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General News of Monday, 28 September 2020

Source: cameroonvoice.com

Crises et répression: Christopher Fomunyoh auditionné au Congrès USA

Au lendemain des atrocités perpétrées le 22 septembre 2020 par les forces pro-Biya sur des manifestants pacifiques, le Dr. Christopher Fomunyoh sera auditionné mercredi par le Congrès des Etats-Unis d’Amérique.

La séquestration, l’emprisonnement arbitraire de manifestants et leaders politiques ainsi que leur torture, seront au menu des explications que fournira au Congrès américain le 30 septembre 2020, à partir de 10 heures, l’intellectuel camerounais Dr. Christopher Fomunyoh, par ailleurs Directeur régional pour l’Afrique au National Democratic Institute for International Affairs

La nouvelle est du Département d’Etat américain (ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis d’Amérique) qui a annoncé avant-hier le passage mercredi prochain du Dr Christopher Fomunyoh devant les membres de la chambre des représentants.

A en croire nos confrères du journal en ligne Cameroun 24 qui relaie la nouvelle, le Département d’Etat américain -qui ne fait pas dans la langue de bois- a fait savoir que le Dr. Christopher Fomunyoh parlera au Congrès des atrocités en cours au Cameroun. Un pays où les populations meurent par dizaines de milliers des affrontements entre les forces armées gouvernementales et les groupes d’autodéfense créés par de jeunes anglophones pour défendre les populations contre les exactions des militaires, gendarmes et policiers envoyés dans les régions anglophones pour réprimer les revendications des avocats, enseignants et étudiants d’expression anglaise. Des affrontements qui, il faut le déplorer, ont pris depuis, les allures d’une guerre de sécession, de nombreux leaders anglophones estimant qu’il n’est plus possible de continuer de vivre dans un Cameroun où ils sont considérés comme de simples invités et non des citoyens à part entière, ce après que le président Biya eut déclaré la guerre à de soi-disant “terroristes”… anglophones.

En perspective, qui plus est en raison des qualités d’homme avisé de l’invité du Congrès US, l’on pourra assister à une charge supplémentaire contre les autorités camerounaises qui ont déjà très mauvaise presse. On se souvient que le congrès américain a récemment proféré des menaces à l’encontre du gouvernement camerounais et des séparatistes, brandissant d’éventuelles sanctions ciblées.

La charge pourrait être d’autant plus lourde contre le régime compte de la répression féroce qui s’est abattue le 22 septembre 2020 sur les Camerounais ayant manifesté publiquement à l’appel de l’homme politique Maurice Kamto pour demander la démission du président à qui ils reprochaient d’avoir convoqué le corps électoral pour les élections régionales avant d’avoir résolu la crise anglophone et avant d’avoir révisé le code électoral qui est considéré par l’opposition comme uniquement favorable au parti au pouvoir.

Il faut dire que tous les défenseurs des Droits de l’Homme au Cameroun et dans le monde, notamment des avocats internationaux comme Me Robert Amsterdam du Cabinet d’avocats canadien Amsterdam & Partners LLP, se sont sentis heurtés par le procédé barbare dont ont fait usage les forces armées et la police du régime pour réprimer les manifestants pacifiques dont des centaines sont encore détenus dans les cellules des commissariats de police et brigades de gendarmerie.

Et comme si cela ne suffisait pas, le régime, par la voix de son ministre de la Communication, René Sadi, a annoncé vendredi, l’arrestation imminente du Professeur Maurice Kamto, vainqueur présumé de l’élection présidentielle d’octobre 2018 dont la victoire aurait été détournée au profit de Paul Biya. Kamto est assiégé à son domicile par des éléments des forces dites de l’ordre, qui l’ont de fait assigné à résidence surveillée, l’empêchant de prendre part aux marches pacifiques du 22 septembre auxquelles il avait appelé. Il sera arrêté et présenté devant un juge pour avoir appelé à l’insurrection aux fins de renversement des autorités et des institutions a alludé Sadi. Dans la même veine de l’intimidation, ce ministre annonçait lors de son point de presse une possibilité que le parti de Maurice Kamto, le MRC -dont certains dirigeants et militants ont été arrêtés (Alain Fogue, Bibou Nissack…) tandis que d’autres sont toujours recherchés (Albert Dzongang, Fotsing Nzodjou…)- par la police, soit purement et simplement dissous.

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