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General News of Wednesday, 1 July 2020

Source: Kalara N°345

Corruption : la police joue à cache-cache avec un divisionnaire pourri

Martin Mbarga Nguele, le chef de la police camerounaise Martin Mbarga Nguele, le chef de la police camerounaise


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Qu’est devenu l’ancien commissaire de sécurité publique de la ville de Bafia limogé depuis le 4 juin 2020 pour une affaire portant atteinte à l’honneur de la police ? La Délégation générale à la Sûreté nationale entretient le mutisme.
M Mbarga Nguele couvre-t-il certains de ses collaborateurs indélicats en taisant des faits qui ternissent pourtant grandement l’image de la police ? C’est la question que l’on se pose depuis un peu plus de trois semaines dans la ville de Bafia. Celui qui était le commissaire de la sécurité publique de cette ville a en effet été limogé en sourdine depuis le 4 juin pour une affaire ayant une forte odeur de corruption.

Le commissaire divisionnaire Didier Afana Manga, puisqu’il s’agit de lui, et six de ses anciens éléments sont depuis tantôt annoncés par la rumeur aux arrêts au Groupement mobile d’intervention (GM1) N°1 à Yaoundé, tantôt placés.en détention provisoire à la prison de Kondengui. Un sujet sur lequel la Délégation générale de la Sûreté nationale pourtant bavarde en certaines circonstances refuse de s’exprimer en dépit de plusieurs demandes d’information adressées par Kalara au responsable de la communication.



Les faits, tels que récoltés dans les milieux de la police, font état de ce que le Commissariat de sécurité publique de Bafia avait reçu un renseignement faisant état de ce qu’un individu parti de la capitale Yaoundé avec une somme de 50 millions de francs était en route pour. l’Ouest du pays, probablement pour Foumban. Cette fortune liquide avait été arrachée à une dame moyennant un stratagème encore inconnu de votre journal. Et la victime avait heureusement informé de hautes autorités policières du pays, qui diffusèrent des messages dans le réseau afin de cerner le fugitif. Et ce sont des éléments de M. Didier Afana Manga en service au célèbre poste de contrôle au lieu-dit Bigna, à l’entrée de h ville de Bafia, qui avait le bonheur d’interpeller le présumé escroc pour le conduire dans les bureaux de la police pour être présenté au chef de l’unité.

Erreur de débutant
La situation va déraper lorsque, attiré par l’appât démesuré du gain, selon des sources anonymes, le commissaire divisionnaire décide non pas de mettre aux arrêts le suspect pour les besoins de l’enquête, mais de s’entendre avec lui pour prendre possession d’une partie du butin et le laisser partir avec le reste dans l’espoir que le secret ne sera jamais dévoilé. C’est ce qui sera fait au grand dam des attentes exprimées depuis Yaoundé pour que l’escroc soit intercepté avec tout l’argent et convoyé, comme d’usage, auprès de l’unité ayant déclenché sa recherche pour la suite de la procédure judiciaire. Devant l’argent récolté ainsi, en violation des règles morales de sa profession, le commissionnaire divisionnaire aurait perdu la tête au point de commettre «de petites erreurs de débutant», qui vont le mettre plus tard en difficulté.


Quelle somme le présumé escroc avait-il réellement sur lui au moment où il est intercepté par la police à Signa? Bien malin qui pourrait en donner le montent exact hormis les mis en cause et les personnes chargées de connaître de l’affaire. Toujours est-il que le divisionnaire Didier Afana Manga est accusé d’avoir récupéré une partie considérable du pactole, laissant une portion du butin au suspect avant de l’aider à fondre dans la nature. La situation aurait pu en rester là si le chef de l’unité de police s’était montré plus adroit au moment du partage de l’argent reçu du fugitif. Selon des sources officieuses internes à la police, M. Didier Atana Manga aurait décidé de s’octroyer 20 millions de francs et laisser le reste de l’enveloppe à six de ses éléments, parties prenantes de l’opération, pour qu’ils se le partagent. Et c’est cette imprudence qui va faire capoter l’opération, selon les sources de Kalara.

En fait, ce sont les propres éléments de M. Didier Afana Manga qui vont vendre la mèche. Pourquoi ? II se pourrait que le partage de l’enveloppe mise à disposition par le commissaire divisionnaire a créé quelques mécontents aussi bien parmi les policiers intervenus dans la mise aux arrêts de l’escroc présumé que parmi leurs autres collègues en service dans cette unité, manifestement déçus d’avoir été ignorés dans la redistribution de cette sale moisson.

Les sourdes revendications des déçus, voire des dénonciations en règle opérées par certains mécontents, seraient parvenues en haut-lieu, déclenchant une enquête administrative qui va avoir des conséquences rapides pour le chef d’unité et ses complices. Didier Afana Manga et ses six complices seront entendus dans un premier temps, puis le Divisionnaire sera débarqué le 4 juin dernier, presque 2 mois après son installation. Il a été remplacé par son 1er Adjoint, le Commissaire de police Pondy.


Solidarité de corps ?
Depuis lors, personne ne sait officiellement la suite de ce dossier à fort relents de corruption. La rumeur, portée par de nombreux cadres de la police contactés par Kalara, dît que le commissaire divisionnaire et ses six anciens éléments sont à la disposition du GMI N°l, tantôt gardés à vue, tantôt bénéficiant de leur liberté alors que les enquêtes se poursuivraient. Aucune information officielle ne circule sur le sujet.

En cette période où certaines sources indiquent que le Dgsn, M. Mbarga Nguele, n’est pas en grande forme de santé, personne ne dit rien. Est-on en face des manifestations de la solidarité de corps, les hauts-gradés de la police refusant (et ce n’est pas l’unique cas) de livrer leur alter-égo à la vindicte populaire alors que la Dgsn a pris l’habitude de faire beaucoup de bruits pour des situations bien moins graves? On peut le penser.

En attendant, rappelons qu’en un peu plus d’un an, le commissariat de sécurité publique de Bafia a vu passer quatre chefs. C’est une unité charnière dans la lutte contre l’insécurité qui sévit dans cette ville située à mi-parcours entre Yaoundé et Bafoussam, une zone de repli stratégique pour certains malfrats. Depuis le départ en avril 2019 du commissaire de police principal Emmanuel Noël Djouna, qui y avait séjourné pendant plus de 5 ans, au limogeage le 4 juin dernier, de M. Didier Afana Manga, le commissariat de sécurité publique de Bafia a connu le très éphémère commandement, à peine 3 jours, de Stéphane Didier Mvondo Nna, jadis premier adjoint de M.Djouna et celui de près d’un an de M. Albert Ayong à Bidias, qui était alors en complément d’effectif dans le commissariat. Bafia, est-elle devenue une ville maudite pour les policiers ? Il y en a qui en sont convaincus.

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