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General News of Friday, 29 January 2021

Source: Actu Cameroun

Crise : le roi Jean Rameau Sokoudjou au coeur d’un levée de boucliers

Paul Atanga Nji, au cours d’une réunion, a critiqué les envies de ceux qui avaient osé écrire au Président de la République pour parler de la situation politique du pays. Mais beaucoup pensent qu’il s’est agi d’un prétexte pour faire taire le chef Jean Philippe Rameau Sokoudjou Tchendjou II.

Le mercredi, 20 janvier 2020, le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji (Minat) s’est attiré les foudres d’une bonne partie de la communauté nationale. Au cours d’une réunion de travail avec les « auxiliaires de l’administration », le Minat a explicitement critiqué les velléités intellectuelles de ceux qui avaient osé écrire au Président de la République pour parler de la situation politique du pays.

Mais beaucoup pensent qu’il s’est agi d’un prétexte pour bâillonner au premier chef Jean Philippe Rameau Sokoudjou Tchendjou II. La preuve, le préfet avait adressé une « deuxième mise en garde » au concerné.

En effet, Yampen Ousmanou l’appelle « à faire preuve d’un sens élevé de responsabilité digne de (son) statut de gardien de traditions » : « Aussi ai-je l’honneur de vous rappeler que toute nouvelle sortie cybernétique ou médiatique intempestive de votre part, au mépris du respect de l’Etat de droit et des institutions de la République, vous exposera à la rigueur de la loi ».



Menacé par l’administration, le chef supérieur Bamendjou reçoit de nombreux messages de soutien. Mais craignant le pis, le roi Sokoudjou, dans un message fortement diffusé, il donne des « consignes ».

Marche de solidarité
« Ne vous dérangez pas à faire le déplacement pour Bamendjou, que chacun reste là où il est, le 30 lorsque le soleil sera exactement au-dessus de nos têtes, 12h00, où que vous soyez, quoi que vous fassiez, mettez-vous debout pour quelques minutes, mangez le nombre de grains de jujube selon que vous ressentez votre puissance sur vous, les mains tendues vers l’horizon, méditons de manière sincère, confions le Cameroun et tout le peuple à la protection des dieux de nos ancêtres, asseyons-nous pour attendre le message qu’ils vont nous envoyer », prescrit-il.

Le point de divergence tourne autour de la conception que le Minat et ses collaborateurs, en dépit leur ancrage ethnique au soin des puissantes féodalités, ont de la fonction de chef traditionnel : « Dans l’oubli des obligations que vous impose votre qualité d’auxiliaire d’Administration en vertu du décret n°77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles, vous continuez à agir en marge des textes en vigueur, au travers des propos de nature à mettre en péril la stabilité des institutions républicaines et la légitimité de celui qui les incarne. Autoproclamé donneur de leçons, vous incitez ainsi les populations à la révolte et à l’insurrection », écrivait le préfet Atanga Nji.

« Paul Biya est le chef suprême des chefs traditionnels. Tous les chefs doivent lui faire allégeance comme vos sujets le font à votre endroit », leur a-t-il seriné. Le salaire et les autres avantages dont ils bénéficient ne visent qu’à les aider à servir : « les chefs doivent accompagner le gouvernement… Le travail des chefs n’est pas d’écrire des mémorandums. Je suis venu vous dire comment les chefs doivent travailler avec l’administration », ponctua-t-il.

Série de réactions
Après la sortie du Minat, plusieurs personnalités de la République ont réagi : « Je suis chef traditionnel à Yabassi. Je tiens des réunions coutumières et politiques (du Rdpc) et jamais on ne m’a demandé une autorisation. Pourquoi le demander à d’autres parce qu’ils ne -sont pas du même bord politique ? Ce préfet est un putschiste qui veut soulever le peuple bamiléké contre mon champion, le président-Biya », a commenté un Pascal Mossanga Nyamding très remonté lors d’un récent entretien sur Equinoxe Tv.

Célestin Bedzigui, le président du Parti de l’Alliance libérale (PAL), classe Fo’o Sokoudjou au rang de « dernier grand patriote nationaliste vivant » et explique que « au chef traditionnel, il est reconnu deux rôles : gardien de la tradition et auxiliaire de l’administration. A ces deux rôles qui se joue sur deux champs, il convient d’ajouter un attribut commun et inaliénable à tout citoyen de ce pays qui est celui de la jouissance du droit constitutionnel fondamental qu’est la liberté d’opinion et d’expression».

Selon cet opposant, « la fonction d’auxiliaire de l’administration » amène le chef à suppléer à la présence de l’État, celui-ci ne pouvant techniquement pas être omniprésent dans la vie de tous les jours et de tous les Instants dans nos communautés. Ce rôle porto sur deux domaines: la justice et la sécurité. (…) Être autorité traditionnelle ne peut se traduire par un statut spécial limitatif de la jouissance et de l’exercice du droit citoyen essentiel qu’est la liberté d’opinion et d’expression. Les, initiatives et actes pris dans le sens d’une telle limitation sont en violation flagrante des principes constitutionnels ».

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