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Actualités of Tuesday, 25 May 2021

Source: Repères n°965

Covidgate : le jeu des acteurs

Malachie Manaouda, ministre de la Santé du Cameroun Malachie Manaouda, ministre de la Santé du Cameroun

Chaque ligne d’audit de la Chambre des comptes, synthèse de mars 2021, sur l’utilisation des ressources-du fonds de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus est un scandale ! Raison pour laquelle Les travaux de la Chambre vont se poursuivre en 2021 et 2022 et feront l’objet de plusieurs autres rapports.

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités par le ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation (Min-resi), la production de la chloroquine et de l’azithromycine fait grand débat. Mieux, la seule évocation des noms de ces deux produits essentiels dans le traitement de la pandémie donne des frissons. Pourtant, cette activité a été budgétisée à hauteur de 4.054.445.000 FCFA. Au 31 décembre 2020, un montant total de 657.088.524 FCFA a été exécuté au titre de cette activité que l’institut de recherches médicinales et d’études des plantes médicinales (IMPM) a présenté comme la fabrication au Cameroun de 5.000.000 de comprimés d’azithromycine.

Cette activité est la résultante d’une proposition du Minresi faite au président de la République, qui a donné son accord le 9 avril 2020. En réalité, selon le rapport, «l’IMPM n’a pas lancé la fabrication locale, mai? a plutôt procédé à l’acquisition de 5 millions de comprimés d’hydroxychloroquine, 500.000 comprimés d’azithromycine et 300 KG d’intrants d’azithromycine, livrés le 29 juillet 2020. Il a alors procédé à leur reconditionnement dans des emballages achetés et imprimés (fabriqués par Zaneka, conditionnés par l’IMPM), alors même que les médicaments étaient entrés au Cameroun dans des emballages respectant les bonnes pratiques de conditionnement et de fabrication», note le rapport d’audit de la Chambre des comptes.

A l’évidence, note le rapport dans le deuxième paragraphe en page 19, « l’IMPM n’était pas en mesure de produire ces médicaments localement. Ce qui avait déjà été souligné dans le rapport d’évaluation de la direction de la pharmacie, des médicaments, et du laboratoire du ministère de la Santé publique en date du 28 avril 2020. Il apparait au demeurant que l’IMPM a passé une commande contraire à la proposition faite au président de la République». Au regard de ces constats, la Chambre des comptes s’interroge à l’intérêt d’acheter des intrants alors que les conditions de fabrication des médicaments n’étaient pas remplies.

A ce niveau, il y a lieu tout de même de signaler la correspondance du ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République qui, par une correspondance en date du 7 novembre 2020, portant mention « Très urgent », demande au ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation de «surseoir à l’opération spéciale de fabrication par l’IMPM des comprimés d’hydroxychloroquine et d’azythromycine pour un coût total de quatre milliards (4.000.000.000) de FCFA, dans le cadre du fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales».

Autres ministères
Le rapport de la Chambre des comptes fait aussi une incursion au ministère de la Santé publique. La gestion des ressources du fonds de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus est passée au scanner. L’attribution des marchés spéciaux et lettres commande spéciale est évoquée et remise en cause. La Chambre des compte relève que si de part leur nature, les marchés spéciaux selon l’article 71 (1) du 20 juin 2018 portant code des marchés publics «ne répondent pas, pour tout ou partie, aux dispositions relatives aux marchés sur appel d’offre ou aux marchés de gré à gré».

Sont aussi critiqués, l’acquisition des équipements de protection individuelle à hauteur de 2.941.000.000 FCFA, le renforcement des mesures barrières qui a coûté 70 millions FCFA, l’acquisition des tests de dépistage rapide à hauteur de 4740785000 FCFA. Le quasi monopole accordé à l’entreprise Me-dilline Medical

Cameroon SA avec l’autorisation du 11 juin 2020 par laquelle le Premier ministre donne quitus au ministre de la Santé publique de mener des négociations avec cette société, pour la livraison progressive de 3.000.000 de kits de dépistage à fin décembre 2020. Aussi, le rapport note « l’impact négatif pour le trésor public, du choix de Medilline Medical SA, au détriment du fabricant SD Bionsensor ». Ainsi que « l’impact négatif pour le trésor public, du choix de Medilline Medical SA, au détriment du fonds mondial de lutte contre le paludisme, la tubercule et le VIH… ».

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