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xxxxxxxxxxx of Wednesday, 2 June 2021

Source: Le Point n°374

Covidgate-arrestations : ces présumés fautifs qui retiennent leur souffle

Le nouveau scandale qui défraie la chronique depuis quelques jours au Cameroun n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais à l’allure où vont les choses, l’on devrait s’attendre à des arrestations massives dans les prochains jours.
Mais, loin de nous la prétention de jouer aux procureurs, la tentation est grande de conclure à des faits de distraction de fonds publics commis par certains responsables qui ont pris du plaisir à s’amuser avec les fonds destinés à la lutte contre le Covid-19. Ils ont braqué la banque du peuple, voilà pourquoi ils doivent rendre gorge.

On peut le dire aujourd’hui de façon péremptoire. La gestion des fonds destinés à la riposte contre la pandémie à coronavirus ne s’est pas faite dans les règles de l’art. La synthèse du rapport de la chambre est d’ailleurs formelle à ce sujet. Certains responsables des départements ministériels qui ont bénéficié de cette manne venue du Fmi ont cru pendre des libertés dans la gestion de ces fonds.



Ce qui fait d’eux de potentiels prochains clients du pénitencier de Kondengui. Nous référant à la synthèse du rapport de la Chambre de comptes, on ne peut pas ne pas penser que l’opération est dépourvue de toutes velléités de règlements de comptes même s’il demeure constant qu’il y a eu détournements de deniers publics.



Jeux de succession
Vu sous cet angle, le principal collaborateur du président-de la République qui demande au ministre d’Etat, ministre de la Justice, Laurent Esso, de diligenter sans délai des poursuites judiciaires contre les auteurs, co-auteurs de malversations relevées par la Chambre des comptes dans son rapport d’audit a peut-être là l’occasion idoine de trancher des têtes à défaut de les mettre sous l’éteignoir dans la perspective de la succession de Paul Biya qui se joue déjà à guichets fermés dans le sérail.

En vieux briscard, Laurent Esso ne s’est pas laissé embarquer dans cette histoire sans se rassurer que l’instigateur était bel et bien le chef de l’Etat. D’où cette exigence qu’il fait au secrétariat général de la présidence de la République de lui fournir les « pièces d’investigations » issues la Chambre des comptes. En d’autres termes, Laurent Esso sait bien que la Chambre des comptes est apte à diligenter ce genre d’enquête sans passer par le garde des sceaux.

En chiens de faïences
Passé donc ce moment de flottement où chacun a voulu marquer son terrain, le Tribunal criminel spécial est rentré en scène et cuisine ministres et proches collaborateurs depuis quelques jours. Ce qui dans l’opinion laisse transparaître le temps des arrestations. Même si déjà, certains magistrats de cette haute juridiction crient à la manipulation.

Ajouter à cela, la pression populaire, la lutte d’influence opposant les ténors du gouvernement, quelques présumés acteurs de ce scandale ont déjà le buste à l’échafaud. Même si le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi estime qu’à ce moment de la procédure,l’on se saurait accuser quelqu’un de coupable. Est-ce une façon de protéger ses collègues du gouvernement de la vindicte populaire ? On peut le dire. Toutefois, des noms circulent.

La galaxie des présumés pilleurs
Malachie Manaouda, le ministre de la Santé publique

Bénéficiaire de toutes les facilités à manager cette crise sanitaire, Malachie Manaouda. n’aura fait qu’à sa guise, attribuant des marchés spéciaux à une coterie de prestataires venus de tous les horizons et doncles compétences ont toujours été sujettes à caution. Au ministère de la Santé publique, le patron de ce département ministériel s’était arrangé à ne rien signer, ou presque se défoulant aujourd’hui sur le fantôme de son secrétaire d’Etat qui n’aura pas le temps de se défendre.



Malachie Manaouda avait mis en place un groupe de travail chargé d’étudier les offres, et à sa tête il avait désigné celui qui devait porter le chapeau. Pourtant ses accointances avec les prestataires comme Mohadou Dabo ont fini par le rattraper. Rien que pour cela, il mérite la potence.


Madeleine Tchinté : ministre de la Recherche scientifique et de l’lnnovation,

Au ministère de la Recherche scientifique, Madeleine Tchuenté avait presque tout délégué aux structures sous tutelle, comme l’institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (Impm). Et pendant que ces structures opéraient des trafics de toute nature sur les Fonds Covid, elle s’occupait à autre chose, présidant les réunions ou assistant à des cérémonies comme si elle n’était au courant de rien, exactement comme Michael Corleone dans le film le Parrain, qui assistait à une cérémonie de baptême pendant que ses hommes de mains exécutaient à sa demande les chefs des autres familles de la mafia. Le directeur de l’Impm saura sans doute mettre à nu cette stratégie du Minresi qui ne pouvait pas ignorer que les marchés avaient été passés en Inde et emballés au Cameroun sous le sceau de l’Impm. Tromperie sur marchandise ? On y est presque.

