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General News of Tuesday, 23 June 2020

Source: La Nouvelle Expression n°5243

Covi-19 : forte odeur de détournement de fonds chez Manouda Malachie


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C’est la question que se pose Human Rights Watch. Après des enquêtes menées sur le terrain par l’Ong, celle-ci s’interroge. Dans un communiqué de presse daté du 12 juin 2020 et publié sur son site, Human Rights Watch affirme que des établissements de santé du Cameroun ont versé des contributions obligatoires au Fonds de solidarité pour la santé et que le gouvernement devrait débloquer de l’argent provenant de ce fonds pour soutenir les établissements médicaux qui font face à la pandémie de Covid-19, s’il ne l’a pas déjà fait, et ouvrir des enquêtes si une partie de ces fonds a disparu.
De l’avis de Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch, le gouvernement camerounais devrait publier immédiatement les informations pertinentes sur les recettes, les dépenses et la gestion de son Fonds de solidarité pour la santé. L’interlocuteur estime dans un communiqué publié le 12 juin 2020 et repris par des médias en ligne, que: «le Cameroun est le pays d’Afrique centrale qui connaît le nombre le plus élevé de cas confirmés de Covid-19 et, pourtant, il semble que le gouvernement n’ait pas déboursé d’argent provenant d’un fonds de réserve auquel les établissements de santé ont versé des contributions précisément pour faire face à des situations d’urgences comme celle-ci. Le ministre de la Santé devrait immédiatement faire en sorte que les sommes versées au Fonds de solidarité pour la santé soient mises à la disposition des établissements médicaux qui ont un besoin pressant de soutien, publier les informations relatives à la gestion de ce fonds et enquêter sur d’éventuelles irrégularités».

Le document rappelle que depuis 1993, la loi camerounaise exige que les établissements publics fournissant des soins médicaux primaires versent 10 % de leurs recettes mensuelles au Fonds de solidarité pour la santé. Les hôpitaux sont officiellement exemptés de cette charge, mais des membres du personnel médical ont affirmé à Human Rights Watch qu’ils contribuent également au fonds. Ce fonds, qui devrait relever de la responsabilité du ministère de la Santé, a été créé pour servir de réserve financière d’appoint lors d’urgences sanitaires.

Cependant, à la connaissance de Human Rights Watch, qui dit avoir tenté sans succès d’obtenir des informations auprès du gouvernement, aucune information au sujet des règles de gestion de ce fonds ou de ses activités n’a été publiée, ce qui le rend vulnérable à la corruption et aux détournements, écrit l’organisation en question. Cette dernière déclare mordicus s’être entretenue avec huit membres du personnel médical, soit six médecins et deux infirmières, avec trois avocats et avec plusieurs représentants d’organisations non gouvernementales locales réparties dans tout ie Cameroun, entre le 6 avril et le 24 mai 2020.



Déboires des Établissements de santé ayant contribué pourtant
Hélas, «toutes ces personnes ont affirmé n’avoir aucune information concernant des décaissements du Fonds de solidarité pour la santé. Les prestataires de soins de santé ont indiqué qu’ils pensaient que le gouvernement n’a jamais déboursé d’argent de ce fonds, même pour lutter contre le Covid-19, et pourtant les établissements médicaux continuent d’y contribuer à hauteur de 10 % de leurs recettes. Human Rights Watch a également écrit le 11 mai au ministre de la Santé, pour s’enquérir des règles de gestion du fonds et de ses activités, mais n’a pas reçu de réponse». Le communiqué relate qu’en date du 9 juin dernier, soit trois jours avant la rédaction du document, le Cameroun avait enregistré 8 681 cas confirmés de Covid-19 et 208 décès, ia majorité de ces cas étant survenus dans les villes de Yaoundé et Douala.

«Le nombre réel de cas est très probablement plus élevé, car les capacités de dépistage sont limitées. Fin mars, le gouvernement a demandé aux citoyens de contribuer à un Fonds spécial de solidarité nationale, qu’il a créé pour fournir un appui supplémentaire aux efforts déployés pour limiter la propagation du Covid-19 et pour soigner les malades. Il a également reçu un financement d’urgence de 226 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI). Les établissements sanitaires camerounais manquent de ressources adéquates pour faire face à la pandémie de Covid-19», dénonce Human Rights Watch.

Pénuries d’équipements hospitaliers de base
L’Ong poursuit en décrivant: «les prestataires de soins de santé que nous avons interrogés ont fait état de pénuries d’équipements hospitaliers de base, notamment de thermomètres, de produits désinfectants et de médicaments, ainsi que de ventilateurs, d’oxygène et d’équipements de protection pour les médecins et les infirmières tels que masques, gants et lunettes. Malgré ces pénuries, le gouvernement n’a fourni aucune information concernant les sommes encaissées par le Fonds de solidarité pour la santé, ses éventuels décaissements et le solde disponible, et n ‘a pas davantage clarifié ses règles de gestion. L’absence apparente de recours à ce fonds pour faire face à l’actuelle crise sanitaire et économique suscite de graves inquiétudes sur la possibilité que l’argent ait été mal utilisé ou détourné par corruption».

L’Organisation mondiale de la santé (Oms) ayant officiellement qualifié le Covid-19 de pandémie, la crise sanitaire et économique qu’elle’a causée est suffisamment grave pour déclencher des déboursements du Fonds de solidarité pour la santé, atteste l’Ong. Dans un rapport publié en 2018, la Banque mondiale a tiré la sonnette d’alarme au sujet de l’absence de règles et d’informations sur ce fonds, notant qu’ «on n’est pas en mesure de savoir clairement à quoi sert le Fonds de solidarité» et qu’ «il n’y a toujours pas de législation sur son mode d’utilisation.» Ce rapport formulait également des préoccupations relatives au fait que les transferts d’argent vers le fonds puissent «être une importante source de gaspillage de revenus», en particulier parce que les établissements de soins primaires reçoivent une part très modeste du budget national consacré à la santé.

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