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General News of Friday, 10 July 2020

Source: actustime.com

Crise anglophone : un démenti qui confirme les contacts secrets


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Malgré le démenti du gouvernement camerounais, des contacts secrets ont été établis, depuis quelque temps, entre le leaders sécessionnistes de tous bords, en vue d’harmoniser les points de vue et les conditions des négociations éventuelles futures.

Dans un tweet publié le 3 juillet 2020, Sisiku Ayuk Tabe, leader sécessionniste qui revendique l’indépendance des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest où vivent les Camerounais d’expression anglaise, annonce une rencontre entre 9 d’entre eux et les représentants du gouvernement camerounais. Dans ce tweet, il écrit : « Yesterday, 2nd july 2020, nine of us were invited and met with a Team from the government of La République du Cameroun (LRC), on initiating a Ceasefire following the UN’s call. The details are still being discussed and we will update Ambazoninians once significant progress in made. Be reassured that we remain committed to the restoration of Independence of homeland. » («Hier, 2 juillet 2020, neuf d’entre nous ont été invités et ont rencontré une équipe du gouvernement de la République du Cameroun (LRC), pour initier un cessez-le-feu suite à l’appel de l’ONU. Les détails sont toujours en discussion et nous mettrons à jour les Ambazoniens une fois que des progrès significatifs auront été réalisés. Soyez rassurés que nous restons attachés à la restauration de l’indépendance de la patrie. »)

Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux et les médias s’en saisissent pour parler des « négociations » entre les leaders sécessionnistes incarcérés à la prison principale de Yaoundé, Kondengui et le gouvernement camerounais. Cette « rumeur » a suffisamment été relayé par les réseaux sociaux et a d’ailleurs occupé la Une de la plupart des journaux paraissant au Cameroun. Elle a même été le plat de résistance des débats dominicaux dans les chaines de radio et de télévision.

Face à l’ampleur des débats, le gouvernement a tenu à rétablir la « réalité ». Dans un communiqué, le gouvernement, par la voix du ministre de la Communication, Réné Emmanuel Sadi informe l’opinion publique « que l’information diffusée dans les réseaux sociaux sur la tenue le 02 juillet 2020, de négociations entre une délégation gouvernementale et des sécessionnistes en instance de jugement, n’est pas conforme à la réalité ». Cependant, indique le Mincom, « le Gouvernement réaffirme sa disponibilité à rechercher des solutions pacifiques à la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, notamment par le dialogue. II est par conséquent ouvert aux différents contacts, initiatives et propositions allant dans ce sens, dans le respect de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Cameroun ».

Faut-il le noter, le gouvernement dans son communiqué s’abstient de parler de rumeur, mais réfute le terme négociation, tout en se disant ouvert « aux différents contacts, initiatives et propositions allant dans ce sens », c’est-à-dire dans le sens de la négociation. Ce qui laisse pressentir que des contacts ont eu lieu.

Selon une source proche du gouvernement, « des contacts par divers canaux et intermédiaires ont eu lieu et sont en cours. Que ce soit du côté gouvernemental ou de celui de nos compatriotes qui ont manifesté bruyamment leur indignation face à une situation qu’ils jugent insupportable, presque tout le monde semble disposé à mettre tout en œuvre pour sortir de la crise en préservant l’intégrité territoriale de notre pays ».

Selon d’autres sources généralement bien informées, les leaders sécessionnistes ont bel et bien été extraits de leurs cellules pour une rencontre avec une délégation des émissaires gouvernementaux conduite par Léopold Maxime Eko Eko, le patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), chef des services de renseignements camerounais, rencontre qui a eu lieu le jeudi 2 juillet 2020 à la Conférence épiscopale du Cameroun à Mvolyé (Yaoundé). « Dire qu’il s’agissait de négocier un cessez-le-feu, c’est exagéré », a reconnu un des avocats de Ayuk Tabe. Ce n’était d’ailleurs pas pour la première fois qu’une telle rencontre avait lieu. Depuis février dernier, plusieurs rencontres similaires ont eu lieu en toute discrétion avec d’autres leaders séparatistes, dont une à Accra.

De toute évidence, il s’agirait des prises de contact préparatoires afin d’harmoniser les points de vue et les conditions des négociations éventuelles futures.

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