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General News of Tuesday, 7 April 2020

Source: agencecamerounpresse.com

Coup d'Etat de 1984: Paul Biya bientôt trainé en justice

Trente-six (36) ans après le putsch manqué du vendredi 06 Avril 1984, le passif n’est pas complètement vidé. Pour cause, un déni des autorités camerounaises en place à Yaoundé. Les familles des camerounais tués parce qu’identifiés comme mutins ou complices de la mutinerie, attendent encore que le gouvernement de Paul BIYA leur délivre les actes de décès de leurs parents. Un refus qui a des conséquences graves.

En droit, il existe une différence fondamentale entre la non présence, l’absence et la disparition. Selon qu’une personne est décédée sans qu’on n’ait vu le corps, ou qu’on soit resté de longues années sans voir une personne et qu’on ait des raisons de croire à son décès, on parlera de disparition dans le premier cas et d’absence dans le deuxième cas. On ne parle de décès que lorsque la mort a été légalement constaté. Soit par la présence physique de la dépouille du défunt, soit par la délivrance d’un acte de décès, avec certificat de genre de mort. Et dans le cas que nous soulignons c’est de cet imbroglio juridique que les autorités camerounaises laissent planer les nombreuses familles qui ont perdu un des leurs à l’occasion de ce conflit du 06 Avril 1984. Seule la constatation du décès par des autorités compétentes crée des effets juridiques.

Depuis le 06 Avril 1984, les familles n’ont pas vu les dépouilles des leurs. Ils avaient été exécutés et inhumés dans des fosses communes. Dans un article de Georges Dougueli dans Jeune Afrique, le journaliste révèle que « le problème, c’est que l’armée et l’administration refusent de délivrer aux familles des actes de décès, des documents sans lesquels les mutins exécutés ou morts au combat resteront considérés comme disparus. La conséquence est grave. « Ce statut (de disparu ndlr) empêche l’ouverture des successions et prive les ayants droit d’un héritage. » Les requêtes étant restées sans réponse, les 150 familles dans ce pétrin sont obligées d’attraire l’Etat en justice pour espérer un jour obtenir les pièces réclamées et faire librement le deuil de leurs parents et enfants tombés ce jour-là, ou fusillé plus tard ou cours des opérations punitives du gouvernement à l’endroit de tous ceux qui étaient soupçonnés de près ou de loin comme ayant pris part à cette affaire.

Vivement que le Chef de l’Etat apure ce dossier avant toute transmission de son pouvoir.

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