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General News of Tuesday, 14 July 2020

Source: Actu Cameroun

Crise anglophone: le pouvoir de Yaoundé enfermé dans un piège


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L’entame des négociations a été ébruitée, mettant le gouvernement, dans l’embarras, alors que les Nations unies exigent des négociations.

Après avoir contesté la «conformité de la réalité» des négociations avec les leaders sécessionnistes incarcérés à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, le gouvernement n’a pas donné d’informations sur l’exactitude de la réalité qu’il maintient sécrète. Mais des sources concordantes persistent et signent que des émissaires du pouvoir de Yaoundé et des séparatistes se sont rencontrés dans les locaux de l’Archevêehé de Yaoundé.

Malgré la casquette de porte-parole du gouvernement de René Sadi qui signe le communiqué du gouvernement, il est à souligner avec le Dr Raoul Sumo Tayo, que «les membres du gouvernement n’ont pas le même niveau d’information sur la question». Encore que «René Sadi a un passif en termes de dénégations des faits qui se sont avérés vérifiés par la suite. Ce qui fait que sa parole n’est pas crédible», décrédibilise l’expert des questions de défense et de sécurité.

Le communiqué de René Emmanuel Sadi, le ministre de la Communication (Mincom), trahit l’embarras du régime de Yaoundé qui aurait souhaité évoluer dans la clandestinité jusqu’à l’aboutissement du processus. Désormais, les différentes factions séparatistes sont en alerte et scruteront tous les faits et gestes du gouvernement camerounais. Question de ne pas être doublées ou prises dans un autre « piège ». Du côté de Yaoundé, on semble avoir pris du recul, afin de mieux apprécier le retour des premiers pas dans la négociation.

Il est clair que Paul Biya n’a plus une marge de manœuvre grande, tant le secrétaire général des Nations unies et le Conseil de sécurité de la même institution exigent désormais un dialogue inclusif dans le cadre de la résolution de cette crise. Lequel suppose une implication des leaders connus de cette crise séparatiste, comme l’ont demandé le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto et d’autres opposants camerounais.

Quatre ans après les premiers signes de radicalisation, Paul Biya a d’abord brandi la’violence face aux civils, avant de manier à la fois le bâton et la carotte. Sans trouver une issue favorable. Malgré les succès militaires du général Valère Nka nommé il y a un an pour diriger les opérations, les poches de résistance demeurent et des pans du territoire restent coupés du contrôle de Yaoundé.

Sisiku Ayuk incontournable (?)

Mais il va falloir trouver déjà un terrain d’entente pour les préalables. Si Dabney Yerima, le vice-président de Julius Ayuk Tabe affirme avoir pris langue avec les autres leaders sécessionnistes, le Consortium présidé par John Mbah Akuro ne s’y reconnaît pas. Peut-être parce qu’étant une organisation de la société civile ? Rien n’est à conclure car le Consortium a toujours été pris en compte par le gouvernement, avant la radicalisation.

Mais aussi bien la bande à Sisiku Ayuk Tabe que les autres factions séparatistes établies à l’étranger, posent des conditions similaires : la libération des prisonniers, la démilitarisation des régions du Nord-ouest et du sud-ouest et la tenue des négociations dans un pays étranger neutre et sous la facilitation d’un médiateur mutuellement choisi. La Suisse initialement choisie par le gouvernement ayant été vomie par les séparatistes.

A défaut de satisfaire toutes ces conditions préalables, Yaoundé devra déjà trouver des interlocuteurs crédibles aux yeux des combattants armés. Une équation compliquée. En dehors du Consortium, les autres organisations ont récusé Sisiku Ayuk : «dans aucune guerre au monde les prisonniers ne peuvent négocier pour des gens libres. C’est aux hommes libres de négocier la libération des prisonniers», a clamé Chris Anu, secrétaire à la communication du « gouvernement provisoire » de la république fantôme d’Ambazonie.

D’ailleurs, « Sisiku ne contrôle rien sur le terrain », croit savoir Michel Biem Tong, journaliste camerounais en exil, engagé dans la «cause anglophone». En plus, «il a trahi ses camarades en créant un gouvernement en prison», enfonce-t-il. Pour ce dernier qui a séjourné en prison quelques mois pour son engagement dans cette crise, «te pouvoir l’a choisi parce qu’il est faible d’esprit». Mais le gouvernement n’est pas naïf:

«Sisuku est accessible. Il jouit d’une certaine légitimité et surtout le gouvernement croit avoir de l’emprise sur lui et croit pouvoir négocier en position de force», analyse Raoul Sumo. Mais «on aurait pu engager ces négociations au moment où Ayuk Tabe jouissait de toute sa légitimité», pense l’expert. D’autant plus qu’en ce moment-là, l’ex cadre de la, Sonel n’était pas encore contesté dans son leadership et semblait encore disposer d’un pouvoir sur les troupes de terrain.

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