Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 02 14Article 573301

xxxxxxxxxxx of Sunday, 14 February 2021

Source: actucameroun.com

Covid-19: le Vatican peut-il voler le traitement de Mgr Kleda ?

Le questionnement est d’Edouard Kingue, journaliste et éditorialiste au quotidien privé Le Messager.

A l’entame des années d’indépendance, un collectif de pasteurs, tradi-praticiens, maitres de la nuit, s’étaient réunis à Ndoungue dans le Moungo sous la houlette des pasteurs Moungole et Kingue, pour sélectionner les plantes, écorces et herbes médicinales de nos forêts et faire un inventaire de pathologies courantes susceptibles d’être soulagées.

Deux cahiers rédigés à la main furent confectionnés : l’un pour la pharmacopée traditionnelle et l’autre moins connu pour des interventions ésotériques. A l’analyse de ces cahiers que nous avons consultés sous le sceau du secret, nous pouvons dire que l’Afrique regorge d’une sagesse ancestrale qui n’attend que des instruments d’analyse scientifique pour livrer ses secrets, en ce qui concerne les pouvoirs visibles et invisibles de guérison.

Quelques décennies plus tard, le père jésuite Eric de Rosny, puisant sur ces filons, publia plusieurs livres dont le plus connu est intitulé : « les yeux de ma chèvre, sur les pas des maîtres de la nuit en pays douala » 1981. A-t-on moins besoin de la sagesse thérapeutique que de la science médicale quand on sait que nous sommes livrés aux laboratoires dont les conceptions immorales frisent parfois le charlatanisme ?


En 2006, Mgr Kleda publiait un excellent travail sur le « Traitement des maladies par les plantes au Cameroun ». Un livre assez documenté et comprenant : l’identification, la cueillette, le séchage des plantes, les modes de préparation et les recettes. Avec en sus, l’index des plantes dans différentes langues. Lorsque le Covid 19, venu de ‘nulle part’ a commencé à sévir, face aux gesticulations médicales ici et ailleurs, Mgr Kleda a pris la menace à bras le corps, ouvrant les formations sanitaires de l’église aux patients pour ses potions.

Peut-on alors considérer sa nomination au Vatican comme une reconnaissance et une récompense pour ses efforts en matière de traitements et en particulier de lutte contre le Covid 19 ? « Dans cette espèce de think tank de la curie romaine, il existe une stratégique commission de réponse pontificale au Covid 19. Le grand danger pour nous ne serait-il pas que le Vatican nous vole le traitement de Mgr Kleda ? S’interroge-t-on.

La nomination de Mgr Kleda, qui a pris ses fonctions à l’archidiocèse de Douala en 2009, pourrait être perçue comme une bonne chose pour la simple raison qu’étant membre du dicastère en charge de la santé, il saura frotter ses connaissances de naturopathe aux scientifiques du Vatican, s’ils ont pour but non de le combattre, mais d’aider à mieux rationaliser ses découvertes.

Cela peut aussi se retourner contre lui si cet entourage ‘veut découvrir des insuffisances’ ou des tâtonnements dans ses compositions. Ces scientifiques sont des personnes de foi tout comme Mgr Kleda, mais seulement ils sont encore beaucoup plus rationnels et ne gobent pas aussi facilement une potion d’herbe ou un mélange bizarre de racines, même si les résultats semblent probants.

Au demeurant, peut-être Mgr Kleda s’en sortira avec tous les honneurs et la reconnaissance de l’Eglise catholique universelle pour sa contribution à la santé des hommes, soit alors on lui demandera très délicatement d’arrêter de vendre du vent.

Le cas le plus emblématique est celui de Mgr Emmanuel Milingo longtemps archevêque de Lusaka en Zambie, qui a cause de ses dons de thaumaturge, de guérisseur et d’exorciste, pour que le Vatican puisse mieux le contrôler, l’avait nommé à Rome « délégué spécial de la Commission pontificale pour la pastorale des migrants ».

