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General News of Wednesday, 30 September 2020

Source: www.camerounweb.com

Curiosité: pourquoi le régime Biya laisse Kamto et s'attaque à ses collaborateurs ?

Le domicile du leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) fait l'objet d'une surveillance pas comme les autres depuis plus d'une semaine alors que les cadres de son parti sont sous les verrous. Malgré la décision des autorités camerounaises d’arrêter tous les instigateurs de la marche du 22 septembre 2020, Maurice Kamto n’a pas été interpellé.

Le pouvoir de Yaoundé a décidé d'étouffer dans l'œuf les manifestations lancées par le Prof Maurice Kamto et ses alliés en vue d'obtenir le départ du président de la République Paul Biya du pouvoir. La journée de mardi 22 septembre 2020 a été marquée par des heurts entre manifestants et agents des forces de l'ordre dans plusieurs villes du Cameroun avec en toile de fond des blessés graves et l'arrestation de plus de 600 militants et sympathisants du MRC.

Parmi les personnes interpellées figurent de hauts cadres du parti de Maurice Kamto dont son porte-parole Olivier Bibou Nissack, le trésorier général le Prof Alain Fogué et Maître Kengne Jean Jacques, avocat à Bafoussam.

De cette situation découle une seule interrogation : Pourquoi le gouvernement laisse Maurice Kamto pour s'attaquer à tous ses collaborateurs? S'agit-il d'une stratégie visant à isoler le principal opposant au régime de Paul Biya ? Une véritable curiosité !

Arrestation et torture des cadres du MRC

Si pour l'heure les nouvelles du Prof Alain Fogué se font rares, l'on apprend qu’Olivier Bibou Nissack est sérieusement torturé dans les locaux du Secrétariat d’ Etat à la Défense. Selon le lanceur Boris Bertolt, qui a relayé l'information, le porte-parole de Maurice Kamto "a été enlevé de la police judiciaire par des gendarmes pour le SED. Des policiers n’ont pas caché leur inquiétude et ont lancé: “ ça sent pas bon”. Car il s’agit d’une prison militaire".

Suite à la pression du barreau de Cameroun et du "Collectif d’avocats Me Sylvain Souop’’ Maître Kengne Jean Jacques, avocat à Bafoussam, a été libéré après son interpellation par le chef de Bureau des enquêtes criminelles du Groupement de gendarmerie de Bafoussam.

Selon Maître Emmanuel Simh, l’avocat du MRC, d’autres leaders sont dans le maquis comme Albert Nzongang, le conseiller spécial de Maurice Kamto, Jean-Pierre Boutché, secrétaire régional du parti pour l’Extrême Nord ou encore André Tassa pour l’Ouest.

Même son de cloche pour la départementale du MRC dans le Dja et Lobo où Maman Thérèse Assomo Ondoua allias "Mama pilon a perdu connaissance et est dans une situation inquiétante" après avoir été arrêté et humiliée à Sangmelima par les forces de sécurité à la suite des marches du 22 septembre 2020.

Il faut souligner que l’essentiel des bavures policières dans le cadre de cette marche ont été enregistrées dans la région du Littoral où environ 383 personnes y ont été embarquées de force par les éléments de la force de l’ordre. 04 blessés graves ont été signalés, dont deux tirés aux balles en caoutchouc. Des scènes de torture dégradantes et effroyables ont été observées à la Direction régionale de la police judiciaire de Douala.

Dans la région du Centre, au total 141 manifestants ont été interpellés ; dont 61 le 22 septembre et 80 environ nuitamment près de la résidence de Maurice Kamto. 08 autres l’ont été dans la commune de Mfou; ces derniers subissent les pires atrocités dans les unités de Police, à l’instar du Commissariat Central No 1 tenu par le Commissaire MEDOU. Pour ce qui est des blessés de cette manifestation, les indiscrétions font état de plus d’une cinquantaine identifiée avant et pendant la marche. Près centaine de personnes seraient violentées nuitamment et non encore comptabilisées.

Dans les autres régions du pays, quelque 64 manifestants ont été arrêtés manu militari dans la région de l’Ouest, principalement dans les villes de Bandjoun, Baham, Bafoussam et Dschang et Bafang. Dans certaines villes (Bafang), les populations ont subi des injections, probablement nocives par les hommes en tenue. Plusieurs civils ont été tués dans le Nord-ouest selon certaines sources.

Traitement spécial pour Maurice Kamto

Le gouvernement camerounais, par la voix du ministre de la communication Emmanuel René Sadi, a rétorqué dans un communiqué que « certains organisateurs de cette aventure insurrectionnelle répondront de leurs actes devant la justice. La situation du leader du MRC fait l'objet d'un examen attentif par les instances judiciaires compétentes (…) tout comme celle du parti MRC (…) par le Ministère de l'Administration Territoriale »
Toujours assigné à domicile avec la présence de plus d'une centaine d'agents des forces de l'ordre, le Prof Maurice Kamto a réagi dans une vidéo diffusée chez nos confrères d'Equinoxe Tv dans la soirée de 28 septembre 2020. Il déclare que ses proches et lui sont faits « prisonniers » dans leur domicile dans des conditions inhumaines avec risque de décès.
"Aucun acte ne nous a été signifié, nous ne savons pas ce qu’on nous reproche, pourquoi nous sommes ainsi séquestrés. Il me semble qu’il est temps que chacun puisse prendre ses responsabilités » a-t-il fait remarquer.

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