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General News of Thursday, 16 July 2020

Source: cameroon-info.net

Crise Anglophone: Peter Henry Barlerin lâche une bombe avant de quitter le Cameroun


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L’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, arrivé en fin de séjour, a accordé une interview au quotidien Le Messager édition du 16 juillet 2020. Dans cet entretien exclusif, le diplomate aborde plusieurs sujets notamment la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les droits de l’Homme et l’alternance au sommet de l’Etat.

L’ambassadeur Peter Henry Barlerin est arrivé en fin de séjour au Cameroun après près de trois ans passés à la tête de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun. Le diplomate américain quitte le pays alors que le conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a toujours pas trouvé une issue, malgré les multiples appels lancés par le gouvernement américain.

Mais le diplomate ne désespère pas et pense que pour parvenir à un arrêt des hostilités, «la violence des deux côtés doit cesser immédiatement. Les deux parties doivent s’engager dans un dialogue ouvert sans conditions préalables. Cela signifie que les séparatistes anglophones doivent abandonner leur condition de ne négocier que pour la séparation du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du reste du Cameroun; et le gouvernement doit abandonner son insistance sur le fait qu'un changement de la forme de l'État ne pourra jamais être envisagé».

Selon Peter Henry Barlerin, «il n'y a pas de solution militaire à la crise, mais les tueries et les destructions pourraient durer longtemps et les deux parties en seraient responsables si elles laissent faire. Au nom de Florence Ayafor, des femmes et des enfants de Ngarbuh, du missionnaire américain Charles Wesco et d'innombrables autres victimes innocentes, la violence doit cesser. Le gouvernement américain et de nombreux particuliers aux États-Unis ont offert leur aide pour faciliter les négociations», révèle-t-il.

En janvier 2019, les Etats-Unis ont décidé d’annuler les programmes d’aide militaire destinés au Cameroun. Le pays a également été exclu de l’AGOA. Ces décisions, affirme l’ambassadeur, ont le même fondement: «le gouvernement du Cameroun n'a pas répondu aux accusations crédibles de violations flagrantes des droits de l'homme par ses forces de sécurité. En raison de ce manquement, les États-Unis ont retiré leur assistance discrétionnaire avec pour conséquence la réduction des programmes d’aide militaire et le retrait de l’accès préférentiel aux marchés américains», soutient-il.

Cela ne veut pas dire que le gouvernement du Cameroun n'a encore rien fait à ce sujet, précise-t-il. «Nous avons été encouragés par l'arrestation et la poursuite de soldats impliqués dans le meurtre de deux femmes et de deux enfants pris en vidéo dans l’Extrême-Nord, et nous attendons avec intérêt de voir les résultats de ce procès. Nous avons été satisfaits de voir que le président Biya a ordonné une enquête avec des participants non-gouvernementaux sur le meurtre, le 14 février, de femmes et d'enfants à Ngarbuh. Nous avons été aussi soulagés de voir le président Biya s’engager sur l’ouverture d’une enquête sur le décès du journaliste Samuel Wazizi», ajoute le diplomate.

Au sujet de la récente sortie du leader du MRC, Maurice Kamto, sur une succession de gré à gré au sommet de l’Etat, l’ambassadeur Peter Henry Barlerin estime que «Maurice Kamto est un leader politique de l'opposition qui exprime sa préoccupation -qu’elle soit réelle ou pas-sur le fait que l'administration en place puisse chercher à trouver un successeur au président Biya par des moyens autres que démocratiques. C'est le droit d'un chef de l'opposition d'exprimer son point de vue. Que ces préoccupations soient fondées sur quelque chose qui se passe réellement ou simplement sur des rumeurs, je ne sais pas. Le Cameroun s'identifie comme une démocratie. Dans ces conditions, le peuple camerounais devrait pouvoir choisir ses dirigeants lors d'élections libres, justes et crédibles, conformément à sa Constitution».

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