Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 05 24Article 598378

General News of Monday, 24 May 2021

Source: Sans Détour N°413

Covidgate : un pétard mouillé dans le sérail camerounais

Paul Biya entouré de ses ministres Paul Biya entouré de ses ministres

Le premier rapport d’audit de la chambre des comptes de la cour suprême sur la gestion des fonds covid, abondamment partagé cette dernière semaine sur les réseaux sociaux, bat en brèche les « alertes » détonantes du « lanceur » aux desseins déstabilisateurs, qui ont défrayé la chronique, au point d’enrhumer toute la république.

Avec ce nouveau document qui alimente la toile, c’est un léger démenti sur les accusations graves de malversations financières, dont était accablé presque tout le gouvernement de la république, au point de justifier l’ouverture d’une enquête judiciaire contre près de la moitié des membres du gouvernement, y compris son chef, le Premier ministre. A la lecture de ce document qui est sorti du champ de la confidentialité, on se demande par quel mystère, on est loin, très loin, du scénario catastrophe tant claironné par Boris Bertolt et ceux qui lé manipulent.

Même si les auditeurs de la chambre des comptes relèvent des manquements dans le système organisationnel et la gestion financière des ressources affectées, la juridiction spécialisée, reconnaît qu’au 30 décembre 2020, au terme de son rapport d’étape, les départements ministériels impliqués ont apporté des réponses satisfaisantes qui au finish, ont limité la propagation de la maladie et le nombre de décès dans le landerneau camerounais. En fin de compte, et selon ce rapport, seuls les cas de deux départements ministériels semblent avoir préoccupé outre mesure les auditeurs de la chambre, à savoir le ministère de la Santé publique et celui de la Recherche scientifique et de l’innovation.



Et même pour ces deux cas, le rapport relève les activités positives menées par leurs responsables, à côté des approximations constatées dans la passation et l’exécution des marchés y relatifs. Il convient de relever que le ministre de la Santé publique et son collègue de la Recherche scientifique et de l’innovation, ont à eux seuls géré 71, 26 % de l’enveloppe de 180 milliards de Fca octroyés par le Fmi-le Fonds monétaire international, dans le cadre de l’aide internationale à la riposte contre le Covid-19, soit 128 270 000 000 de Fcfa. Au Min-santé par exemple, le rapport a relevé que 18 sur les 19 activités priorisées ont été effectivement engagées, alors que 04 sur 07 ont été mises en œuvre au Minresi.





Concernant les activités du Minsanté, l’audit s’est préoccupé de l’acquisition des équipements de protection individuelle, du renforcement des mesures barrières, de l’acquisition des tests de dépistage rapide, de l’absence de certains tests de dépistage rapide pourtant commandés, de la surveillance communautaire dans les districts de santé, et la conduite des campagne de dépistage dans les régions, de l’amélioration des centres de mise en quarantaine dans les logements sociaux, de la gestion de la quarantaine des passagers arrivés au Cameroun, de l’acquisition des ambulances médicalisées, de l’acquisition des médicaments de prise en charge des malades covid, et bien d’autres.



Quant à celles du Minresi, l’audit s’est penché sur la production de la chloroquine et de l’azithromycine, l’acquisition de 50 000 tests de dépistage rapide par le laboratoire du Cremer, la production de semences de pré-base de cultures vivrières prioritaires pour le renforcement de l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle, entre autres domaines.


10 procédures pour des faits susceptibles de constituer des infractions
Avec à la fin, des recommandations formulées à l’adresse des responsables des départements ministériels concernés. 30 au total, soit 23 pour le ministère de la Santé publique, 05 à l’endroit du ministère des Finances, 01 à l’endroit du ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation, et 01 à l’adresse du ministère du Commerce. Il faut en plus de ces recommandations mentionner le contexte de la mise en exécution de cette riposte anti-covid, qui avait nécessité l’habilitation de la présidence de la république pour la passation des marchés en procédure spéciale.

Quant aux autres départements ministériels, le rapport précise que 19 sur 21 ministères sollicités ont collaboré à l’audit sur la gestion des 180 milliards de Fcfa du Fmi. De manière générale, on retient que de nombreuses informations n’étaient pas disponibles sur la période d’activités auditées.

Néanmoins, le rapport indique qu’au 31 septembre 2020, 60 433 504 747 Fcfa avaient été engagés par les autres départements ministériels, hormis le Minsanté et le Minresi, soit 33,47 % de l’enveloppe dégagée par le Fmi. Au 30 décembre 2020, selon le rapport d’étape, il se trouverait d’ailleurs que l’ensemble des départements ministériels^ concernés aient mis en place leurs plans de riposte validés.

Parallèlement, des ministres convoqués ont fourni des explications plausibles aux questionnements des auditeurs de la chambre, à l’exclusion du Minedub et du Minepia. D’autres, pour plus de clarifications, ont indiqué avoir reversé les fonds reçus au Minfi pour un usage plus approprié. On est donc loin de l’apocalypse annoncée par les francs-tireurs à l’encontre des membres du gouvernement. Finalement seules 10 procédures pour faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale, ont été recommandées par la chambre des Comptes. Pourtant dans les réseaux sociaux et autres supports de communication, les adeptes de la déstabilisation envisageaient déjà près de la moitié des membres du gouvernement dans les serres du redoutable Epervier.

Un melting pot dont le dessein caché était de nuire à la réputation de certains membres du gouvernement, dans la perspective du remaniement ministériel supputé depuis longtemps. Et depuis lors, ces spécialistes de la délation ont annoncé les passages des membres du gouvernement devant le Tcs- le Tribunal criminel spécial, y compris ceux qui étaient en mission officielle à l’étranger pour le compte de l’Etat. Trêves d’illusionnisme que le rapport de la chambre des comptes, finalement sur, la place publique, vient dévoiler !

Lorsqu’on y ajoute le contexte dans lequel se sont réalisées ces activités et l’urgence qui s’imposaient aux gestionnaires, ce qui leur vaudra assurément des circonstances atténuantes, les critiques qui enflent sur certains points de ce rapport, à l’instar de la validation de la mercuriale des tests anti-covid, ou encore les relents accusatoires et déstabilisateurs de certains lanceurs d’alerte au sujet de la gestion des fonds covid, on est en droit de reconnaître qu’on a affaire à un véritable pétard mouillé. Et si le véritable enjeu de cette procédure judiciaire ouverte était simplement de satisfaire la curiosité des bailleurs de fonds du Fmi ? Question de conscience.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter