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General News of Thursday, 13 August 2020

Source: www.camerounweb.com

Crimes de sang au Noso : ‘Paul Biya est le premier Ambazonien’

L’assassinat d’une jeune fille à Muyuka dans le Sud-Ouest quelques jours après celui d’une autre dans le Nord-Ouest a sorti Wilfried Ekanga de son silence. Le militant du MRC explique la responsabilité du président de la République dans ses crimes horribles et explique une fois de plus ce qui se passe réellement dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun.

Le plus grand des Ambazoniens, c’est lui !


Je suis toujours intrigué - et à la limite amusé - quand je vois des gens partager des images où l’on voit des séparatistes assassiner un Camerounais. On a parfois l’impression d’être dans un hôpital géant, avec 25 millions d’amnésiques à qui on a effacé la mémoire .
Il est grand temps de reprendre vos esprits ! La crise anglophone est comme une forteresse dont la clef se trouve par terre au vu et au su de tout le monde, mais dont les principaux coupables refusent expressément - et bêtement - de se saisir.
C’est pourtant cette clef qui permettrait de résoudre à tout jamais le problème , et ce de fond en comble.


Ce sont les mêmes images atroces qui sont utilisées par le régime pour montrer qu’il mène une guerre sainte ( et donc un Jihad ) contre ses propres enfants. Dans un incroyable accès de stupidité politique, Biya-Casper (ou ce qu’il en reste) et sa clique continuent de penser qu’ils vont résoudre la crise anglophone en démontrant que les Ambazoniens sont plus barbares qu’eux. Et c’est bien là tout le problème, parce que même ça, c’est loin d’être évident !
« Qui sont les bons ; qui sont les méchants ? » La réponse entraîne une autre question, tout aussi banale : « Qui a frappé le premier ? »


Ne vous y trompez pas : celui qui ne se rappelle pas comment tout ceci a commencé se demandera toujours - tout aussi bêtement - pourquoi ça ne finit pas depuis tout ce temps. Tant que la maladie d’Alzheimer (au propre comme au figuré) continuera de gouverner le Cameroun, aucune solution ne sera trouvée. AUCUNE !


Le pays est dans une impasse ; un cul-de-sac. Et les choses ont plus de chances de bouger dans le mauvais sens que dans le bon. Parce que les gens ne veulent pas se souvenir du passé et apprendre de leurs erreurs.


ANGES ET DÉMONS


Mais avant de revenir à ce fameux passé , attardons-nous un instant sur le présent : aujourd’hui même (mercredi 12 août 2020), se tient à Yaoundé la 1000ème audience du journaliste-blogueur Paul Chouta, au tribunal de grande instance . Comme d’habitude en l’absence de la plaignante, et au mépris de toutes les règles de procédure pénale inscrites dans la loi camerounaise. Première question. : conscient que même le pire des terroristes du globe terrestre a droit à un respect minimal de ses droits fondamentaux ( avocat, procédure transparente et légalement conforme etc ...), que vous inspire le cas Chouta ?


C’est de la même manière que Wilfried Siewe, simple vacancier , s’est retrouvé derrière les grilles pour avoir simplement possédé le livre « l’urgence de la pensée » de Maurice Kamto dans ses affaires, et s’être trouvé à photographier le centre-ville ( en Europe la chose la plus pratiquée qui soit ! ) .Siewe a été condamné à 3 ans fermes dans un procès plus expéditif que la lumière , après les incidents de Kondengui ( auxquels il n’a ni de près ni de loin participé), juste parce que ceux qui tiennent le pouvoir l’ont décidé ainsi . Car il fallait "passer un message" de terreur et donner une leçon de « fermeté » à la diaspora dissidente.