Le Vatican est maitre dans l’usage habile du principe « Promoveatur ut amoveatur » dont la traduction littérale est « Il est promu afin qu’il soit retiré ».

A Rome, mis à l’épreuve, on a dit-on, ‘découvert’ ses limites. Avec pour inconvénient de braquer Mgr Milingo qui a quitté l’Eglise en faisant beaucoup de bruit. Ce n’était tout de même pas un curé de paroisse, mais tout un archevêque venant du plus important diocèse de son pays où il jouissait d’une certaine notoriété. Depuis le bras de fer entre Mgr Milingo et Rome, les autorités du Vatican sont devenues beaucoup plus fines fines dans le fait de tirer le tapis en dessous des pieds d’un évêque. « Bien que j’aie été nommé membre du dicastère pour le service du développement intégral humain à Rome par le Saint-Père le Pape François », a estimé Kleda, « je reste archevêque métropolitain de Douala parce que ce poste ne requiert pas obligatoirement ma présence continue à Rome ». Voire…

Mais le Kleda ne s’arrête pas là, souligne un laïc engagé, Mgr Kleda « semble avoir multiplié trop d’impairs à l’égard de son prédécesseur. On a eu comme l’impression qu’il veut voir effacer l’image du Cardinal. D’abord il a brutalement étouffé la naissance de la « Fondation Cardinal Tumi » en y posant son veto ; quelques années plus tard, il a retiré brutalement le nom du Cardinal du canon de la messe en animant en sous-main la publicité au sujet de la suppression du nom de son prédécesseur ».

Or le Pape François à la différence des Papes Saint Jean Paul II et Benoit XVI, a développé la technique de la « douce étreinte douloureuse » qui est une attitude typique du bon jésuite. Par ailleurs et très important à souligner, dans l’ordre des cardinaux, Tumi est à double titre un ainé du Pape François : il est né en 1930 et crée cardinal en 1988 tandis que le Pape François est né en 1936, crée cardinal de Buenos Aires en 2001 et élu Pape en 2013. « Sans doute les deux hauts prélats se connaissent et s’apprécient mutuellement. Ce qui laisse présager que les avanies que le cardinal Tumi a subies depuis son départ de l’archevêché ne sont pas tombées dans les oreilles d’un sourd ».

En effet, chaque dicastère dépend absolument du pape et ne peut agir qu’en son nom et avec son accord.

Ce qui pourrait induire à croire que pour Kleda le principe « promoveatur ut amoveatur » serait enclenché. Les jours a à venir nous aideront à mieux comprendre…

Mais peut-on, en une décennie, dresser le bilan de Mgr Kleda à la tête de l’archidiocèse de Douala ? Pour ses détracteurs, « Comment expliquer qu’il n’y a pas de Recteur à la tête de l’Université Saint Jérôme ? » « Macacos qui était un beau fleuron dans le monde l’imprimerie à Douala n’arrête de battre sérieusement de l’aile ; la télévision Veritas qu’on a annoncée à grand renfort de publicité est introuvable dans le réseau des chaines de télévision opérant au Cameroun ».

N’empêche, cette analyse comporte des failles. Du point de vue pastoral, Mgr Kleda a su étendre l’installation des paroisses dans presque tous les coins et recoins de la ville et il continue admirablement à occuper le terrain avec la construction ici et là de nouvelles églises et le nombre de prêtres ne cesse d’augmenter, ce qui est tout à son honneur…

Compte tenu de sa ‘promotion’ au dicastère, croit-on qu’un nouvel archevêque est en téléchargement là où ses proches attendait qu’il soit créé Cardinal…comme hier Mgr Tumi ? Rome n’est jamais pressé mais les jésuites ont la rancune tenace…

Mais pour MGR Kleda, espérons comme dit « Deutéronome 11:24 « Tout lieu que foulera la plante de votre pied sera à vous: votre frontière s’étendra du désert au Liban, et du fleuve de l’Euphrate jusqu’à la mer occidentale ».

Edking

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter