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General News of Saturday, 13 March 2021

Source: www.camerounweb.com

Crise dans le NoSo: 'il faudra tuer tous les anglophones'

Dans une tribune publiée sur sa page Facebook, le conseiller du président national du MRC, Wilfried Ekanga fait comprendre aux acteurs impliquées dans la résolution de la crise anglophones que les approches du régime pour mettre fin au conflit dans cette zone du pays n'est pas la bonne.


Pour bien expliquer son approche, l'analyste politique replonge dans le passé du Cameroun et dénonce le reflexe suspicieux du pouvoir qui veut voire en cette crise, une stratégie délibérée des anglophones dénudée de tout sens.


Lison plutôt


'Le Cameroun se fera dans le fédéralisme ou ne se fera pas.
Atanga Nji le matamore, Paul Biya l'ectoplasme et même Dion Gute le bien-pensant ne l'ont toujours pas compris : le modèle politique jacobin hyper centralisé ( et néocolonial ) imposé en coulisses par la France dans les années 70 n'a aucun avenir. Le Cameroun ne se développera jamais dans un système où Yaoundé décide de tout, même du temps qu'un habitant de Kousseri (à 1500 km de là) doit passer dans la chambre avec sa femme.
Les accords de Foumban de juillet 1961, survenus après le référendum du 11 février et qui préparaient la mise en place de la République Fédérale le 1er octobre de la même année, disposaient que la forme de l'État (donc le fédéralisme) n'était pas sujette à modification. Ainsi, dans l'esprit des anglophones, non seulement le pays s'acheminait vers une indépendance réelle et définitive, mais surtout, il leur était garanti une véritable autonomie interne dans ce qui était alors le Southern Cameroon.
Comme dans toute fédération qui se respecte.

(Les naïfs !)

Seulement voilà, la Grande-Bretagne partie, la France ne va pas tarder à ressortir son côté pervers, dans sa pure tradition de la main-mise perpétuelle sur ses supposées ex colonies. Le président Georges Pompidou (1969-1974) et son secrétaire général aux affaires africaines Jacques Foccart vont organiser le curieux référendum de 1972 avec ses contours obscurs, et instaurer par la ruse l'État unitaire sous Ahidjo. Ils font disparaître la deuxième étoile (et donc les traces de l'empire britannique), et amorcent de nouveau le contrôle absolu de leur chasse-gardée.
Les anglophones ne se remettront jamais (et ne pardonneront jamais) de cette trahison. Et encore moins lorsque Paul Biya viendra enterrer définitivement l'histoire en effaçant le terme "unie" de l'équation par un décret de 1984, pour obtenir l'appellation " République du Cameroun ". Comme si rien ne s'était passé, et qu'il n'y avait même pas eu réunification.

LE SANG DU PASSÉ CRIE JUSQU'À NOUS

Le plan de la métropole est donc en marche depuis ces années-là, avec d'ailleurs un succès grandissant acquis au forcing, de manière parfois subtile, souvent brutale. Ce plan consiste en la francisation progressive et certaine de toute la population, et donc en l'absorption du NOSO dans un carcan entièrement francophone. Cela s'appelle une "politique d'assimilation.

L'une des métastases de cet horrible cancer est justement le circuit OHADA (Organisation pour l'harmonisation du Droit des Affaires), fruit de la législation française et qui ne cadre pas avec le registre du Common Law que l'on retrouve dans la partie anglophone. L'OHADA, créée en 1993 par la métropole et qui regroupe une quinzaine de pays exclusivement francophones (comme par hasard), tentait d'être imposée aux régions du NOSO en 2016, sans même se donner en plus la peine de traduire les textes en anglais. En ce sens, la contestation des avocats et des enseignants était donc un refus d'une nouvelle tutelle française.

Un noble acte.

Mais par amour du jacobinisme et pour préserver les intérêts de la métropole, Paul Biya, dans sa haute imbécillité politique (et en tant que meilleur élève de la France), avait choisi de répondre par la violence et le fouet à des enjeux historiques profonds, face à une partie de sa population qui, contrairement à lui, n'a pas du tout oublié le tacle constitutionnel dont elle fut victime jadis. Les coupables étant ceux qui, de manière hypocrite, récitent aujourd'hui : " Le Cameroun est un et indivisible."
Et voilà comment, bêtement, par simple incompétence séculaire, on radicalise un peuple sur la base d'un rien, en compliquant davantage un problème dont la solution était à portée.

EN SOMME :
Pour tuer une idéologie, il faut éliminer physiquement tous ceux qui partagent cette idéologie. Autrement dit, Paul Biya devra tuer tous les anglophones pour s'assurer de la disparition des envies fédéralistes. Soit on tue tout le monde , soit on ne mène pas de guerre du tout. Et c'est ici que réside toute la stupidité de la réponse militaire livrée à ceux qui sont aujourd'hui devenus (a cause de Paul Biya) des Ambazoniens. Tout simplement parce que justement, on ne pourra pas tuer tout le monde.
En un mot, les armes n'ont jamais stoppé une révolution idéologique.

Il faut donc dialoguer

Et dans le dialogue, en plus d'inviter les radicaux (surtout eux), il faut surtout inscrire à l'ordre du jour (et en premier lieu), la question de la forme de l'État. Car la constitution qui prétend aujourd'hui que la forme de l'État ne serait pas négociable, est elle-même une réforme non autorisée des accords de Foumban, qui interdisaient pourtant une réforme. On ne peut pas être contre la modification d'un texte qui a lui-même modifié un autre texte censé être non-modifiable. C'est du délire.

Voilà la seule issue. Les solutions de surface organisées depuis deux ans par le matamore, l'ectoplasme et le bien-pensant n'ont eu pour seul effet que d'exaspérer encore plus nos frères qui déjà, traînaient un demi siècle de rancœur politique. Quant à nous, elles nous font doucement sourire'.

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