Deuxième question : considérant ce qui a été mentionné sur le cas Chouta plus haut, que vous inspire l’affaire Wilfried Siewe ?
Pour finir, il y a une semaine, le secrétaire de la Fédération Départementale Wouri III Soub Lazare, a rédigé une déclaration de manifestation au sous-préfet (conformément à la loi), pour une marche prévue ce vendredi 14 août à Douala, en faveur des libertés publiques , de la réforme électorale et de l’ouverture d’un dialogue VÉRITABLE en zone anglophone (pour précisément mettre fin aux atrocités) Ce dernier n’a rien trouvé de mieux que de ressortir le sempiternel motif du « risque de trouble graaaaaave à l’ordre public », auquel ils ne croient pas eux-mêmes.


Sans compter qu’ils ont évoqué les "mesures barrières" liées au coronavirus , alors que dans le même temps, les bars et les boites de nuit sont bien ouverts, et que les gens s’y frottent allègrement
Si tu as compris pourquoi j’évoque de nouveau ces faits , nous pouvons donc revenir au passé lointain pour mieux comprendre ce qu’il se passe . Je te le dis déjà tout de suite : le plus grand des Ambazoniens , c’est Paul Biya ! Si tu vois un séparatiste couper la tête d’un homme ou d’un enfant , si tu vois des villages brûler et des femmes violées au NOSO, sache que c’est Paul Biya le responsable premier . Il n’y a ni raccourci ni ascenseur . Tout, absolument tout, ramène à lui.


LA GENÈSE - AU COMMENCEMENT ...


En 2016, les avocats et enseignants qui sont descendus manifester pour leurs corporations n’avaient égorgé personne. Ils n’avaient également violé aucune femme, ni incendié aucun village. Et pourtant ! ... On les a quand même matraqués comme de vulgaires animaux ! Autrement dit, le régime vous fait croire aujourd’hui qu’il riposte face aux Ambazoniens parce que les Ambazoniens sont des barbares ; mais la réalité nous apprend qu’il réagit avec la même brutalité face à des interlocuteurs pacifiques. Car en fait, la brutalité est inscrite dans son ADN . C’est le paradigme du marteau qui voit des clous partout .


En gros, si les Ambazoniens n’avaient pas pris les armes, si leurs revendications étaient restées pacifiques tout en restant fermes, le pouvoir leur aurait répondu malgré tout par la brutalité ! Souvenez-vous des paroles du ministre amoureux (Tchiroma), de la créature (Ndongo) et d’autres « dératiseurs » qui, dans une arrogance sans limite, se vantaient de balayer la contestation en un clin d’œil ! A l’époque ils n’avaient pas compris que la violence est un art universel que tout le monde peut pratiquer s’il le désire (et surtout s’il y est poussé). Or c’est à ceux qui se proclament "patriotes" de montrer qu’ils sont bel et bien différents, en évitant toute escalade.
Cela n'a pas été fait. Loin de là ! Au pays des crevettes, les carottes étaient déjà cuites quand ils ont amorcé leurs "réformes", qui au demeurant n’étaient que du folklore , à l’instar de la parodie de dialogue organisée en septembre dernier , sous des airs de court-métrage hollywoodien.


En outre : Michèle Ndoki portait-elle une arme quand on lui a froidement logé trois balles dans les cuisses le 26 janvier 2019 ? Célestin Djamen était-il une menace quand sa jambe lui fut perforée sur le pré vert ? Gaetan Ngankam tenait il une bombe quand son pied fut déchiré par un policier qui lui disait « Marche encore on voit ! »? Comprenez donc une chose : quand vous vous comportez ainsi face à des gens qui n’ont pas d’armes, vous leur envoyez le message suivant : « LE PACIFISME NE SERT À RIEN ».


Ainsi, vous les transformez en monstres encore plus farouches que vous-mêmes. Vous les confortez dans l’idée qu’ils doivent à leur tour vous imposer leurs opinions par la force . C’est ce qu’on appelle la RADICALISATION, avec toutes les atrocités que ça comporte ( décapitations, fusillades, vols, viols et ...), sans compter le crime organisé de quelques groupes de bandits ordinaires qui profitent de la situation, sans avoir de revendication politique réelle.
En résumé , aujourd'hui, l'on tente de confondre la cause à l’effet. Yaoundé veut (malhonnêtement) inverser l’origine et la conséquence. Or la vérité, la voici, et elle est implacable : Ce n’est pas parce que les Ambazoniens sèment la terreur que le régime veut les neutraliser ; c’est parce que le régime a apporté la terreur que les Ambazoniens sont devenus radicaux et veulent neutraliser le régime.


