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General News of Wednesday, 29 July 2020

Source: Actu Cameroun

Crise au NO/SO : la Suisse fait du chantage à Paul Biya

Paul Biya Paul Biya


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Les médiateurs du Centre pour le Dialogue humanitaire, poussés par des proches du chef de l’Etat, sont prêts à faire suspendre l’aide helvétique au Cameroun s’ils sont écartés du processus de bons offices.

Des délégués du Centre pour le Dialogue humanitaire (HD), un organisme mandaté par la Suisse afin de jouer les médiateurs dans la crise sécessionniste anglophone, devraient séjourner au Cameroun dans les jours à venir, a-t-on appris de source proche du dossier. Las d’attendre l’assentiment du régime de Yaoundé, ils devraient accentuer la pression sur le président Paul Biya en vue d’obtenir son aval officiel sur la question.

Il se passe pourtant, selon des indiscrétions, que le chef de l’Etat, mais aussi son Premier ministre, Joseph Dion Ngute, voient d’un très mauvais œil cette intrusion dans un dossier que le’ pouvoir a décidé de gérer en interne, à défaut de choisir lui-même des conciliateurs au sein de la communauté internationale. Le 27 juin 2019, le Département fédéral des Affaires étrangères’ (DFAE), avait précisé avoir été «mandaté par une majorité des parties pour faciliter un processus de négociation inclusif» dans la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NO/SO).

Reste que cette position de souveraineté anime actuellement des batailles épiques entre le secrétaire général de la Présidence de la République (SG/PR), Ferdinand Ngoh Ngoh, favorable à l’offre suisse, d’une part, et le chef du gouvernement qui est soutenu par Paul Biya, d’autre part. Face au flot de critiques des médias camerounais, le DFAE avait, en septembre, publié un communiqué dans lequel il soulignait que «l’engagement, de la Suisse n’est motivé par aucun intérêt autre qu’une résolution pacifique des conflits et la Suisse ne s’engage dans des processus de facilitation que dans la mesure où les parties le jugent utile». Mais ceci ne semble pas avoir totalement effacé les soupçons de surenchère pesant sur l’initiative.

Ainsi, de plus en plus contrariée, la Suisse, apprend-on, menace tout bonnement de suspendre sa coopération avec Yaoundé. On rappelle qu’en mai dernier, la Suisse revendiquait 5,6 milliards de FCFA d’investissements dans l’agriculture et les énergies renouvelables au Cameroun. L’intervention financière de la Confédération va bien.au-delà de ces deux domaines. Surtout, d’aucuns voient, dans la bataille au sein de l’exécutif camerounais, des batailles mêlant d’importants intérêts occultes susceptibles de profiter directement à certains dirigeants du pays.


Relais américain

Pour expliquer la réticence de Yaoundé à s’en remettre aux bons offices de ce pays, certaines rumeurs des salons huppés de Yaoundé font valoir que Paul Biya a, derrière cette démarche, senti la main des Etats-Unis, dont on ne peut pas dire qu’ils sont neutres dans le conflit au NO/SO. On se souvient ainsi de la passe d’armes entre le pouvoir et l’alors ambassadeur du pays de l’oncle Sam.

En mai 2018, l’Ambassadeur des USA à Yaoundé, lé diplomate Peter Henry Barlerin avait invité Paul Biya à «penser à son héritage et à faire comme Nelson Mandela et George Washington», à «réfléchie à son héritage et à comment il souhaite que l’on se souvienne de lui dans les livres d’histoire». C’est-à-dire à passer la main. Depuis lors, et en dépit de la langue de bois diplomatique, Washington est vu comme l’adversaire juré du système de Yaoundé. .

Le 1er juillet, lors de l’examen du compte-rendu de la mission interparlementaire ayant séjourné au Cameroun du 14 au 17 janvier 2020, la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait entendu Rodrigue Kokouendo et Didier Quentin au sujet, notamment, de la crise sécessionniste au NO/SO.

De leur rapport, ils soulignent le fait qu’«étrangement», les États-Unis ont trouvé un relais important dans la diplomatie suisse, qui est d’habitude plutôt discrète et qui a souligné, par la voix de son ministre des Affaires étrangères que l’objectif était de préparer les futures négociations de paix entre le gouvernement camerounais et l’opposition politique. Le terme de négociation étant, selon eux, précipité et la médiation en Suisse ayant été rapidement écartée par le pouvoir camerounais.

«Au cours de notre passage, seuls les États-Unis continuaient à faire référence à l’initiative suisse. Et dans le courant du mois d’avril, les États-Unis ont tenté de mettre en place un groupe international de contact relatif au Cameroun, avec la participation de la France. Pour le moment, il n’y a pas eu de suite véritablement.»

Selon les deux élus, les pays apportant un soutien politique ou qui accueillent des opposants anglophones sur leur territoire sont les États-Unis, la Suisse et, dans une moindre mesure, le Royaume-Uni.

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