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Actualités of Monday, 7 June 2021

Source: Perspectives d’Afrique N° 155 du 7 juin 2021

Covidgate au Minresi : le prof. Jean-louis Essame Oyono à l’abattoir

le prof. Jean-louis Essame Oyono à l’abattoir le prof. Jean-louis Essame Oyono à l’abattoir

Les dieux, disait Homère, rendent fous ceux qu’ils veulent perdre. Aussi les appels à la sagesse, pour recoller les morceaux épars et éviter l’anéantissement définitif se multiplient au Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation(Minresi), depuis la phase contradictoire de l’audit de l’utilisation du Fonds Spécial de Solidarité Nationale pour la lutte contre le coronavirus. Mais les conciliateurs n’ont pas réussi pour le moment à apaiser ou à rapprocher les protagonistes.

En première ligne on trouve d’un côté la Ministre Madeleine Tchuinte et en face, le professeur Essame Oyono, Directeur général de l’Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales(IMPM), grande figure du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais(RDPC), parti au pouvoir. Mais le match ne se résume pas à ces deux personnalités, tant s’en faut. Le conflit implique en effet une bonne dizaine de fractions, dont les divergences idéologiques affichées masquent mal des ambitions politiques déterminées de chaque clan. C’est la course effrénée pour le maintien à la tête du Ministère de la Recherche Scientifique et de l’innovation, totalement défait par l’actuelle occupante au poste, qui veut à tous les prix s’accrocher au strapontin. On en est donc venu aux mains, au bâton et au recours au Laakam !

Les crocs-en-jambe publics ont commencé à la suite des observations formulées par la Chambre des Comptes de la Cour Suprême au terme de l’audit de l’utilisation par certaines structures sous tutelle du MINRESI du Fonds Spécial de Solidarité Nationale pour la Lutte contre le coronavirus. Alors que les enquêteurs du Tribunal Criminel Spécial réclament en conséquence des éclaircissements au Ministre Madeleine Tchuinte, au sens le plus prosaïque du terme, en observant par exemple que l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales n’a pas de licence de fabrication des médicaments et qu’en dépit de l’autorisation du Président de la République qui lui conférait mandat de produire l’Hydroxychloroquine et l’Azithromycine, il ne pouvait réaliser cette activité pour cause d’incapacité technique, la MINRESI a cru vouloir utiliser le professeur Essame Oyono pour tromper le Chef de l’Etat , en proposant au directeur général la fabrication des étiquettes «fabriquer au cameroun par IMPM » qu’il fallait apposer sur des flacons importés de l’Hydroxychloroquine».Une offre vigoureusement repoussée par le professeur Jean-louis Essame Oyono et qui vaut à cet exégète de la science, des peaux de bananes et une campagne médiatique haineuse en plein essort, teinté de tribalisme pour faire tomber par tous les moyens, le professeur Jean-Louis Essame Oyono et mettre pour le remplacer par le Professeur NNANGA NGA, e Chef de Laboratoire de Technologie Pharmaceutique à l’Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales(IMPM). L’injonction de la ministre Madeleine Tchuinte, dont l’inimitié politique avec le Professeur Jean-Louis Essame Oyono ne date pas d’hier, apparaissait sinon comme une offense délibérée jetant un voile de suspicion sur la gestion du Directeur Général de l’IMPM, du moins comme une provocation abrupte, un défi de duel en quelque sorte.

Dans les couloirs du Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, il se raconte sous cape que : «la réaction a été d’autant plus vive que nombre de dirigeants du MINRESI avaient conseillé le professeur Essame Oyono de ne pas aller jusque-là, de traiter la question dans un cadre plus raisonnable. De ne pas contredire son Ministre qui avait déjà donné des assurances au Chef de l’Etat sans consulter le directeur général, que l’IMPM était capable de fabriquer les médicaments. Le refus du Professeur Jean-Louis Essame Oyono, de faire fabriquer et apposer les étiquettes sur des flacons importés a donc mis le feu aux poudres et ses détracteurs au sein du MINERSI se sont déchaînés.

Selon nos sources, Madeleine Tchuinte reprocherait notamment au Professeur Essame Oyono le refus de coopérer et de jeter de l’huile sur le feu alors que par définition son poste doit l’amener à se soumettre aux injonctions de la tutelle. Au cours d’une rencontre secrète des membres du Laakam appelés nuitamment en rescousse pour des initiatives de sauvetage de la Minresi, il en ressort que : le professeur Essame Oyono se trouve accusé d’avoir divisé encore plus le MINRESI et détourné en quelque sorte l’IMPM à son propre profit politique pour tenter de décrocher le poste de Ministre, avec le soutien du Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République ». Des accusations qui aux dires des partisans du Professeur Essame Oyono sont pour le moins farfelues. Le crêpage de chignon se poursuit donc de plus belle. Avec l’appui de la « presse du village », on a décidé quelque part que le Professeur JeanLouis Essame Oyono devait être marginalisé puis réduit à néant. Maintenant, à la faveur de la phase contradictoire de l’audit de l’utilisation du fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus, on veut porter le coup de grâce au Professeur Essame Oyono. En profitant de la courte vue et des ambitions sordides de nos caciques de toutes tendances. Alors les Bétis, c’est fini ? Non, mais le péril est en la demeure, Maison centrale./.

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