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General News of Tuesday, 28 January 2020

Source: Cameroon Info

Crise Anglophone: Agbor Balla fustige la décentralisation

L'avocat Nkongho Felix Agbor Anyior alias Agbor Balla, président du Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique, le CHRDA, a, dans une rare sortie, fait l'impasse sur les mesures prises jusqu'ici par le gouvernement pour résoudre la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.
Depuis la Suisse où il participe actuellement à un atelier, le président du Consortium de la société civile anglophone du Cameroun (CACSC), interdit, s'est rendu sur Facebook et Twitter le lundi 27 janvier 2020 pour insister sur le fait que seule une fédération à deux États peut résoudre la crise anglophone.

Agbor Balla décrit la décentralisation et/ou le statut spécial comme des mesures palliatives, conseillant aux parties prenantes de revenir à la case départ pour traiter les questions fondamentales.

Écoutez-le : "Une fédération à deux États est la solution à la crise. Toute autre solution, que ce soit la décentralisation, une fédération à dix États ou un statut spécial, ne sont que des mesures palliatives. Nous devrons revenir à la table de travail pour traiter les questions fondamentales.

En octobre de l'année dernière, Agbor Balla, qui était l'un des principaux acteurs au début des manifestations civiles, a lancé un dernier appel pour que le Cameroun devienne un État fédéral après le grand dialogue national, seule panacée à l'aggravation de la crise anglophone.

S'exprimant le mardi 1er octobre 2019 au Centre de conférence de Yaoundé, Agbor Nkongho a déclaré que les personnes qui ont pris les armes pour faire des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun un État indépendant qu'elles appellent Ambazonia ne peuvent être pacifiées que si la forme de l'État est modifiée pour s'adapter au fédéralisme.

Prenant apparemment d'assaut la Commission de la décentralisation et du développement local dirigée par l'ancien ministre des forêts et de la faune Ngole Philip Ngwese, Agbor Nkongho a regretté qu'un autre dialogue puisse être ordonné par le président Paul Biya peu de temps après le grand dialogue national si la forme de l'Etat n'était pas discutée à l'époque.

Un clip vidéo de l'appel au clairon de l'avocat des droits de l'homme a filtré de la session à huis clos et a fait le tour des médias sociaux à l'époque. Dans la vidéo, Agbor Nkongho appelle le sénateur Mbella Moki Charles à témoigner.

Écoutez Agbor Nkongho : "Je ne veux pas que nous gaspillions l'argent des contribuables aujourd'hui et l'année prochaine, le Président nous appelle à un autre dialogue. Nous devons trouver une solution durable. Et comme l'a dit le Dr Munzu hier, je ne prescris aucune forme particulière de l'État. Mais nous ne pouvons pas partir d'ici sans examiner la forme de l'État. Pendant que je suis assis ici, si je vous montre mes messages de certains des leaders séparatistes à l'étranger demandant s'ils ont au moins commencé à parler ne serait-ce que de la forme de l'État.

"Certains d'entre nous ont mis en jeu leur réputation et leur image pour être ici. Si vous suivez les médias sociaux, ils attaquent certains d'entre nous juste pour être venus ici. Mais nous croyons en l'unité et en l'unicité de ce pays. Nous croyons que le Cameroun doit être un et indivisible. Mais nous croyons également que la décentralisation ne résoudra pas le problème. Nous devons parvenir à une fédération. C'est le minimum que les gens qui ont pris les armes accepteront".

Peu après les présentations d'Agbor Balla à l'époque, le ministère de la décentralisation et du développement local s'est rendu sur sa page Facebook pour exposer le concept de décentralisation.

"La décentralisation est le transfert de pouvoir et d'autorité de l'institution centrale vers les niveaux locaux inférieurs d'un système gouvernemental. Elle garantit la paix, la stabilité, l'unité et le progrès au Cameroun", peut-on lire dans le post.

L'article 2 de la constitution du pays stipule que "La République du Cameroun est un État unitaire décentralisé. Il est un et indivisible, laïque, démocratique et voué au service social. Elle reconnaît et protège les valeurs traditionnelles conformes aux principes démocratiques, aux droits de l'homme et à la loi. Il assure l'égalité de tous les citoyens devant la loi".

Mais depuis 1996, la décentralisation n'aurait pas décollé comme prévu et nombreux sont ceux qui, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pensent que le fédéralisme pourrait être la baguette magique.

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