Crise anglophone: Éric Chinje propose une solution 'magique' | General News 2019-06-26
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General News of Wednesday, 26 June 2019

Source: cameroon-info.net

Crise anglophone: Éric Chinje propose une solution 'magique'

Depuis quelques mois, l’ancienne star de la CRTV multiplie des initiatives et des rencontres avec certaines personnalités pour tenter de résoudre la crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Éric Chinje, l’ancienne star de la Télévision camerounaise est au Cameroun depuis quelques mois. Il s’est récemment rendu au siège du quotidien Le Jour où il a échangé avec Haman Mana, le directeur de publication du journal. Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés par les deux hommes parmi lesquels la crise qui secoue la région du Nord-Ouest d’où il est originaire.

«Eh ben, malgré toute mon envie, je n’ai pas pu y faire un tour, comme d’habitude. Je voulais aller voir la famille, en commençant ma sœur aînée. Tout le monde m’a supplié de ne pas y mettre les pieds, à cause de l’insécurité, des kidnappeurs qui devraient sauter sur l’occasion, je serais une cible intéressante pour eux. Comment dans mon pays je ne peux pas aller dans mon propre village(Santa)?», s’interroge-t-il.

«J’ai essayé depuis le début de cette crise, de faire des choses, j’ai même écrit aux «Ambas», pour éviter l’escalade. On aurait pu éviter cette crise, c’est ce que la majorité des Camerounais ne savent pas. Il y a dans ce gouvernement, des gens qui pensent que l’envoi des forces armées et la puissance de feu sont une solution. Or c’est faux. J’ai toujours déroulé ma solution, qui tient en trois points: 1) la réconciliation avec l’Histoire 2) la Gouvernance 3) Le quotidien des citoyens», explique-t-il dans les colonnes du quotidien Le Jour en kiosque ce 26 juin 2019.

Nostalgique, l’ancien employé de la Banque Mondiale et de la BAD ajoute que «les anglophones, jusqu’en 1972, vivaient une autre réalité. Un détail: il y avait des «Sanitary inspectors», en charge de veiller à la propreté des villes et des quartiers. Et le moindre déchet jeté sur la voie publique était passible d’amende. Même les personnes habillées de manière peu convenable étaient approchées par ces inspecteurs. Il y avait des «Vehicle Inspection Officers» qui veillaient à la conformité de tout ce qui circulait. Il y avait des « Commissions of enquiry », qui se déployaient, dès que l’on suspectait le moindre détournement d’argent public.La vie et le service publics étaient sains!».

« ...Cette crise s’est enlisée le jour où des gens ont cru que des militaires avaient la solution. A chaque fois que l’on a un mort, c’est un Camerounais que l’on a perdu… Dans la gestion de cette crise, le gouvernement, de 2017 à nos jours, est passé d’une erreur à une autre», soutient-il.

Après deux ans de conflit, Éric Chinje espère un retour à la normale dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. «J’ai rencontré quelques hauts responsables qui m’ont dit que la situation sera décantée dans 3 à 6 mois. Je ne suis pas rassuré, mais je garde espoir. Je pars sur cet espoir, que finalement, les consciences vont s’éveiller. Mais je tiens à souligner qu’au sein du gouvernement, il y a des gens qui entretiennent cette guerre. Il y a des deux côtés, des gens qui profitent du conflit. La paix dans ces conditions a-t-elle une chance? Il faut, je crois, opérer un retrait de l’armée et laisser uniquement la police…», propose l’ancienne vedette de la télévision nationale.