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Actualités of Tuesday, 25 May 2021

Source: Emergence

Covidgate : ça panique dans le sérail , tous doivent répondre de leurs actes !

Les ministres à une réunion de travail Les ministres à une réunion de travail

C’est l’histoire de mi-n i s t r e s devenus spécialistes de la prévarication, du vol public et des détournements de deniers publics. Une spécialité camerounaise remise au goût du jour à travers la gestion de 250 milliards de frs cfa dont 180 milliards mis à la disposition du pays par le fonds monétaire international (Fmi) pour aider à limiter la propagation vertigineuse de la pandémie à coronavirus. Comment cet argent a-t-il été géré ? Le rapport d’étape de la chambre des comptes qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, est explosif sur le sujet, car il révèle, avec force et détails croustillants, la manière dont les décideurs ont batifolé avec des montants astronomiques, pourtant destinés à sauver des vies.

On a que nos yeux pour pleurer. 23 pages desquelles l’on retient : double paiement d’un même marché, passation des marchés aux entreprises non agréées souvent inexistantes, absence des procès-verbaux de réception définitive des marchés, engagements financiers dépassés, adjudication familiale des marchés, surfacturation, marchés non exécutés, disparition des budgets, non-présentation des dossiers des marchés spéciaux… Comble de malheur, même les dons du milliardaire chinois Jack Ma, présentés aux Camerounais tambours battants, ont pris une destination inconnue.



La Chambre des comptes du Cameroun, organe de contrôle de la Cour du suprême, dit n’avoir pas retrouvé la trace ou la destination finale du don offert en mars 2020 par le milliardaire chinois, pour aider le Cameroun dans la lutte contre le Coronavirus. «L’absence de prise en charge dans les livres du comptable matières [du ministère de la Santé publique] du don de 100000 masques de protection et 1000 équipements de protection individuelle de M. Jack Ma», peut-on lire dans la synthèse ce rapport achevé en mars dernier. En d’autres termes, les dons de Jack Ma ne sont pas enregistrés dans les livres du comptable matières.


Pourtant, la secrétaire générale du ministère de la Santé publique, Sinata Koulla-Shiro, avait réceptionné le 26 mars 2020 à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, un lot d’équipements médicaux offert par Jack Ma.

Comment est-ce possible ? Bien entendu, le Cameroun est coutumier de ce type de fait. Les 4000 sacs de riz Orca sont encore présents dans les mémoires, eux qui ont également emprunté des chemins non identifiés.

Il y a peu, sur les antennes d’Equinoxe Télévision, Albert Dzongang a traité les ministres de la République et le président de la République de bandits. Ce que nous avons trouvé excessif. Dans la même veine, le député Sdf Nintcheu, dans une de ses sorties épistolaires musclées contre Manaouda Malachie, a qualifié celui-ci de truand.

De la même manière, nous nous en sommes offusqués. Seulement, à l’occasion de ce covidgate, lorsqu’on voit l’ampleur des détournements perpétrés, on finit par admettre que ces propos ne sont pas exagérés. L’on constate que dans son ensemble, le gouvernement a mis en place une mécanique de vol, une ingénierie du mal pour spolier les citoyens. Le degré de pourriture est avancé. On se demande quel type de morale ces chefs de famille transmettent à leur progéniture.

A croire que dès lors que des perspectives financières pointent à l’horizon, certains commencent à aiguiser leur épée pour s’abattre sur le bifteck. Hélas ! Les ministres du Prince, dans leur boulimie sans fin, n’ont pas tiré les conséquences de certaines affaires qui ont fait mordre la poussière à plus puissants qu’eux. Ces gens n’apprennent vraiment rien de l’histoire, tellement ils sont obnubilés par leur fièvre d’enrichissement à tout va. Tous doivent répondre de leurs actes !!!

Les damnés de la République, grands voleurs devant l’éternel, semblent ignorer que peu importe le temps, la reddition des comptes est toujours au rendez-vous. Certains semblent oublier que même si le bouclier Paul Biya quittait les affaires aujourd’hui, le prochain homme demanderait qu’on rende compte.

Dans un pays où un gestionnaire, en la personne de Mekulu Mvondo, le directeur général de la Cnps, a un jour déclaré que la chose publique n’est pas la chose du public, la consternation est au rendez-vous. Comment comprendre que ceux qui président à nos destinées jouent ainsi avec des fonds destinés au peuple ? Comment comprendre que, dans des faux grossiers, des décideurs sacrifient la sécurité sanitaire de tout un pays sur l’autel de leurs intérêts propres ? Comment comprendre que des gens, qui en principe doivent faire montre d’une probité à toute épreuve parce qu’ils sont aux commandes de nos vies, parce qu’il gère nos fonds, en viennent à se comporter comme la lie de la société ?

Ils se partagent l’argent du peuple comme de petits fours. La presse, toujours marginalisée, a été comme d’habitude laissée pour compte. Même pas un seul kopeck dans le cadre de la communication. Une famille de la communication qui, comme un seul homme, s’est pourtant mobilisée pour sensibiliser les citoyens sur le coronavirus. Pendant ce temps, les gens s’en mettent plein les poches. Non, on ne peut tolérer une telle attitude.

Chef de tout, responsable de rien
Y a-t-il un commandant à bord du navire Cameroun ? Certains depuis longtemps estiment qu’il y a vacance au sommet de l’Etat. Vu ce qui se passe, on ne peut que leur donner raison. Car, comment comprendre que le président Biya que les Camerounais ont élu, depuis des années, laisse faire ? Le problème du Cameroun, c’est sa tête. Elle ne fonctionne pas du tout, et donc, tout le pays en pâtit. Il faut le dire, un gouvernement s’identifie à son leader.

Lorsqu’on a un leader qui est regardant, qui sanctionne, sa rectitude déteindra forcément sur ses collaborateurs. Ces écarts surgissent parce que les ministrès savent que le leader n’est pas un exemple. Le Cameroun a un problème de leadership criard. Lorsqu’une personne grappille des milliards et n’est pas sanctionnée, comment voulez-vous qu’elle ne recommence pas ? Un crime non sanctionné est le terreau de la récidive.

Un mauvais exemple qui fait en sorte que le Cameroun se retrouve dans la nasse des prévaricateurs. Mais n’oublions pas que dans ce covidgate, il s’agit du pécule des bailleurs de fonds. Paul Biya qui veut une fin de règne à l’ombre des projecteurs, se retrouve subitement sous le feu des projecteurs. Il faut se méfier de l’argent des institutions financières internationales. Elles ne laissent jamais couler. Le train ici prend un virage particulier, tout le contraire lorsqu’il est question des fonds camerounais avec lesquels on s’amuse souvent.

Non, il ne faut pas que le Fmi, auprès de qui l’Etat s’est endetté, laisse passer une telle infamie. On sait que les institutions de Bretton Wood sont particulièrement sensibles à la reddition des comptes. Le pays ne peut pas ainsi s’endetter sur des générations à venir, pour que certains le détroussent en croyant l’emporter au paradis.

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