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General News of Wednesday, 7 October 2020

Source: agencecamerounpresse.com

Crise anglophone: les combats entrent dans une nouvelle phase

C’est ce qui ressort d’un reportage réalisé il y a quelques jours par nos confrères de France 24 qui ont accompagné les Soldats de l’Armée Camerounaise dans les zones dites anglophones.



Un travail de terrain mené par des professionnels d’un média qui, il y a peu présentait le Cameroun comme un Etat qui foule au pied les droits de l’homme, avec des militaires qui assassinent impunément une population civile qui ne possède aucune arme, en dehors de l’arbre de la paix. Pourtant, la réalité est toute autre.

Premier arrêt : Ekona Mbenge ou Ekona Town - Arrondissement de Muyuka - Département du Fako - Sud-Ouest.

Avant l’organisation du Grand Dialogue National et les mesures prises par le Gouvernement pour la reconstruction des zones sinistrées, de même que la réinsertion des ex ambazoniens, cette localité était le théâtre de violents affrontements entre les Forces de Défense et de Sécurité et les terroristes qui envisageaient d’y établir un no man lands.

Mais, grâce à un travail professionnel et, en collaboration avec les populations qui aspirent à retrouver une vie normale, les Forces de Défense et de Sécurité ont réussi à rétablir de l’ordre ; même si elles restent présentes sur cet axe commercial empruntés par des convoyeurs de marchandises et les passagers qui vont d’un coin à un autre.

A Muyuka, la présence permanente des Soldats rassure les populations qui ont peu à peu repris le cours normal de leur vie, à l’instar des chrétiens de l’église Presbytérienne. George, fidèle de cette congrégation affirme qu’il est et demeure Camerounais et ne se reconnaît aucun lien avec cette ambazonie qui a une consonance étrange pour lui.

« Il y a eu tellement de désastres, mais on prie Dieu pour qu’il nous vienne en aide, afin que la paix revienne, que les massacres se terminent ; on veut dire adieu aux tueries. Nous voulons plus que tout, reconstruire notre pays le Cameroun…

Vous savez, j’ai pratiquement 70 ans et je suis un Camerounais et lorsque je vais mourir, c’est dans ce pays qu’on va m’enterrer, moi je ne connais pas ce mot d’ambazonie... ».

Autre lieu, même réalité

Pour partir du Sud Ouest vers le Nord Ouest, les véhicules sont accompagnés par une Unité d’Elites de l’Armée Camerounaise, étant donné que les terroristes, incapables désormais d’affronter de manière frontale les Soldats, déposent des engins explosifs par ci par là.

Une sorte de guerilla, comme le relève le Capitaine Ibrahim Diop – Chef du bureau de renseignements du Bataillon d’Intervention Rapide :

« Il y a quelques mois à peine, cet axe était truffé d’embuscades. Les sécessionnistes, après avoir chassé les populations, occupaient les bâtiments et se mettaient en embuscade, pour tirer, soit contre les Forces de Défense et de Sécurité, soit sur les convois des Autorités administratives. Nous avons donc travaillé afin de réduire ce type de menaces… ».

En plus, des tireurs sont embusqués tout le long du tronçon et s’attaquent de manière sporadique aux convois de l’Armée, alors que dans les villages qui étaient sensés être sous le contrôle des terroristes, les populations vaquent tranquillement à leurs occupations, comme si ces détonations ne leur causent plus les terreurs d’antan.

Une attitude qu’explique l’Officier Supérieur de l’Armée Camerounaise :

« Au début de ce conflit, nous avions à faire à des sécessionnistes qui réclamaient l’état virtuel d’ambazonie ; mais aujourd’hui, il s’agit beaucoup plus de hors la loi, qui coupent les routes, kidnappent les gens en exigeant des rançons. En fait, nous sommes passés de la sécession au grand banditisme… ».

Déloger les terroristes cachés dans les centres urbains

Dans le reportage de France 24, le reporter vit en direct, la traque que les Forces de Défense et de Sécurité organisent, afin de débusquer des chefs de gang ayant fui les villages pour se réfugier à Bamenda – chef lieu de la région du Nord Ouest.

Ceux-ci sont dénoncés par des populations qui refusent désormais le statut de victimes passives et entendent reconquérir leur liberté.

Une opération délicate confiée au Lieutenant Tamwo Mvondo qui travaille au Centre anti – terroriste du Bir de Kumbo

« Le plus grand danger c’est que les sécessionnistes sont cachés au sein de la population. En ce moment, la manœuvre est compliquée, parce qu’en cas de mauvaise riposte, un civil peut perdre la vie ou alors, recevoir une balle qui le blesse gravement…

Il faut donc opérer avec la plus grande prudence, afin de ne pas éveiller les soupçons de ces terroristes qui prennent juste des cases de passage, dans lesquelles ils passent au plus trois jours… ».

Dans chacun de ces lieux, les Soldats trouvent des armes de guerre, notamment des fusils semi automatiques, qui ont progressivement remplacé les armes artisanales qu’ils utilisaient au début de ce conflit.

« Ces armes proviennent la plupart du temps du Nigéria, à cause de la porosité de la frontière qui sépare le Nord Ouest Cameroun et ce pays… », explique le Colonel Franky Pelene – Commandant du Bataillon d’Intervention Rapide.

Le défi du retour à l’école

Selon le Colonel Franky Pelene « Le problème majeur auquel a dû faire face les populations avant la reprise des villages par l’Armée Camerounaise est celui de la scolarisation des enfants. Les ambazoniens avaient brûlé toutes les écoles, affirmant qu’ils rejettent le système de scolarisation du Cameroun…».

Cependant, alors que la vie reprend peu à peu son cours normal avec le retour des habitants qui regagnent leur demeure, les Soldats Camerounais ont entrepris de reconstruire ces écoles, d’offrir des tables – bancs et autres matériels didactiques à leurs compatriotes qui pensaient avoir été abandonnés à leur triste sort.

Des œuvres sociales entreprises par des populations civiles

Comme celles mises en place par Charlotte Niety Commy – responsable qui a créé un orphelinat à Muyuka, dans lequel elle accueille et encadre des orphelins, au péril de sa vie. Les parents de ces derniers ont été lâchement assassinés par les terroristes à cause de leur refus de se rallier leur camp.

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