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General News of Thursday, 28 May 2020

Source: camer.be

Coronavirus à Banyo: bras de fer entre le préfet et le Lamido sénateur


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Le préfet accuse le lamido d’avoir demandé l’ouverture des mosquées sans son autorisation, exposant les habitants au COVID-19.

«Ce monsieur a détruit le travail que nous avons effectué depuis le mois de février. C’est intolérable », lance le préfet du département du Mayo-Banyo dans la région de l’Adamaoua. Charles Gall, très en colère, affirme que lorsque le lamido sénateur Mahaman Gabdo Yahya est rentré de la session parlementaire au début du mois de mai, il a demandé l’ouverture des mosquées sans l’aval du préfet qui les avaient fermées au début du confinement en mars dernier. « Depuis mars, nous avons pris des dispositions fermes pour lutter contre le coronavirus, en respectant les mesures gouvernementales.


En évitant les rassemblements de 50 personnes, j’ai demandé la fermeture de toutes les mosquées. Mais, en ce moment, le lamido a pris sur lui de détruire toutes les mesures barrières sans mon autorisation. J’ai saisi l’administration pour déplorer cela, il doit en tirer toutes les conséquences », prévient le préfet. En effet il y a deux semaines, le préfet a saisi le lamido par correspondance pour lui rappeler que « tout ce qui va survenir à Banyo au sujet de la propagation du COVID-19 sera de sa responsabilité ». La même note de service a été transmise au Premier ministre.



Pour répondre au préfet, le lamido sénateur Mahaman Gabdo Yahya a lui aussi adressé une correspondance au chef du gouvernement pour dénoncer « l’arrogance et l’irresponsabilité du préfet du Mayo-Banyo ». « J’ai écrit au Premier ministre et il m’a répondu en me félicitant. J’ai dit au chef du gouvernement que lorsque je suis rentré de la session parlementaire, j’ai trouvé qu’on faisait la prière de façon clandestine. J’ai donc demandé que les mesures de distanciation soient respectées dans les mosquées, j’ai demandé qu’on mette des lignes de 1,5 mètre d’écart sur les tapis dans les mosquées pour respecter la distanciation, j’ai exigé que celui qui n’a pas de cache-nez n’entre pas, j’ai aussi fait désinfecté les mosquées avec le chlore et déposé de l’eau potable pour le lavage des mains à l’entrée », réagit le lamido sénateur.

« C’est après tout cela que j’ai demandé l’ouverture des mosquées. Ouverture même c’est trop dire, puisque le préfet n’a jamais officiellement fermé ces mosquées. Qu’il vous dise quand est-ce qu’il a commis un huissier de justice pour venir les fermer ou même les éléments de forces de l’ordre. C’est un préfet qui passe son temps dans les buvettes, pourquoi s’acharne-t-il sur les mosquées et laisse les églises ? Allez lui demander », poursuit-il.


Le climat est devenu si tendu que le préfet a interdit la cérémonie que voulait organiser le lamido à la prison de Banyo pour remettre des kits de lutte contre le coronavirus aux détenus. Les deux parties ne s’adressent plus la parole. Le Premier ministre, dans une correspondance dont nous avons eu une copie, félicite pourtant le lamido pour ses efforts fait sur le terrain, et demande plus de dialogue entre les deux parties.

« Regardez la ville de Banyo, aucune mesure barrière n’est respectée ; allez dans les marchés, c’est la catastrophe. Pendant ce temps, que fait le préfet ? Il préfère demander aux policiers d’aller à l’entrée de la ville raquetter les voyageurs sans cache-nez. Si le COVID-19 arrive chez nous, nous sommes fichus » alerte le lamido sénateur. Pour le préfet, les mesures gouvernementales sont respectées à Banyo à 30% à cause du lamido, et à 80% dans les autres arrondissements. Apparemment la paix n’est pas pour demain.

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