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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 8 June 2021

Source: L'Oeil du Sahel n°1518

Déboires du chômage des jeunes : le tourisme s3xuel se porte bien à Adamaoua

C’est une pratique qui tend à dresser son lit au sein de la jeunesse et de la population de la région de l’Adamaoua. Les preuves sont à fouiller dans les abords des différents sites touristiques qui ceinturent la région : le lac Mbalang, la chute de Bini, le Ranch de Ngaoundaba, le lac Tison entre autres.

Ce dernier, vieux de plus de 120 ans n’avait jamais réussi à attirer l’attention du gouvernement malgré son âge, mais ce 02 juin 2021, ce site touristique a reçu la visite de Bello Bouba Maïgari, ministre du Tourisme et des Loisirs pour la célébration de la journée mondiale pour un tourisme responsable. Le thème de la 15e édition condamne « la pratique irresponsable et incontrôlée » de l’activité touristique : « Non au tourisme sexuel, un crime sans frontière ».

Le tourisme sexuel revêt diverses formes. Il désigne la prostitution consommée par les touristes, mais également , d’autres types de relations sexuelles existant dans les lieux touristiques.

Dans la ville de Ngaoundéré, le tourisme sexuel est à la l’image de la prostitution qui consiste à vendre librement le sexe. Les clichés de ce marchandage du corps humain sont à retrouver dans les quartiers chauds de la cité capitale de l’Adamaoua. La notion de territoire est même ancrée entre les prostitués et induit la territorialisation du lieu de travail o® de couloir de travail. C’est ainsi qu’on distingue le Couloir Destin, Couloir Baladji 1, Couloir Carrefour Gabriel, Couloir Amour climatique, Couloir Joli, Couloir Philadelphie, etc., qui sont des postes de travail dont le nom se réfère à des snacks.

Les prostitués dont les dénominations varient, vendent leurs corps et ou leurs compagnies aux touristes de passage, selon leurs sexes, et leurs âges. Dans les boîtes de nuit, il existe parfois des prostitués masculins appelés gigolos, ou parfois simplement des dragueurs. Les populations locales adeptes de ces pratiques trouvent ainsi des moyens de contribuer à leur subsistance. C’est un phénomène qui se modernise et se pratique via les réseaux sociaux. Des rendez-vous calés d’avances par des voyageurs pour l’arrêt- prévu pour quelques heures ou jours. Les prix varient selon les termes d’arrangement. 1000 FCfa, voire plus, ça vaut le coût.

Aussi, il n’est pas exclu de trouver des démarcheurs, garçons comme filles, se présenter avec une «partenaire» fictive à une chambre d’hôtel, résultat d’un arrangement ou non. «Un jour, lorsque je suis nouvellement arrivé à Ngaoundéré, un petit était venu accompagner d’une fille avec qui il avait déjà arrangé pour moi sans m’informer. On est entré dans la voiture, le gars est descendu avant la destination et la fille est restée dans la voiture. Quand je pose la question à la fille pour lui demander là où j’allais la déposer, à la destination, me répond-t-elle. Je me suis rappelé de ce que j’ai dit à ce petit avant mon arrivé», a témoigné un homme.

Les déboires du chômage jeune

Si la pratique est très répandue et connue par plusieurs habitants, c’est parce que ce n’est plus un secret puisque les lieux sont bien identifiés et identifiables par tous ceux qui s’y intéressent. «Il y a des gens qui viennent de loin et repèrent ces endroits pour se faire du plaisir. Il s’agit des voyageurs, les chauffeurs de camions, les touristes», témoigne un habitant du quartier Joli Soir, qui est déjà habitué à ces genres de pratiques.

«Les filles musulmanes sont distinguées des chrétiennes par leurs habillement. Il parait qu’elles ont une force que certains maîtrisent, car il y a des préférences et cela crée des problèmes», ajoute-t-il, non sans évoquer «les cas de voyages pour le sexe». Le voyage pour le sexe se rapproche fort opportunément du tourisme sexuel, dans la mesure où le désir de faire de nouvelles découvertes s’accompagne par des pratiques sexuelles susceptibles de «porter atteinte à l’éthique et aux bonnes moeurs».

«Le tourisme sexuel est très récurrent dans la société. Cela est dû au fait qu’il y a déjà trop de misère et ça fait que la cible ce sont les jeunes. Les jeunes se lancent dans la sexualité non contrôlée afin de pouvoir subvenir à leur besoin, aux besoins familiaux», confie Isaac Amor, président du Syndicat patronal de des industries de l’hôtellerie et du tourisme (Spiht), tout en tentant de prodiguer quelques recommandations dans le but de. pallier ce problème : «pour y remédier, Il faudrait que l’Etat, y compris les collectivités territoriales décentralisées puissent s’imprégner en créant des emplois pour permettre à ceux-là à avoir un revenu à la fin du mois».

Pique-nique sexuel

Sur place au lac Tison le 02 juin dernier, des discussions éventrant la face les manœuvres qui se cachent derrière les sorties entre camarades ou amis. «Les gens s’invitent et font leur love story en plein air», lançait un jeune, qui n’a pas manqué de préciser qu’«une tente est aménagée quelque part dans la brousse des abords du lac Tison» pour les amoureux.

«Depuis longtemps, on a oublié ce lac, mais cette année on vient célébrer la journée mondiale pour un tourisme responsable sur un thème qui condamne les pratiques ayant cours dans les alentours, ce n’est pas anodin, l’Etat est certainement au courant de ces pratiques qui se passent ici et un peu partout à travers la région», pense Abdou Moussa, non sans saluer la pertinence de ce thème qui «pourra enfin réduire ce phénomène » tout en laissant place aux bonnes pratiques du tourisme responsable et respectueux.

«Il était vraiment temps de dire non au tourisme sexuel, je salue le fait que cette édition soit célébrée dans notre région qui n’est pas exempte des pratiques peu recommandables», ajoute-t-il.

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