Chief Doctor Joseph Dion Ngute : Premier ministre

Malachie Manaouda, le ministre de la Santé publique ne veut pas mourir seul dans cette affaire du Covidgate. Des sources suffisamment introduites, interrogé par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial (Tes) le 18 mai 2021, Manaouda Malachie, sur l’accusation du marché de 3 millions de tests attribués à l’entreprise Meline Médical Cameroun S.A. qui aurait fait perdre 14 milliards Fcfa au Cameroun aurait clairement indiqué qu’il n’a obéit qu’aux ordres du Premier ministre, Dion Ngute. Malachie Manaouda aurait à cet effet brandit deux correspondances dont les éléments ne sont pas contenus dans le rapport de la Chambre des comptes. Une première correspondance datée du 11 juin 2020 et

sur d’acquisition des tests est lancé, l’acquisition de ces kits de dépistage rapide du Covid-19 est confié par Dion Ngute à Me-deline Médical Cameroon S.A.Dans la correspondance N° 00491/CF/ qui est signée du directeur de cabinet du Premier ministre, Balungeli Ebune Confiance, on y découvre que c’est la suite d’une audience accordée le 27 mai 2020 à l’ambassadrice de Corée du Sud au Cameroun, RyeoI Rhyou, que le directeur du cabinet du Pm adresse au ministre de la Santé publique la correspondance suivante :

« Le chef du gouvernement vous autorise à mener les négociations avec le partenaire coréen identifié, afin d’obtenir l’accord officiel du Gouvernement de la République de Corée, pour la production et l’exportation au Cameroun de trois millions (3.000.000) de tests de dépistage de la Covid-19 d’ici décembre 2020. Cette commande pourra être livrée au pays au fur et à mesure au profit exclusif du ministère de la Santé publique ».



C’est toujours le même Premier ministre, Dion Ngute qui écrit le 11 juin 2020, par lettre N ° 00490/CF/CAB/PM au ministre des Finances à propos de son audience avec l’ambassadrice de Corée du Sud. « Le chef du gouvernement vous demande de bien vouloir prendre toutes les mesures idoines nécessaires pour assurer le paiement effectif au profit du ministre de la Santé publique, maître d’ouvrage, de la première tranche de la livraison des cent mille (100.000) premiers kits de dépistage rapide livrés par le cocontractant Medeline Médical Cameroun S.A.



Par ailleurs, il vous prescrit de tenir la main au suivi cohérent et efficace du règlement des prestations liées à l’importation de deux millions neuf cent mille (2.900.000) tests de dépistage de la Covid-19 restant d’ici fin décembre 2020. Cette commande sera livrée au Cameroun au fur et à mesure au profit exclusif du ministère de la Santé publique, par Medeline Medical Cameroun S.A., dans le cadre d’un marché social régulièrement contracté ». A chacun d’imaginer donc ce qui s’est réellement passé.

Magellan Omballa

Haut responsable au ministère du Commerce, il est considéré comme celui qui veut la tête deLuc Magloire Mbarga Atangana dont le nom est cité dans ce scandale. C’est en effet lui qui en collusion selon toute vraisemblance, avec l’opérateur économique Mouhamadou Dabo promoteur de Medline, qui signa depuis le 12 janvier 2021 la fameuse mercuriale à problème qui valide les kits de 25 pièces à 17500 Fcfa. Or dans les factures incriminées, c’est une pièce qui a été livrée au prix d’un kit à savoir 17500 Fcfa ce qui reporte de prix du kit livré à 437 500 Fcfa et non à 700 Fcfa/pièce x25 unités. Allez donc savoir ce que cette opéra- . tion frauduleuse aurait rapporté à Magellan Omballa.

Si ces faits venaient à être établi par les fins limiers du Tes, malgré le soutien des réseaux maffieux dont bénéficient habituellement les prédateurs des caisses du trésor public, la signature et le cachet nominatif qui figurent sur la fiche de validation dégage totalement la responsabilité de Mbarga Atangana dans cette affaire rocambolesque.

Jacques Fame Ndongo : ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur

Des sources généralement crédibles, Jacques Fame Ndongo aurait reçu 6 milliards de Fcfa pour la lutte contre le Covid-19 destinées aux huit universités d’Etat. Seulement rien n’aura été fait. Mais le Minesup aura tout de même ordonné le déblocage de 2,5 milliards de Fcfa au bénéfice de la Camtel pour dit-on « la visibilité des huit universités d’Etat sur la toile ».

Une dépense à la quelle les six milliards n’étaient pas destinés. Plus grave aucun des recteurs ne se serait aperçu de ce signal attestant de la visibilité des universités sur la toile.Une faute dé gestion qui pourrait sonner le glas de cette créature de Paul Biya désormais bon pour le gnouf.

En définitive, la situation ne devait pas être très différente dans les autres ministères triais le rapport de la chambre dès comptes indique « l’indisponibilité des informations à jour à la fin de la période sous revue ne « permet pas à la juridiction financière de dégager une situation exhaustive, non seulement sur les obligations relatives à la désignation du point focal et du chargé des opérations de comptabilité matières, ainsi qu’à la production des rapports d’activités, mais également sur la situation réelle des engagement des dépenses effectuées au 31 décembre 2020. »

Comme pour dire que beaucoup de révélations restent à faire. Tout comme, ces prestataires qui devront aussi agrandir le contingent des appelés pour la prison de Kondengui qui devrait faire sa toilette des grands jours pour accueillir tout ce beau monde.

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