Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 04 03Article 503068

Health News of Friday, 3 April 2020

Source: 237online.com

Coronavirus : la situation est hors de contrôle au Cameroun

Manaouda Malachie dans sa dernière communication, sans le dire expressément, a dévoilé tout son espoir de voir les autorités décider d’un confinement de la population. Le rythme de la propagation est passé à une vitesse supérieure.

Dans l’urgence, il opère un revirement qui trahit un appel à un confinement des populations. « Je voudrai d’ailleurs demander à tous, en dehors de l’avis des scientifiques, de se couvrir la bouche et le nez en sortant », a déclaré Le ministre de la Santé dans sa dernière communication avant-hier soir. Le virus aurait-il muté, au point où le ministre revienne sur ses premières déclarations? Cette sortie, faut-il le préciser, est en rupture avec son schéma habituel de communication, lié à l’expertise de ses collaborateurs au Minsanté. Il a donc pris ses distances, certainement échaudé par la courbe exponentielle des contaminations au Cameroun. « Ce soir le Cameroun est passé de 223 cas positifs avec 107 cas actifs au Covid-19. Je pense que l’heure est suffisamment grave pour que nous prenions tous conscience », a-t-il soufflé. Les Camerounais n’avaient-ils pas conscience avant du mal ? La réponse tombe comme un couperet : si. Le problème doit donc être ailleurs par exemple au niveau les 13 mesures qui commencent à monter leur insuffisance et interpellent les autorités de monter encore d’un cran pour donner une réponse à la hauteur du mal. Il faut le dire sans ambages, le confinement devient une obligation avec les mesures appropriées qui l’accompagnent.

C’est probablement à défaut d’un confinement prescrit officiellement, qu’il a pris sur lui de demander aux Camerounais de se couvrir le nez et la bouche en sortant de la maison. Cela signifie en clair que toute personne est vulnérable à la contamination dès qu’il est hors de son cadre de vie. Il faut bien noter qu’il s’agit là d’un revirement spectaculaire de Manaouda Malachie car au début, il affirmait que le port du cache-nez n’était pas indiqué, s’alignant de ce fait sur la position du gouvernement français qui soutenait une telle thèse lors des débats en Hexagone. Se pourrait-il que de nombreux Camerounais soient affectés à défaut d’avoir protégé bouche et nez dès le début de la lutte contre cette pandémie du Coronavirus ? Et là ce n’est pas tout car la prochaine mesure visant à dépister massivement les populations dans les grandes villes, est vivement critiquée. Une frange importante de l’opinion estime qu’il aurait été nécessaire de confiner les populations avant de passer à l’acte de dépistage. La logique ici est vite mise en évidence car on peut être négatif aujourd’hui et être positif demain suite aux déplacements hors de chez soi. La deuxième objection soulevée contre cette opération de dépistage massive est l’effectif du corps expéditionnaire appelé à la tâche, jugé trop petit pour dépister en un temps record une ville de près de 4 millions d’habitants comme Douala. En réalité, avec un effectif de 1500 agents, il est fort à parier qu’avant la fin de l’opération, ceux qui étaient contaminés aient eu le temps de développer la maladie et de rendre l’âme.

L’obligation d’un confinement de la population

Le confinement total de la population donne des insomnies au pouvoir à cause de la prise en charge pendant le temps du casernement. Le montant de l’ardoise doit être particulièrement salé dans la mesure où beaucoup de Camerounais œuvrent dans le secteur informel, par essence précaire pour une grande majorité. Ils vivent donc au jour le jour et doivent en cas de confinement dépendre totalement et intégralement de l’Etat. Confiner par exemple les populations de Douala, de Yaoundé et de Bafoussam, près de 10.000.000 d’habitants au bas mot, doit peser lourd. Au Sénégal MackySall a décidé d’octroyer une somme de 184.000 Fcfa à chaque famille pour la période de confinement qui peut d’étaler sur trois. Bien entendu que ce n’est pas tout le pays. Le Cameroun a-t-il par exemple les moyens pour imiter une telle initiative ? Il aussi vrai que dans cette initiative, le gouvernement va faire appel à ses données statistiques. « Conscient que notre pays vit une période particulièrement difficile en raison de la pandémie du Coronavirus, le gouvernement, en complément au plan de riposte sanitaire, a élaboré le plan de soutien économique, social et humanitaire évalué à 1700 milliards de Fcfa », apprend-on des autorités ivoiriennes. Le problème de fond qui empêche un confinement pour l’instant au Cameroun est de toute évidence l’indisponibilité financière.

Guerre infernale

Dans le Fonds créé et dans lequel Paul Biya a injecté un milliard de nos francs selon les services de la primature, les cotisations suivent à pas de tortue. Devant le budget ivoirien, on se pose des questions sur les capacités réelles de ce pays à faire face à cette guerre infernale qui peut emporter tout le pays si rien n’est fait allant dans le sens du confinement. Tous les pays qui ont limité la catastrophe sont passés par l’expérience du confinement total des populations. Ce n’est pas une exclusivité camerounaise. Encore combien de temps faudrait-il pour que le Minsanté arrive à la conclusion que le contrôle de la situation lui échappe ? Faudrait-il que s comptabilité matinale arrive au millier et au million pour que la Nation prenne conscience de la gravité de la situation ?

Il n’appartient plus au seul Manaouda Malachie de se battre seule contre cette pandémie, lui qui s’est voué corps et âme à la tâche. Tous les ministères doivent être impliqués car le pays est en guerre, aucun moyen pour sauver notre population ne doit être épargné. Le commandant en chef doit battre le tam-tam pour un rappel de toutes les troupes. C’est par exemple ce qu’a fait le président sénégalais en recevant au palais son grand opposant qui a contesté sa victoire à la dernière élection présidentielle dans son pays. C’est par là aussi, en taisant nos rancunes et rancœurs, que nous pourrons affronter avec lucidité le Covid-19. En cela les saintes Ecritures disent vrai : « aucune maison ne saurait tenir debout si elle est divisée en elle-même », surtout en une période pareille. Avis.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter