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General News of Wednesday, 27 January 2021

Source: Actu Cameroun

Crise anglophone: le Pape François et l’Eglise catholique poussent pour un dialogue sincère

L’Eglise catholique entend jouer un rôle d’arbitre pour faire cesser les combats meurtriers entre les forces de défense et de sécurité et les groupes armés anglophones dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. La diplomatie vaticane est à l’œuvre.

L’Eglise catholique peut, à travers une médiation entre les séparatistes anglophones et le gouvernement, contribuer à trouver une solution à la crise anglophone qui a débuté en octobre 2016 et s’est transformée en guerre entre les forces de défense et de sécurité et des séparatistes fin novembre 2017.

Par le canal de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc), l’Eglise catholique peut inviter les deux camps à cesser avec les violences et à relancer la poursuite des discussions préliminaires qui avaient débuté début juillet 2020 à Yaoundé entre des leaders sécessionnistes, dont Ayuk Tabe Sisiku, et la partie gouvernementale. Les pourparlers directs entre les principaux protagonistes sont très attendus pour faire cesser la vague de ‘violence et de crimes qui ont fait une vingtaine de morts parmi les civils et les,hommes en tenue depuis le début de cette nouvelle année.

Rétablir la confiance et dialoguer

Avec l’arrivée annoncée du numéro 2 du Vatican le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin au Cameroun à la fin de ce mois; l’Eglise catholique pourrait demander au gouvernement de poser des actes qui montrent sa bonne foi. Le gouvernement pourrait prendre des mesures d’apaisement afin de rétablir la confiance et le dialogue. En procédant par exemple à la libération des personnes a’rrêtées et détenues dans le cadre de la crise anglophone et en proposant une amnistie pour les meneurs anglophones qui sont dans la diaspora. Ceci, pour faciliter d’éventuelles négociations.

En effet, de nombreux activistes anglophones veulent bien rentrer au pays ou participer à un dialogue inclusif. Mais, ils craignent d’être arrêtés et emprisonnés. L’Eglise devrait les aider à obtenir du gouvernement des garanties en échange par exemple d’un cessez-le-feu de des groupes armés des séparatistes.

Présente dans les dix régions du pays à travers les cinq provinces ecclésiastiques du Cameroun -dont la province ecclésiastique de Bamenda qui rassemble les diocèses des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, l’Eglise catholique doit afficher exprimer clairement sa volonté de jouer un rôle de médiateur dans cette crise qui a déjà fait plusieurs milliers de morts, plus de soixante mille Camerounais anglophones réfugiés au Nigeria et environ un million de déplacés internes. Des civils de tous les âges dont des femmes et des enfants ont été tués dans cette guerre fratricide.


De nombreux séparatistes et des membres des forces de défense et de sécurité ont également été tués. Les évêques du Cameroun ont régulièrement condamné les tueries et massacres survenus entre 2017 et 2020. Ils avaient aussi condamné la répression de l’armée contre des civils en septembre et en octobre 2017.

La pression va s’accentuer

De concert avec d’autres églises chrétiennes confessions J religieuses dont les musulmans, x les autorités traditionnelles et des associations de la société civile de renom, l’Eglise catholique devrait continuer à travailler au retour à la paix dans ces deux régions décrétées zones économiquement sinistrées. La conférence générale anglophone que voulait organiser le cardinal Christian Tumi et ses confrères protestants

presbytériens et musulmans depuis 2018 n’a jamais obtenu l’autorisation du gouvernement. Avec l’entrée en fonction du président américain Joe Biden et sa nouvelle administration, la communauté internationale pourrait accentuer davantage la pression sur le gouvernement et l’amener à adopter les mesures plus significatives visant des solutions durables.

Il faudrait envisager l’ouverture d’un débat sur la forme de l’Etat: Débat qui n’a jamais eu lieu à l’Assemblée nationale, ni au Sénat. Plusieurs pays amis dont les Etats-Unis ont suggéré le retour au fédéralisme au Cameroun. Mais aussi la fin de l’utilisation de la loi portant répression des actes terroristes à des fins politiques. Le gouvernement pourrait s’engager dans de véritables réformes institutionnelles concernant aussi bien l’avènement d’un système électoral consensuel qu’une autre révision de la Constitution. L’Eglise catholique- a joué un rôle de médiateur dans les crises politiques en République démocratique du Congo (Rdc) et en République centrafricaine. Elle a permis de mettre fin à plus de cinquante années de guerre en Colombie.

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