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General News of Tuesday, 8 December 2020

Source: Actu Cameroun

Crise anglophone: 'les mesures prises par le gouvernement sont contre-productives'

Pour l’expert électoral, la violence sur le terrain n’a pas connu de répit malgré les mesures gouvernementales.

Dr Christopher Fomunyoh, le directeur Afrique du National Democratic Institute (NDI), ne croit pas que les élections régionales puissent sauver des vies dans le Nord-ouest et le Sud-ouest: « Ce sont des élections indirectes avec un électorat prédéterminé et limité. Les populations dans cette zone-là sont peu au courant et se soucient encore moins du déroulement de ces élections dont l’impact réel sur leurs conditions de vie ne peut qu’être minimal. », analyse-t-il dans une interview accordée au journal Le Jour.

Pour l’expert électoral, les mesures prises par le gouvernement pour ramener la paix dans ces deux régions sont largement insuffisantes. Car, dit-il, la violence sur le terrain n’a pas connu de répit. Au contraire, la crise gagne en intensité et les cœurs s’endurcissent face aux tueries et aux atrocités répugnantes.

« La réalité est que des millions de personnes souffrent dans leur chair ; l’air est vibrante de colère. Les gens sont amers. Ils sont traumatisés et se demandent à quand le retour de la justice et de la paix dans leur vie. Donc, sincèrement, je pense que les mesures prises par le gouvernement jusqu’ici pour résoudre cette crise sont largement insuffisantes, et parfois contre-productives, et l’autosatisfaction du gouvernement par rapport à ses propres mesures est déplacée. Si le conflit persiste en dépit des mesures prises, ça démontre bien que celles-ci ont été insuffisantes et inappropriées. Ainsi, le gouvernement gagnerait à redoubler d’efforts en agissant avec un esprit créatif afin de mettre un terme à cette guerre stupide et fratricide. Il est inadmissible que les Camerounais continuent de s’entretuer. », soutient Dr Christopher Fomunyoh.

L’erreur des autorités

Si la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest a viré à un conflit armé, c’est parce que le gouvernement avait « sous-estimé le sentiment de marginalisation, de sous-représentation dans les affaires de l’Etat et la distribution des ressources du pays, que les anglophones ont longtemps refoulé. C’est clair que l’attitude du gouvernement et ses réponses aux premières revendications des avocats et des enseignants étaient inappropriées. »

« Ça ne faisait pas bon sens de répondre par la violence et la force à des manifestations pacifiques, surtout que les doléances formulées étaient tout à fait légitimes. On se rappelle tous, qu’après avoir initié un dialogue avec les avocats et les enseignants, leurs leaders ont été interpellés et jetés en prison. C’était une très mauvaise approche. Je me souviens avoir rendu visite à Me Felix Nkongho Agbor Balla, Dr. Fontem Neba, Mancho Bibixy et d’autres détenus à la prison de Kondengui. J’ai même assisté à une des audiences devant le Tribunal militaire de Yaoundé, et après l’audience, je me suis demandé ce que ces braves messieurs, tous des civils, avaient fait de si grave pour comparaître devant une cour martiale. Pire encore, en tuant les manifestants pacifiques dans les deux régions le 22 septembre 2017, le gouvernement a radicalisé le mouvement sur le terrain. », explique-t-il.

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