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General News of Wednesday, 10 June 2020

Source: www.camerounweb.com

Crise à Camair-Co: Ngalle Bibehe assène un coup fatal à Georges Njipendji


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Le Directeur général de la compagnie aérienne camerounaise Camair-Co vit visiblement ses derniers jours à la tête de cette institution. Après la présidence de République, qui selon des informations de sources bien introduites serait à la recherche de son remplaçant, c’est au tour du ministre des transports et par ailleurs président du Conseil d’Administration de Camair-Co d’enfoncer le clou. Selon nos confrères du site actucameroun.com, Jean Ernest Ngalle Bibehe demande à Louis Georges Njipendji Kuotou de soumettre, à la sanction du conseil d’administration, son projet de mise en technique de 65% des employés prévu pour ce lundi.

Cette sortie du ministre sonne comme le dernier coup fatal asséné à celui-là qui était considéré comme le sauveur de cette compagnie qui végétait dans une zone de turbulence après le limogeage d'Ernest Dikoum. INTEGRALITE

Le 5 juin, le président du conseil d’administration (PCA) de la Cameroon H Airlines Corporation (Camair-Co) a Eîiaai demandé au directeur général (DG) de ladite entreprise de soumettre, à la sanction dudit conseil, l’ensemble du dossier relatif à la mise en chômage technique d’environ 65% des effectifs, que Louis Georges Njipendi Kuotou a programmée pour ce 8 juin Ce rappel à l’ordre intervient, rappelle Jean Ernest Ngalle Bibehe, alors que la concertation avec le Collectif des syndicats nationaux des transports aériens n’a «pas abouti à l’élaboration consensuelle d’un plan de relance des activités de la compagnie».
Le même jour en effet, le DG de la compagnie aérienne nationale venait de commettre un pensum de deux pleines pages à l’intention de son personnel. Evoquant l’arrêt des activités d’exploitation, mais également la nullité des revenus sur fond de pandémie du coronavirus, il rappelle que les délégués du personnel n’ont pas cru devoir participer aux concertations instituées dans te cadre de la mise en chômage technique d’une grande partie des employés.
Parlant de la flotte, Louis Georges Njipendi Kuotou présente une situation catastrophique : le dernier MA-60 chinois encore en activité manquant de pièces de rechange, et Abu Dhabi Aviation (ADA) exigeant la restitution de son Dash8-Q400 dont le contrat de location est arrivé à échéance depuis le 4 mai. Quant aux deux Boeing 737-700 NG, il annonce un «départ imminent en réhabilitation. Présentant déjà les congés techniques comme inéluctables à la date annoncée, il invite ses collaborateurs à rester sereins et à garder confiance

Faillite quasi certaine

Il convient de noter que les brouilles entre les deux hommes sont devenues récurrentes. Le 23 mars, dans une correspondance au PCA et par ailleurs ministre des Transports (Mintransports), Louis Georges Njipendi Kuotou, se donnait déjà des libertés avec les procédures dont certaines relèvent des prérogatives du conseil d’administration. Ainsi, sous le prétexte officiel de la réduction drastique du flux de passagers, du fait de la pandémie du Covid-19, le DG informait Jean Ernest Ngalle Bibehe de «la suspension provisoire de l’exploitation» de la compagnie aérienne nationale. Suggérant ensuite la mise en chômage technique des personnels non essentiels (371 sur 577), il sollicitait la dotation d’une subvention d’équilibre mensuelle de l’ordre de 2 milliards de francs, en cas de poursuite de l’exploitation durant la période que durera la pandémie du coronavirus.

Deux jours plus loin, son correspondant avait en réponse indiqué que la dotation souhaitée «n’est pas envisageable, au regard des contraintes budgétaires de l’État». Croulant déjà sous un endettement supérieur à 35 milliards de francs, la Camair-Co ne peut donc plus compter que sur ses fonds propres pour subsister. Sans le renflouement souhaité, la compagnie aérienne nationale, chroniquement sous perfusion financière depuis son lancement le 28 mars 2011, semble condamnée à mort en dépit des rêves de relance de son DG.
Quant au Syndicat des travailleurs des transports aériens (STTA), ses rapports avec Louis Georges Njipendi Kuotou sont notoirement connus pour être exécrables. C’est en effet ce regroupement professionnel qui, le premier, a alerté sur «une faillite quasi certaine», le risque très élevé de cessation d’activités, la menace très sérieuse de perte du certificat de transporteur aérien (CTA), un cadre institutionnel défavorable, une exploitation réduite au point le plus bas, un personnel traumatisé et terrorisé, un organigramme non connu et/ou non pourvu. Il a également dénoncé l’absence de vision, de missions, d’objectifs et de valeurs claires de l’équipe managériale, la perte drastique et dramatique de la clientèle, le surendettement, des locations et acquisitions inappropriées du matériel et des aéronefs, mais aussi la récurrence du phénomène des arriérés de salaire.

Boeing Consulting

Proclamant depuis des lustres vouloir revoir le modèle économique de la Camair-Co, le gouvernement a, en début mars 2020, désigné le cabinet français Efac en vue d’effectuer l’audit de la compagnie pour des honoraires d’un peu plus de 59 millions de francs. Cette adjudication est venue mettre automatiquement entre parenthèse à une autre stratégie de redressement, proposée en 2016 par le cabinet américain Boeing Consulting.

Ce plan de relance, rappelle-t-on prévoyait, outre l’apurement de la dette, l’injection de 60 milliards de francs, le redimensionnement du réseau ainsi que la modernisation du parc d’aéronefs à 14 appareils. Étaient également annoncés, la reprise des vols domestiques, l’ouverture de 5 dessertes intercontinentales et de 13 destinations régionales.

Cet ambitieux plan de redécollage, validé en son temps par le président Paul Biya, avait à peine connu un semblant d’implémentation, la Camair-Co redéployant de nouveau ses ailes à l’international. Mais cette éclaircie a aussitôt été plombée par les réseaux d’affairisme de l’appareil d’Etat, et qui ont étendu leurs tentacules sur les ailes de l’«Etoile du Cameroun».

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