire George Floyd. Cette levée populaire suivie d’interminables manifestations spontanées posaient le problème du respect de la vie humaine. Ce d’autant plus que la victime était d’une communauté martyrisée comme celle des femmes. Il était noir.

Au Cameroun, une jeune fille ligotée, les bras sur le dos, vient d’être décapitée à la machette, le corps ensanglanté, traîné au sol. Une image qui vient s’ajouter à celle d’une autre jeune fille, quelques jours plus tôt, qui a été retrouvée la tête tranchée après qu’une vidéo d’elle se trémoussant dans une buvette, a été vue sur les réseaux sociaux.

Il y a des mois, c’est le corps découpé d’une autre femme Florence Ayafor qui, après avoir été violée à l’aide d’objets et morceaux de bois, sera traînée dans la rue. Avec l’apparition des images de cette jeune fille, hier, on serait attendu à une levée d’indignation des Camerounais, non pas pour des motivations politiques, mais pour manifester notre humanité.

En lieu et place quelques, on y aperçoit quelques timides condamnations sur les réseaux sociaux, plus grave,, la mort de cette jeune dame devient un instrument de justification politique de l’option de guerre qui a montré ses limites par les soutiens du régime.

Peuple Camerounais, mieux hommes et femmes du Cameroun, où est notre humanité ? Ne pouvons-nous pas nous lever, sans considération politique ou partisane, pour demander des comptes au pouvoir de Yaoundé sur sa gestion de la crise anglophone à l’origine de cette guerre et ces crimes odieux ?

Car c’est bien celui qui gère un pays qui est responsable de ce qui s’y passe. C’est au régime Biya de donner des explications au peuple souverain. Aux États-Unis, c’est Donald Trump et son gouvernement qui ont été interpellés par le peuple sur la mort de George Floyd alors qu’il s’agissait d’un acte posé par un policier anonyme.

Trump n’a pas dit que c’est la faute aux policiers comme serait tenté de dire ces thuriféraires du régime en renvoyant la faute aux sécessionnistes. Camerounais, Camerounaises, ces scènes macabres quotidiennes dans les régions du Noso ne doivent pas nous laisser insensibles et indifférents à ce point. Nous sommes à la limite inhumaine et égoïste. Ce qui se passe dans le NoSo, en réalité ne nous préoccupe pratiquement pas et ne nous émeut pas plus que ça.

Si tel n’était pas le cas, nous nous serions levés depuis, pour exiger du régime Biya de tout mettre en œuvre pour stopper cette guerre. Ces images qui circulent, sans éveil citoyen, participent à la banalisation de la mort et toutes sortes de traitements inhumains et dégradants dans la conscience collective et surtout de nos enfants.

Si nous ne nous levons pour leur dire et montrer que ce qui se passe sans le Noso, est inadmissible et intolérable dans notre pays, soyons-en sûrs, nous sommes en train de fabriquer aussi les monstres de demain. Notre atonie face à ces cruautés contribue à la banalisation de la vie et du genre de mort au Cameroun.

C’est pourquoi, au-delà de nos chapelles politiques, levons-nous ! Frères et sœurs du Cameroun de l’intérieur et de la diaspora. Sortons pacifiquement comme dans les rues le 20 août 2020 pour demander une médiation internationale africaine pour la guerre dans le NoSo et la création d’un tribunal spécial pour rechercher et juger les auteurs de crime commis au cours de cette guerre.

Christian Ntimbane Bomo

Société Civile Critique

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