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General News of Friday, 7 August 2020

Source: Actu Cameroun

Covid-19 : le cri de détresse des Camerounais bloqués en Inde

Sept d’entre eux sont déjà passés de vie à trépas sur la centaine de compatriotes qui attendent depuis des mois qu’un vol spécial leur soit affrété par l’Etat du Cameroun pour leur rapatriement.

Gervais Guillotin a quitté le Cameroun le 06 mars 2020 pour accompagner sa maman malade se faire soigner d’une tumeur cancéreuse en Inde. Arrivée à destination le 07 mars, la patiente est admise quatre jours plus tard à l’hôpital Apollo de Bangalore dans l’Etat du Karnataka, au Sud de l’Inde. Quand le pays annonce la fermeture de ses frontières du fait de la pandémie du Coronavirus à la mi-mars, le traitement de la maman de Gervais se poursuit encore.

Après la première étape du traitement achevée début mai, la suite devait se poursuivre au Cameroun. Mais la patiente est obligée d’engager la deuxième phase des soins sur place. Le pays ayant procédé à un confinement total de la population depuis le 25 mars. Des dépenses supplémentaires difficiles à supporter malgré les prêts et autres soutiens familiaux. «Financièrement on était à bout. De plus, nous ne pouvions plus rester à l’hôpital, où seuls les cas extrêmement urgents étaient désormais admis», témoigne le jeune homme.

Gervais et sa maman doivent alors passer un séjour plus long que prévu à l’hôtel, où il faut payer 2200 roupies par jour, environ 20 000 FCfa. A six mois, les deux proches cumulent une facture de près de 3 600 000 FCfa à l’hôtel. Ils n’ont pour l’heure aucune idée où trouver la ressource financière pour s’acquitter de ces frais. « Nous sommes financièrement essoufflés. Si le 15 août nous trouve dans ce pays, nous ne pourrions tenir. Nous comptons sur le gouvernement camerounais », affirme Gervais.

D’autres compatriotes qui avaient posé leur valise dans des hôtels moins indulgents ont été mis à la porte depuis des mois, apprend-on. Certains d’entre eux- squattent désormais dans des maisons communes, où l’on peut retrouver jusqu’à cinq personnes par chambre. Une situation qui n’est pas sans danger sur le plan sanitaire, notamment dans le cadre de la propagation du Covid-19.

7 Camerounais décédés

A côté du problème du logement, il y a celui de l’alimentation. Des témoignages de Camerounais bloqués en Inde indiquent que la ration alimentaire est une véritable équation à plusieurs inconnues à résoudre. « il y en a qui n’ont plus de quoi manger. On mange du riz, des pomme de terre ou des semoule de maïs à longueur de journée. C’est tout ce qui est à la portée ici. On mange le même repas tous les jours. C’est pénible. On reste coincés dans quatre murs », déplore un Camerounais en Ipde.

Qui nous indique que le corps en décomposition d’un compatriote a été découvert dans sa chambre le 04 août. Le septième décès recensés. Ce qui rajoute la peur à l’inquiétude et au stress déjà ambiants au sein de la communauté camerounaise en Inde. Celle-ci appelle le gouvernement camerounais en aide pour l’organisation d’un vol spécial en vue de leur rapatriement.

« Nous sommes en détresse dans ce pays. Depuis le début de la pandémie, nous ne pouvons pas voyager. Les frontières sont fermées. Il n’y a pas de moyen pour sortir du pays. Seul le gouvernement peut nous sortir de cette situation en affrétant un avion pour notre rapatriement. Nous avons déjà perdu sept Camerounais ici », crie Huratuis Loweh, un Camerounais en séjour en Inde depuis janvier 2020, qui à l’habitude de cette destination pour des affaires.

Minrex

Pour tenter de trouver une solution à leur problème, un Camerounais a initié la création d’un groupe sur le réseau social WhatsApp le 08 mai 2020. Un premier recensement dans ledit groupe baptisé «Détressé en Inde » a enregistré 109 participants. Dans les discussions, des membres du groupe ont fait observer que des pays comme la Côte d’ivoire, le Nigeria, le Niger ou encore le Rwanda ont affrété des vols pour le rapatriement de leur ressortissants en juin et juillet derniers. Ils souhaitent que leur pays d’origine suive l’exemple. Les administrateurs du groupe ont envoyé des correspondances au ministre camerounais des relations extérieures (Minrex). Dans une lettre du 16 juin, ils ont demandé « en attendant l’aboutissement des procédures » au ministre de donner l’autorisation à Ethiopian Airlines de les embarquer les déposer au Cameroun. Sans suite.

Dans une correspondance signée du secrétaire général des services du Premier ministre du Cameroun le 1er juillet, le chef du gouvernement a instruit au Minrex, en liaison avec le ministre des Transports et celui des Finances, de finaliser les procédures administratives et financières en suspens, en vue du rapatriement de nos compatriotes qui sont encore bloqués à l’étranger ».

Le 22 juillet dernier, Lejeune Mbella Mbella, le Minrex, a quant à .lui demandé à l’ambassadeur du Cameroun en Chine de saisir les autorités indiennes pour faciliter les procédures de retour et obtenir une autorisation de survol et d’atterrissage en faveur de l’aéronef de type Boeing 737-800/700 de la compagnie Ethiopian Airlines sur l’itinéraire Addis-Abeba-Bombay-Nsimalen via Addis-Abeba. Les Camerounais bloqués en Inde qui continuent de vivre le calvaire attendent désespérément l’aboutissement desdites procédures.

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