Comme on dit à la maternelle : « C’est eux qui ont commencé ».


QUELLES LEÇONS POUR LA SUITE ?


Le souci, c’est que Yaoundé refuse de se remettre en question et de changer ses méthodes . Le refus des libertés publiques , la répression et l’intimidation restent le mode de gouvernance principal , comme s’ils subissaient un lavage cérébral quotidien la nuit, et oubliaient au réveil tout ce qui a conduit à cette crise . Les faits que je viens d'énoncer dans ce texte l’ont encore démontré : c’est un régime qui applique exactement ce qui a conduit à la radicalisation du NOSO, tout en espérant obtenir une sortie de crise .


En terme de délire et de folie , c’est le niveau suprême !
Quelle république pensent-ils construire avec cela ? Ce sont plutôt là les prémisses d’une poudrière ; les braises du cataclysme ; les signes avant-coureurs de la catastrophe . Au contraire ils sont entrain de créer les conditions idéales pour que tout explose réellement. D’ailleurs n’eussent été la couardise et la léthargie d’un peuple « francophone » ensorcelé par l’alcool et l’espoir en un Dieu amorphe qui viendra « sauver » le Cameroun, tout aurait déjà explosé !


Le pire c’est que les artificiers principaux de ce chaos, les auteurs en chef de cette série de mauvaises décisions , ceux qui aujourd’hui encore continuent de briller par leur incapacité légendaire à comprendre des choses aussi simples, ce sont « nos » fameux « intellectuels ». Des gens supposés faire office d’éclaireurs et préserver le peuple et le pays de pareils désagréments, s’avèrent être en réalité plus insensés qu’une babouche.
Retenez ceci : les Ambazoniens observent assidûment comment le régime opprime les francophones (qui eux pourtant sont a priori pacifiques) tous les jours. Et en voyant cela, ils se disent : « On n’a donc aucune raison de déposer les armes, puisque ça nous renverra à la case départ ». Et donc ils continuent la guérilla . De temps à autre ils commettent des atrocités sur des pauvres civils pour se faire remarquer, et pour que la peur change de camp (Ce qui est déjà bien évidemment le cas !)


EN BREF


Biya est donc le premier Ambazonien, le séparatiste Alpha. Il fut un moment où ces gens revendiquaient l’indépendance sans tuer personne. Depuis des années, le 1er octobre était leur fête et tout le monde s'en foutait . Puis en 2016, Casper leur a donné un motif de tuer . Et devant l’échec cuisant de sa méthode idiote , il n’a pas l’humilité nécessaire pour revenir en arrière et amorcer un chemin totalement différent : celui du dialogue , le vrai, avec les vrais interlocuteurs. Le tout précédé d'un mea culpa solennel et d'une réelle garantie des libertés publiques.


Et à cause de sa stupidité politique , demain ce sera peut-être ma cousine (ou ton oncle) qui sera tué par les séparatistes, pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. C’est ce qui arrive quand on ne veut pas attaquer le mal à la racine . Vous aurez beau prier les Ave Maria que vous voulez, vous aurez beau maudire Field Marshall et ses hommes , vous demeurerez bien hors-sujet sur l'enjeu national de la crise. Ce n'est pas là-bas que se trouve la solution!!!


Mais un jour peut-être, la force des circonstances vous obligera enfin à demander des comptes directement à ce Paul Biya . Celui dont nous disons qu’il est mort , mais dont ceux qui prétendent le voir en vie n’ont même pas honte du mépris qu’il oppose au peuple , en refusant de le rencontrer et de lui parler, comme le font tous les dirigeants « bien portants » et « chaud gars » du globe.

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