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General News of Thursday, 7 May 2020

Source: 237online.com

Coronavirus: les confessions d’une serveuse 'condamnée à mort'


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Inconsciemment, elle porte les germes du covid-19 qu’elle distribue gratuitement à tous les clients qui viennent troquer leur vie, celle de leurs différentes familles et entourage au prix d’une bière.

Adieu le confinement et la fermeture des débits de boissons à 18heures, et bonjour le dieu Bacchus et la fiesta. « Cher(e)s frère et sœurs camerounais,
notre gouvernement nous aimes, voilà pourquoi il a offert à tous un passeport direct pour l’au-delà. C’est malheureusement ce qui nous attend avec les mesures d’assouplissement prescrites. Nous sommes Mort ! Mort ! Mort !… et enterrés si nous ne prenons pas consciences de ce qui nous attend », s’inquiète une serveuse dans un bar de la ville de Yaoundé. Boire est en effet un moyen simple et rapide d’être d’humeur joyeuse au pays des Lions Indomptables.

Et, par la même occasion, de prendre du plaisir. Alain Tohom, âgé de 44 ans, se pavane avec une bouteille de bière et une cigarette qu’il aspire sans vergogne. « Quand je bois je me sens en forme. La cigarette accompagne l’alcool. C’est un mélange exquis. C’est ma 10ème bouteilles de bière, depuis le matin », se vante-t-il. De tel spectacle on en a eu à se couper le souffle depuis que le gouvernement a autorisé l’ouverture des débits de boissons au-delà de 18 heures.

Du rond-point express ; lycée de BiyemAssi ; Essos ; carrefour Biyem-Assi ; jouvence ; en passant par Mini-ferme, les débits d’alcool débordent de clients pour la plupart, des jeunes. « Quand je prends de l’alcool, je me sens diffèrent d’un gamin même si j’en suis un. L’alcool m’élève en quelque sorte et je suis respecté par les amis », laisse entendre Nicolas Atéba assis dans une buvette. La consommation d’alcool est donc devenue pour les camerounais un phénomène qui à côté des problèmes qui minent déjà notre société, ne fait pas l’objet d’une attention particulière. « Lever le coude » est sans doute le sport collectif d’une frange importante de la jeunesse. Il urge que les autorités en vertu de leurs compétences à divers niveaux se saisissent des différentes questions que posent cet amour grandissant entre les jeunes et l’alcool. Sauf que devant ce comportement déviant, les serveuses des bars représentent le Canal de la transmission de la covid-19.

Salaire

« Je porte un masque de protection et une paire de gant. Je me cris très protégée, ooh que non !!!. Nous sommes le vendredi 1er mai 2020. Je sers une bière glacée à mon premier, il est atteint de covid-19, mais ne le sait pas et moi non plus. A sa suite, un trio entre, puis s’installe. Le trio s’installe sur une tablette du bar. La tablette carrée est prévue pour quatre places assisses. Je me rapproche d’eux pour les inviter à observer les mesures de distanciation prescrites. Ils me rétorquent : « votre bar a d’abord quelle superficie pour nous tenir à un mètre l’un de l’autre. Vu sous cet angle, vous aurez à peine 20 clients simultanément », confie Arielle, serveuse au snack bar le Boucan à Essos dans l’arrondissement de Yaoundé 5.
Je m’excuse et me ravise. Je me rappelle soudainement que depuis un mois et demi, je n’ai pas eu de salaire ; nul n’ignore pourquoi.

« Je prends leur commande ; munie de mes gants de protection, je vais au comptoir où ma collègue derrière le comptoir s’empare du papier et de l’argent que je lui tends et met à ma disposition la commande du trio et les sers. A peine j’ai fini qu’un client m’interpelle pour une seconde bière bien glacée, je vais la lui servir en débarrassant la précédente bouteille sur laquelle sont posés les germes de coronavirus. Un autre groupe de clients arrivent. Je sers en même temps. Je suis contente, car j’aurai enfin mon salaire à la fin du mois, sans compter les pourboires d’au moins 2500Fcfa chaque soir.

Malheureusement, ce que je n’ai pas réalisé à cet instant c’est qu’en débarrassant la première bouteille du client et bien que munie d’une paire de gant, j’ai inconsciemment porté les germes du covid-19 que j’ai gratuitement servis à tous les clients qui sont venus troquer leur vie, celle de leurs différentes familles et entourage au prix d’une bière ». Après avoir bu, pour d’aucuns 2, 3, 4 et pour d’autres des casiers, le bal vers les seules toilettes du bar débute. Revenez lire la suite dans quelques heures….

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