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General News of Saturday, 28 March 2020

Source: www.camerounweb.com

Coronavirus : Jeune Afrique déballe sur la situation à Kondengui

Le magazine français Jeune Afrique vient de relayer sur son site internet les cris de détresses des détenus des prisons civiles du Cameroun. Le journal peint un sombre tableau de ces lieux de détention où la surpopulation est quasiment érigée en règle.


Surpopulation carcérale, promiscuité et vétusté nourrissent la peur de la contagion chez les détenus comme chez leurs proches. À l’extérieur des prisons camerounaises, des avocats réclament une « décongestion immédiate » des centres de détention.

Crainte et angoisse animent Christian C. en cette matinée du 25 mars. À la prison centrale de Kondengui de Yaoundé où il est détenu depuis bientôt sept ans, il doit désormais suivre un protocole particulier pour rencontrer son neveu venu lui rendre visite. L’accès à la cour intérieure du pénitencier étant proscrit, c’est la cour d’honneur – une sorte de hall ouvert à l’air libre – qui sert de parloir. Après un lavage de mains obligatoire pour les deux interlocuteurs, la rencontre se déroule dans le strict respect d’une distance de sécurité d’un mètre.

Comme dans tous les lieux accueillant du public, la crainte de voir le coronavirus atteindre les prisons camerounaises se fait sentir, bien qu’aucun cas n’y ait encore été officiellement recensé. Il n’empêche : la sous-direction de la santé pénitentiaire, dans le sillage des mesures adoptées par le gouvernement le 17 mars dernier, a adressé une note aux unités carcérales pour préciser les mesures à prendre afin de limiter les risques de propagation du coronavirus.

Parmi celles-ci, la désinfection intégrale des 91 prisons du pays, la mise en place de restriction d’accès, l’isolation des cours intérieures, l’usage de lave-mains, ou encore la réduction des activités de groupes. Le plan d’action de l’administration pénitentiaire est clair : « réduire au maximum » le risque de contamination des 31 000 prisonniers du pays et des quelque 4 600 employés de ces unités carcérales.

Surpopulation
Mais, loin de rassurer les détenus, les dispositions mises en place par les régisseurs de prison peinent à dissiper les inquiétudes. Avec 88 cas dépistés et au moins deux décès enregistrés, le Cameroun est le pays d’Afrique centrale le plus touché par le coronavirus.

Christian C. confie notamment que « de nouveaux prisonniers continuent d’être conduits en prison ». Des arrivées qui exposent les anciens captifs à une contamination venue de l’extérieur. « La prison ne dispose d’aucun kit de test. Comment sait-on que les détenus qui ne cessent d’arriver ne sont pas contaminés ? Il suffit d’un seul cas pour que toute la prison soit touchée », explique-t-il. Avant de souligner que dans cet établissement prévu pour accueillir 1 000 personnes mais où quelque 4 500 prisonniers s’entassent en réalité, « la promiscuité a fait son lit ».

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