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General News of Friday, 3 April 2020

Source: 237actu.com

Coronavirus : les prostituées de Kribi attaquent en pleine journée

Les mesures de restriction imposées dans les lieux de loisirs, révèlent une certaine fébrilité chez les travailleuses du s*xe dans la ville balnéaire.

Entre oisiveté et recherche de solutions de circonstance, ces dernières ont de la peine à cacher leur mal-être. Quartier Afan-Mabe à Kribi, lieu-dit derrière NBK. Dans sa chambre de 3 m2, Céline reste en carafe toute la journée. Le petit matelas qui lui sert de couchette a perdu de son épaisseur à cause de sa masse corporelle. La main droite posée sur sa joue, la jeune dame regarde religieusement la télévision. Dans ses habitudes, Céline est une accro des télénovelas et des productions nollywoodienne. Mais cette fois, actualités oblige, les chaines d’information retiennent son attention.
«Je suis obligé de savoir comment la maladie évolue et quelles sont les nouvelles mesures parce que le confinement ne nous laisse pas», indique-t-elle. Les dernières informations sur l’évolution de l’épidémie au Cameroun et dans le monde ne sont pas bonnes, le nombre de nouveaux cas va croissant. Le regard anxieux, la mine grise, cette mère de 3 enfants réalise que la fin du cauchemar n’est pas pour demain.

À 29 ans révolus, cette travailleuse du sexe a rarement connu des moments aussi difficiles. Elle raconte que : « Tout est mort. Les bars, les boîtes de nuits, tout est fermé. C’est de ces milieux que proviennent souvent nos clients ici au carrefour Kingue.» Car en termes de revenu, «une prostituée peut gagner 15000 frs tous les soirs», ajoute-t-elle. Depuis l’apparition de la crise sanitaire et l’application des mesures de restriction, les belles-de-nuit broient du noir. Celle que nous nommerons Jackie a l’habitude des boîtes de nuit. D’ordinaire, sa journée commence à la tombée de la nuit, à la quête des amateurs de sensations fortes. Depuis deux semaines, elle n’a pas vu un radis. «Même se nourrir est devenu très difficile. Je n’arrive plus à m’assumer. C’est vraiment très compliqué. Tel que c’est parti il va falloir trouver autre chose à faire même si c’est pas évident», lance-t-elle à bout d’espoir.

Reconversion

Avec le prolongement des mesures de restriction et l’ombre d’un confinement total qui plane sur le pays, les prostituées de Kribi n’ont pas d’autres choix que celui de s’adapter à la nouvelle réalité. Les plus rodées se lance à «l’attaque» en pleine journée. Plages, restaurants et quelques rues isolées sont pris d’assaut. Un phénomène qui ne manque pas d’attirer l’attention des citoyens. Conducteur de mototaxi dans la ville de Kribi, Yahya Mohamed est de ceux-là qui condamnent le nouveau fléau. Il croit savoir que : « Si elles ne peuvent plus avoir les clients dans la nuit, elles doivent rentrer au village s’exercer à l’agriculture par exemple.» Si elles ne sont pas nombreuses à vouloir retourner au travail de la terre, quelques-unes parmi ces dames s’adonnent déjà à de nouvelles activités. C’est le cas d’Alvine K. qui s’est ouverte une échoppe. Cigarettes, biscuits, whiskys en sachets, l’étalage est très diversifié et les clients autour commencent à s’en accommoder. En attendant le retour à la sérénité, les jours s’égrainent et ces femmes fragiles et vulnérables les comptent comme les doigts de la main.

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