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General News of Friday, 10 July 2020

Source: Le Messager

Corruption - Prévarication: les dessous de la guerre entre Amougou Belinga et certaines Beti


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La bataille à mort qui oppose certaines élites Beti est loin de porter les aspirations de cette communauté.

Comme le reste de la masse abusée, les peuples du Centre, du Sud et de l’Est aspirent à la justice sociale et une meilleure redistribution de la richesse nationale. La question tend à s’installer au centre des préoccupations nationales, depuis quelques semaines. Les jeux d’intérêts de certaines élites issues de la communauté Beti arpentent insidieusement les couloirs de la présidence de la République. La mésentente entre certaines «élites» Beti opposées sur une supposée convergence sur les priorités communautaires s’emploie à prendre en otage cette communauté dont les ressortissants sont répertoriés, en majorité dans les régions du Centre, du Sud et de l’Est.

Le conflit qui met en opposition les privilégiés économiques et politiques entend rallier les couches populaires de cette communauté. Seulement, les inégalités sociales existantes dans ces régions sont loin de favoriser l’adhésion des masses à ce pugilat. Dès lors, l’ampleur que prend ce conflit de privilégiés renforce la conviction des masses issues de la communauté Beti sur les réalités des postures pseudo-défenderesses que certains privilégiés, se réclamant de l’élite, tiennent pour mieux se hisser sur les strapontins dont ils tirent profit depuis des décennies, sans que les populations issues de ces trois aires géographiques et culturelles n’en tirent le moindre gain.

A l’examen, la pauvreté ambiante et endémique qui a fait son lit dans les régions du Centre, du Sud et de l’Est- comme dans les autres régions du Cameroun- favorisent la violence sociale et politique que ces élites nourrissent au quotidien. De même que le vivre-ensemble et la solidarité, antiennes abusivement usités par les élites Beti masque difficilement la mal gouvernance dont ils se sont rendus complices.

De même que la stigmatisation socioéconomique qu’ils promeuvent vis-à-vis de certains milieux d’affaires présentés, à tort ou à raison, comme appartenant à quelques groupes ethniques ne résiste pas aux connexions maffieuses que la même élite Beti entretient avec ces milieux. Du coup, dans la guerre actuelle, les deux camps n’hésitent pas à dénoncer, sous cape, la proximité entre de nombreux thuriféraires de Paul Biya et les fonds recyclés dans l’environnement économique camerounais. Des fonds dont une grande partie est issus de la prévarication de la fortune publique.

Corruption et prévarication

Les revendications à forte consonance identitaire que mettent en relief certaines élites des régions du Centre, du Sud et de l’Est sont loin de porter les aspirations des peuples Beti. A la réalité, elles tirent leur essence du jeu de manipulation et l’arnaque orchestrée par ces élites qui, souvent, pour nourrir les surenchères politiciennes et individualistes veulent recueillir l’adhésion des masses qui aspirent, elles, au mieux-vivre et à la justice sociale. Aspirations auxquelles cette élite embourgeoisée et engluée dans la corruption et la prévarication ne peut donner satisfaction.

Autant dire que le problème Beti est aussi celui exprimé par les masses précarisées Bamiléké, Sawa, nordistes, anglophones et autres qui veulent voir le développement à leur porte. Autant qu’il faut apprécier le jeu des acteurs installés dans les privilèges. Des manœuvres accentuées par le contexte marqué par l’annonce d’une redistribution des portefeuilles gouvernementaux et la perspective d’une alternance-transition à la tête de l’Etat. Perspective vers laquelle tous ou presque se projettent en berçant le prince dans l’illusion des fidélités aussi factices que ponctuelles.

Poker-menteur

La notion de poker-menteur trouve tout son sens dans la tentative de classification entre «bons et mauvais Beti» à laquelle s’essayent certaines élites des régions du Centre, du Sud et de l’Est. Faudrait-il encore convenir que l’homogénéité linguistique qui caractérise les Beti fait d’eux une race, une unité culturelle, physique ou une homogénéité sociale collective qui ferait des ressortissants des régions du Centre, du Sud et de l’Est des personnes moulées dans un courant de pensée uniforme. Des allégations dont la science tarde à établir d’hypothétiques certitudes. Les bribes de convergence existantes relevant en grande partie du hasard des migrations dont sont issues ces peuples dans l’espace géographique.

C’est que l’instrumentalisation et la caricature de la «Betitude» noble est un produit des manœuvres politiciennes qui ignorent pourtant les aspirations légitimes de ces peuples dont l’une des caractéristiques culturelles est la prise en compte des valeurs démocratiques et humanistes. Au nom d’une pseudo-solidarité des Beti aux agissements d’une élite le plus souvent corrompue et connectée à la classe nationale des prévaricateurs de tous bords, certaines élites Beti s’emploient à nourrir les exclusions et, éventuellement, la révolte brutale qui bruissent dans la masse. Des réalités vécues non loin du Cameroun. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le schéma (re) tracé ici par certaines élites autoproclamées pourrait conduire à la désagrégation du tissu social.

D’autant que le fait d’être Beti ne confère aucun privilège dans le contexte de précarité que connait la majorité des camerounais. Si les vocables usités chez les Beti induisent quelques rapprochements, il demeure que comme les nordistes, les Bamilékés, les Sawa, les ressortissants camerounais des zones anglophones et tous les camerounais dans leur ensemble aspirent à la justice sociale et une répartition objective des richesses nationales. Seules gages des solidarités invoquées par ces élites qui se réclament de mandats ignorés.

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